REPERES
& SOURCES Avril 2009
La phrase du jour 29/04/09 - Barack Obama
"Dis
bien à Nicolas que je vais faire mes mes devoirs, et dans deux mois
je serai très bon sur le climat".
Mardi 28, lors d’un déjeuner au Forum de Washington sur le climat,
Barack Obama s’est approché du ministre français de l’Ecologie,
Jean-Louis Borloo, "avec un grand sourire", l’a pris
par l’épaule et lui a glissé ce message destiné à Nicolas
Sarkozy, qui aurait déclaré il y a quelques semaines que le président
américain était inexpérimenté sur les questions d’environnement.
Une réponse
directe à des propos attribués à Nicolas Sarkozy et rapportés par
Libération. Le 15 avril dernier, lors d’un déjeuner avec des
parlementaires, le chef de l’Etat aurait déclaré, à propos du
dossier de la taxe carbone : Barack Obama "n’est pas toujours
au niveau de décision et d’efficience". Ajoutant : "Je
lui ai dit : 'je crois que tu n’as pas bien compris ce qu’on a
fait sur le CO2'. Tu as fait un discours, il va falloir des
actes."
Ces
propos avaient été démentis par l’Elysée mais Barack Obama
les avait donc, lui, bien entendus.
La phrase du jour 27/04/09 - Mahmoud Abbas
"Etat
juif, c'est quoi ça ? Vous pouvez vous faire appeler comme ça vous
plaît, mais moi je ne l'accepte pas et je le dis publiquement".
C'est la réponse qu'a donnée, aujourd'hui, le président palestinien
Mahmoud Abbas dans une allocution à Ramallah, en Cisjordanie, au
Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui exige que l'autorité
palestinienne reconnaisse le caractère juif de l'Etat hébreu.
La phrase du jour 25/04/09 - Dominique de Villepin
"L'élection,
c'est une question de circonstance, quelle que soit l'élection, à
quelque poste que ce soit... En l'occurrence, il se trouve que cela ne
s'est pas présenté. Mais je souhaite fort que cela soit possible..."
Dominique de Villepin interrogé le 24/04/09 sur France 3 sur son éventuel
intérêt pour une candidature présidentielle
Repères 20/04/09 - Human Rights Watch accuse le Hamas d'exécuter des
opposants
Les
forces de sécurité du Hamas se sont livrées à des exactions et ont
exécuté 32 personnes, des adversaires politiques palestiniens et des
personnes soupçonnées de collaborer avec Israël, pendant et après
l'offensive israélienne dans la bande de Gaza.
Telles sont
les conclusions d'un rapport de l'association des droits de l'homme
Human Rights Watch fondé sur des témoignages recueillis auprès de
victimes et de témoins dans la bande de Gaza, ainsi que sur des
informations collectées par d'autres groupes humanitaires
palestiniens.
HRW dénonce
"des arrestations arbitraires, des actes de torture et des
assassinats à l'occasion de détention" de personnes, en
parfaite contradiction avec les déclarations du groupe islamiste qui
dit oeuvrer au maintien de l'ordre dans l'enclave palestinienne.
"Le Hamas doit mettre fin aux agressions contre ses adversaires
politiques et des collaborateurs présumés à Gaza ainsi qu'aux
exactions dont ont été victimes des dizaines de personnes pendant et
après l'offensive militaire israélienne", estime l'organisation
de défense des droits de l'homme basée à New York.
Selon
HRW, des hommes armés, qui appartiendraient au Hamas, ont ainsi
pourchassé et abattu 18 Palestiniens, la plupart soupçonnés de
collaboration, après que ceux-ci ont réussi à s'évader d'une
prison de Gaza à la faveur d'un raid de l'aviation israélienne le 28
décembre. Quatorze autres Palestiniens, dont au moins quatre détenus,
auraient été tués par des membres présumés des forces de sécurité
du Hamas après la fin de l'intervention israélienne le 18 janvier.
Taher
al Nono, porte-parole du Hamas qui contrôle la bande de Gaza après
en avoir chassé le Fatah en juin 2007, a démenti que le groupe
islamiste ait été impliqué dans des exactions. "Des factions
de résistants ont revendiqué avoir tué des collaborateurs durant la
guerre israélienne à Gaza et dans d'autres régions où se
produisaient les combats. Nous avons lancé une enquête qui est en
cours", a précisé ce porte-parole.
Voir
Gaza:
Hamas Should End Killings, Torture
At Least 32 Palestinians Killed During and After Israeli Offensive
Human Right Watch April 20, 2009
The
26-page report : Under
Cover of War: Hamas Political Violence in Gaza
Les phrases du jour 19/04/09 - Dominique de Villepin
"Oui,
il y a une forte colère qui s'exprime dans notre pays, oui il y a un
risque révolutionnaire en France... Il faut prendre cela très au sérieux"
"Les
fermetures d'usines, l'augmentation du nombre de chômeurs donnent à
un certain nombre de Français le sentiment de l'inégalité de
traitement, l'inégalité de mobilisation... Ils ont le
"sentiment que l'on se mobilise beaucoup pour les banques, on se
mobilise beaucoup pour aider les entreprises mais que les salariés,
eux, font les frais de la crise, que ce sont toujours les mêmes qui
souffrent".
Il est
"urgent de passer à la vitesse supérieure en ce qui
concerne les mesures sociales... urgent de prendre des mesures
exceptionnelles... Des gestes forts [sont] indispensables"
Dominique
de Villepin au Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en
France
Analyse 18/04/09 - Pour en finir avec George W. Bush
On
pourrait appeler celà de la déconstruction. Le nouveau Président
des Etats-Unis déconstruit, horreur après horreur, les affres de
l’ère Bush.
En décidant
tranquillement, au premier jour de sa présidence, de la fermeture du
camp de Guantanamo et des prisons de la CIA à l'étranger, en décidant
que les Etats-Unis se conformeront dorénavant, dans le traitement des
prisonniers, aux Conventions de Genève, et en décidant d'interdire
dorénavant la torture et les écoutes extrajudiciaires, le Président
des Etats-Unis avait déjà fait beaucoup plus que respecter ses
promesses électorales. Il est pourtant condamné à aller encore plus
loin.
La
revue "New York Review of Books" publiait en effet, dans son
édition du 15 Mars, un très long article de Marl Danner, le seul
journaliste qui avait eu accès au rapport secret de la Croix Rouge
sur les techniques d'interrogatoires utilisées par la CIA à
Guantanamo et dans ses "sites noirs" éparpillés dans huit
pays du monde - rapport écrit en 2007 et dont il n'existait que sept
copies (1).
Pour
la Croix Rouge il n'y avait aucun doute: la CIA pratiquait bien la
"torture", et "des traitements cruels, inhumains et dégradants"
contraires aux conventions internationales(2). Le rapport secret se
basait sur les conclusions de responsables de la Croix Rouge qui
avaient pu rencontrer des détenus de la CIA après leur transfert en
2006 dans le camp de prisonniers de Guantanamo, sur l'île de Cuba.
Les 14 détenus interrogés par la Croix Rouge avaient indiqué avoir
subi des mauvais traitements, tels que des coups, une privation de
sommeil, des températures extrêmes et, dans certains cas, des
simulations de noyade.
Le
rapport indiquait également que les personnes détenues dans les
prisons secrètes de la CIA avaient été régulièrement frappées,
arrosées à l'eau froide et projetées la tête la première contre
des murs. Entre les interrogatoires, ils étaient dépouillés de
leurs habits, soumis à un volume très élevé de musique, privés de
sommeil et de nourriture consistante pendant plusieurs jours. Certains
détenus avaient indiqué avoir été contraints de rester debout
pendant plusieurs jours, les mains attachés dans le dos et portant
uniquement une couche.
La
puissante Association américaine de défense des libertés publiques
- ACLU(3) - ayant obtenu devant les tribunaux la promesse de la
publication des mémos secrets concernant ces pratiques,
l’Administration de Barack Obama a donc publié le 16 Avril dernier
quatre de ces mémos, en partie expurgés, rédigés par les avocats
du département de la Justice Jay Bybee en 2002 et Steven Bradbury en
2005. Ces mémos, consultables(4) sur le site Internet du New York
Times qui dresse en outre un tableau(5) très complet de ces différentes
pratiques, confirment le rapport de la Croix rouge et détaillent avec
une précision quasi-scientifique les techniques d'interrogatoire
relevant de la torture utilisées pendant l'ère de George W. Bush :
TECHNIQUE
DU MUR : La technique du mur (walling) consiste à placer la personne
interrogée contre un mur flexible. L'enquêteur tire la personne vers
lui, puis la repousse violemment contre le mur.
GIFLE
: Vient ensuite la frappe au visage "avec les doigts légèrement
écartés", recommande le texte. Son but est de "provoquer
la surprise et/ou l'humiliation".
CONFINEMENT
: Le confinement est également recommandé: "pas plus de deux
heures" quand le détenu peut seulement être assis et
"jusqu'à 18 heures" quand il est dans un espace plus grand
lui permettant de se tenir debout.
FATIGUE
MUSCULAIRE : Le prisonnier "est placé de 1,20 à 1,50 mètre
d'un mur" et il lui est ordonné de ne pas bouger.
PRIVATION
DE SOMMEIL : La privation de sommeil constitue une étape supérieure.
Selon un mémo de mai 2005, elle a été utilisée jusqu'à 96 heures
d'affilée, bien que 180 heures constitue la durée maximale autorisée.
INSECTES
: L'utilisation d'insectes est recommandée dès le premier mémo de
2002, dans lequel les enquêteurs sont encouragés à dire à un détenu,
en l'occurence le Palestinien Abou Zubaida, qu'il s'agit d'un
"insecte qui pique". En réalité, l'utilisation d'un
insecte inoffensif comme la chenille est conseillée.
SIMULATION
DE NOYADE : La simulation de noyade (waterboarding) vient couronner la
liste. "L'individu est attaché à un banc incliné", ses
pieds sont généralement surélevés. Un linge est placé "sur
son front et ses yeux" et de l'eau est versée sur le linge qui
est tiré sur le nez et la bouche au cours de l'opération. La
respiration du détenu est "légèrement entravée pendant 20 à
40 secondes", précise le mémo. Le linge est ensuite retiré et
l'opération peut recommencer après trois ou quatre inspirations. Au
total, cela ne doit pas durer plus de 20 minutes, selon le mémo
secret.
NUDITE
: Les trois mémos de mai 2005 apportent davantage de précisions. Il
est par exemple indiqué dans un document du 30 mai que "la nudité
est utilisée pour provoquer un inconfort psychologique, et aussi
parce que cela permet à l'enquêteur de récompenser immédiatement
le détenu en lui rendant ses vêtements en cas de coopération".
MANIPULATION
DIETETIQUE : La "manipulation diététique", ou remplacement
du repas habituel par un "liquide fade", peut également être
utilisée."
Barack
Obama a convenu dans un communiqué (6) rendu public jeudi 16 Avril
que les Etats-Unis avaient traversé "un chapitre noir et
douloureux" de leur histoire. Il a toutefois stipulé que les
personnels de la CIA ayant participé à ces interrogatoires
assimilables à de la torture dans le cadre de consignes secrètes de
l'agence ne seront pas poursuivis. "Ceux qui ont fait leur devoir
en se basant avec bonne foi sur les conseils légaux du département
de la justice ne seront pas poursuivis", a-t-il indiqué.
"Le moment est venu de la réflexion, pas du châtiment". Le
ministre de la justice a précisé qu'il fournirait des défenseurs à
ces personnels s'ils venaient à être interrogés par un tribunal.
Si la
publication des mémos de la CIA a été unanimement saluée, la décision
du président américain de n'engager aucune poursuite judiciaire a
elle été contestée, l'Union Américaine pour les Libertés Civiles
a ainsi regretté l'absence de poursuites, estimant que ces mémos
fournissent la preuve irréfutable que des responsables de
l'administration Bush ont autorisé et donné leur bénédiction légale
à des actes de torture qui violent les lois internationales et
nationales. le Center for Constitutional Rights – CCR(7) et Amnesty
International(8) ont également contesté l'absence de poursuites.
Le
rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, a
pourtant demandé récemment au nouveau gouvernement des États-Unis
d'engager des poursuites judiciaires contre l'ex-président George W.
Bush et son ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, pour
torture et mauvais traitements de prisonniers à la prison de
Guantanamo(9). Selon Manfred Nowak il est juridiquement du devoir des
États-Unis d'engager ses poursuites. Le rapporteur spécial de l'ONU,
lui-même auteur d'un rapport d'enquête sur la prison de Guantanamo,
a expliqué que les États-Unis étant signataires de la Convention de
l'ONU contre la torture, ils devaient s'y conformer. Manfred Nowak a
d'ailleurs rappelé que le libellé de ce texte oblige ses signataires
à recourir "à tous les moyens, en particulier ceux du droit pénal",
pour poursuivre les coupables de tels actes. "Nous avons tous ces
documents, aujourd'hui d'accès public, qui prouvent que ces méthodes
d'interrogatoire ont été expressément ordonnées par monsieur
Rumsfeld. Mais évidemment, les plus hautes autorités des États-Unis
étaient au courant", a déclaré Manfred Nowak.
Le
rapporteur spécial de l'ONU n'est pas le premier à préconiser des
poursuites contre les membres de l'administration Bush. Plusieurs procédures
judiciaires pour torture ont en effet été intentées contre Donald
Rumsfeld par des groupes de défense des droits de l'homme français,
allemands et américains. Dans un rapport du Sénat américain, Donald
Rumsfeld figure d'ailleurs parmi les personnes désignées comme étant
responsables des mauvais traitements sur des détenus dans les prisons
américaines. Selon ce même rapport, l'ex-secrétaire à la Défense
aurait autorisé en novembre 2002 l'utilisation de techniques
d'interrogatoire musclées à la prison de Guantanamo pour faire
parler les détenus. L'ex-président George W. Bush aurait également
lui-même signé un document le 7 février 2002, autorisant le recours
à des méthodes d'interrogatoire coercitives contre de présumés
terroristes détenus à Guantanamo.
Le
nouveau Président des Etats-Unis semble hélas ne pas avoir encore
compris qu'il est impossible de demander l'application de telle ou
telle règle de droit international à un pays, sans s'appliquer cette
même règle à soi-même. Comment dès lors réaffirmer la prédominance
du droit international si, aux Etats-Unis, aucune poursuite n’était
engagée contre George W. Bush et Donald Rumsfeld ? S’il veut
redonner un crédit moral à la première puissance mondiale et
insuffler une nouvelle crédibilité et une grande force à la
diplomatie américaine, Barack Obama n’a d’autre choix que de
tirer toutes les conséquences de sa déconstruction et faire engager
des poursuites judiciaires contre George W. Bush et Donald Rumsfeld.
Jean-Philippe Miginiac
Notes
(1) US
Torture: Voices from the Black Sites, By Mark Danner, New York
Review of Books April 9, 2009
(2) Red
Cross Described 'Torture' at CIA Jails
Secret Report Implies That U.S. Violated International Law
By Joby Warrick, Peter Finn and Julie Tate, Washington Post March 16,
2009
(3) ACLU
: The Bush Administration's Secret Legal Memos
(4) Justice
Department Memos on Interrogation Techniques
(5) Explaining
and Authorizing Specific Interrogation Techniques
(6) Statement
of President Barack Obama on Release of OLC Memos
(7) Center
for Constitutional Rights
(8) Amnesty
International
(9)
Prison de Guantanamo: L'ONU veut poursuivre Bush et Rumsfeld,
Radio-Canada 2009-01-20
Les phrases du jour 18/04/09 - Nicolas Sarkozy
Sur
Barrack Obama : «un esprit subtil, très intelligent et
très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais
géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur
lesquelles il n’a pas de position» [...] Et il «n’est
pas toujours au niveau de décision et d’efficience»
[que moi].
Sur
Angela Merkel : «Quand elle s’est rendu compte de l’état
de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu
d’autre choix que de se rallier à ma position»
Sur
José Luis Zapatero «Il n’est peut-être pas très
intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui
n’ont pas été au second tour de la présidentielle»
Voir
Le
«sniper» Sarkozy irrite la presse anglophone
Liberation 18/04/09
Sarkozy
se voit en maître du monde
Liberation 16/04/09
Repères 17/04/09 - Torture à la Bush, mode d'emploi
Insectes,
nudité, simulation de noyade : l'éventail des supplices sous Bush
NOUVELOBS.COM 17.04.2009
"L'éventail
des méthodes d'interrogatoire détaillées avec une précision
quasi-scientifique dans quatre mémos secrets rédigés par les
avocats du département de la Justice Jay Bybee en 2002 et Steven
Bradbury en 2005 est "graduée", de l'intimidation du
suspect en l'attrapant brusquement par le col à la simulation de
noyade, comme le précise le premier mémo datant d'août 2002.
TECHNIQUE
DU MUR : La technique du mur (walling) consiste à placer la personne
interrogée contre un mur flexible. L'enquêteur tire la personne vers
lui, puis la repousse violemment contre le mur.
GIFLE
: Vient ensuite la frappe au visage "avec les doigts légèrement
écartés", recommande le texte. Son but est de "provoquer
la surprise et/ou l'humiliation".
CONFINEMENT
: Le confinement est également recommandé: "pas plus de deux
heures" quand le détenu peut seulement être assis et
"jusqu'à 18 heures" quand il est dans un espace plus grand
lui permettant de se tenir debout.
FATIGUE
MUSCULAIRE : Le prisonnier "est placé de 1,20 à 1,50 mètre
d'un mur" et il lui est ordonné de ne pas bouger.
PRIVATION
DE SOMMEIL : La privation de sommeil constitue une étape supérieure.
Selon un mémo de mai 2005, elle a été utilisée jusqu'à 96 heures
d'affilée, bien que 180 heures constitue la durée maximale autorisée.
INSECTES
: L'utilisation d'insectes est recommandée dès le premier mémo de
2002, dans lequel les enquêteurs sont encouragés à dire à un détenu,
en l'occurence le Palestinien Abou Zubaida, qu'il s'agit d'un
"insecte qui pique". En réalité, l'utilisation d'un
insecte inoffensif comme la chenille est conseillée.
SIMULATION
DE NOYADE : La simulation de noyade (waterboarding) vient couronner la
liste. "L'individu est attaché à un banc incliné", ses
pieds sont généralement surélevés. Un linge est placé "sur
son front et ses yeux" et de l'eau est versée sur le linge qui
est tiré sur le nez et la bouche au cours de l'opération. La
respiration du détenu est "légèrement entravée pendant 20 à
40 secondes", précise le mémo. Le linge est ensuite retiré et
l'opération peut recommencer après trois ou quatre inspirations. Au
total, cela ne doit pas durer plus de 20 minutes, selon le mémo
secret.
NUDITE
: Les trois mémos de mai 2005 apportent davantage de précisions. Il
est par exemple indiqué dans un document du 30 mai que "la nudité
est utilisée pour provoquer un inconfort psychologique, et aussi
parce que cela permet à l'enquêteur de récompenser immédiatement
le détenu en lui rendant ses vêtements en cas de coopération".
MANIPULATION
DIETETIQUE : La "manipulation diététique", ou remplacement
du repas habituel par un "liquide fade", peut également être
utilisée."
Voir
aussi :
Obama
dévoile les pratiques de torture de la CIA
NOUVELOBS.COM 17/04/09
Torture
mode d'emploi, façon CIA
Libération 17/04/2009
Les
agents de la CIA ne seront pas poursuivis pour des actes de torture
LEMONDE.FR 16.04.09
Les phrases du jour 07/04/09 - Ségolène Royal
"...Honneur
aux historiens de l’Afrique qui ont rappelé au monde que non
seulement l’Afrique était le berceau de l’humanité mais
qu’elle était avec l’Asie mineure le berceau de la civilisation
humaine.
Honneur
aux historiens de l’Afrique qui ont rappelé au monde l’existence
des grands royaumes et des grands empires de l’Afrique. Honneur aux
historiens de l’Afrique qui ont retracé les mille et une relations
nouées bien avant la conquête, en des temps où le Sahara, la Méditerranée
et l’Océan Indien n’étaient pas des frontières mais des points
de passage et de mise en contact.
Quelqu'un
est venu ici vous dire que « l’Homme africain n'est pas entré dans
l'Histoire ».
Pardon
pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être
prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous
avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la
colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis.
Et
ce que Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire ont magistralement
accompli avec le concept « négritude » , vous l’avez poursuivi
avec le mot « Afrique », cet étendard d’une dignité reconquise.
C’est
pour cela que les œuvres des historiens Cheikh Anta Diop du Sénégal
et de Joseph Ki-Zerbo du Burkina Faso, constituent non seulement un
sommet de la science, mais aussi un sommet de la lutte pour la liberté.
C’est
pour cela qu’il était si important de démontrer comme ils l’ont
fait que la Grèce ancienne devait tant à l’Egypte ancienne qui
elle-même devait beaucoup à l’Afrique. Ils ont montré que les
langues africaines permettent le même déploiement de la rationalité
humaine que les langues européennes.
Il
leur a souvent été reproché d’être partisans.
En
insistant sur leur engagement indépendantiste et panafricain, on a
voulu mettre en doute la rigueur scientifique de leurs recherches.
Mais
aujourd’hui, chaque jour, les découvertes de l’égyptologie
valident les thèses de Cheikh Anta Diop.
Une
certaine histoire européenne de l’Afrique a voulu dénier aux
Africains la fierté d’être Africains.
Et
comme le pensait Lumumba, écrire c’est agir et agir c’est écrire.
Pour
aujourd’hui, il est bon que se constituent autant que cela est
possible des équipes mixtes de chercheurs africains et européens
pour retracer le destin commun de l’Afrique et de l’Europe. Car
c’est en élucidant ensemble les pages communes de nos histoires que
nous pourrons écrire ensemble les pages communes de nos futurs..."
in Discours
de Ségolène Royal à Dakar 06 avril 2009
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