REPERES
& SOURCES Mars 2009
Les phrases du jour 29/03/09 - Dominique de Villepin
"La
question, c'est que le président de la République, l'institution
qu'il représente, soit capable de faire preuve non pas de banane,
mais de vision, d'anticipation, de sagesse",
"On
n'attend pas d'un président qu'il soit survitaminé, on attend qu'il
soit sage",
"La
France va de réforme en réforme sans toujours se poser la question
des résultats",
"Dans
un travail plus collectif, le gouvernement pourrait nous économiser
ce qui ressemble à de la godille ou du surplace."
"On
a l'impression que le gouvernement, le président, passent davantage
de temps à se parler entre eux, à se disputer entre eux qu'à répondre
aux besoin des Français",
Sur le
discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin , c'était "le
président qui parle à l'UMP", ce qui pose "un
problème de démocratie, de crédibilité de la parole politique".
Dominique
de Villepin dans l'émission "Dimanche soir politique" de
France-Inter, I-Télé et "Le Monde".
La phrase du jour 24/03/09 - le gouverneur de la banque centrale de
Chine
"Le
fait qu'une devise nationale serve de monnaie de réserve
internationale a fait son temps"
le
gouverneur de la banque centrale de Chine
Reform
the International Monetary System
The People's Bank of China--Speeches 23/03/09
La phrase du jour 20/03/09 - Barack Obama
"Je
suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir
collaborer ensemble dans un esprit de paix et d'amitié afin de
construire un monde plus sûr"
Barack
Obama, dans une lettre qu'il vient d'adresser à Jacques Chirac
Repères 17/03/09 - Pour mémoire : L'OTAN et la guerre des
civilisations
...Sur
le fond il existe, en effet, une nette divergence entre Washington et
Paris sur le problème de l’expansion et de la transformation de
l’OTAN, en relation avec la sécurité européenne, expansion et
transformation qui ont constitué les thèmes essentiels du sommet de
Riga (Lettonie) en Novembre dernier. Certains dirigeants et experts américains,
surtout néo-conservateurs, souhaitent la fin du confinement de
l’OTAN sur le théâtre purement européen au profit d’une agence
de sécurité à vocation " globale " et réclament, en conséquence,
un élargissement de l’OTAN à des membres non européens, tels
l’Australie, le Japon ou l’Inde. Cette conception d’une "
Agence globale " est liée à la volonté américaine actuelle de
promotion " forcée " de la démocratie dans le monde, en
liaison le plus souvent avec la lutte contre le terrorisme, et
certains y voient même un " concert des démocraties "
engagé dans une " guerre des civilisations ", l’Alliance
ayant vocation à remplacer l’ONU pour légitimer les interventions
extérieures de ses membres.
Paris
et plusieurs autres Etats européens estiment au contraire que
l’OTAN n’a pas vocation à tout faire, et certainement pas de
remplacer à terme l’ONU, s’inquiètent du risque de voir l’OTAN
impliquée dans des conflits étrangers aux préoccupations européennes
et souhaitent un meilleur partage des tâches avec l’Union Européenne
qu’ils veulent voir engagée dans un développement d’une défense
propre commune distincte et partenaire de l’OTAN. Mais surtout, la
France redoute qu’une " Alliance des démocraties " sous
direction américaine ne renforce, partout dans le monde le sentiment
que l’Occident est engagé dans une " croisade " et
cherche à imposer par les armes sa civilisation au reste du monde. La
France, avec Jacques Chirac, estime qu’il est donc essentiel que
l’OTAN se borne à des objectifs plus modestes sans pour autant être
hostile à la conclusion ou au renforcement de partenariats ponctuels
avec des pays non membres de l’Alliance. L’OTAN doit cependant
demeurer une organisation euro-atlantique et la légitimité
internationale ne peut appartenir qu’à l’ONU et à elle seule.
Jacques
Chirac a eu l’occasion de marteler cette position française au plus
fort des combats de la guerre entre Israël et Hezbollah, l’été
2006, en s’opposant vigoureusement aux propositions de John Bolton,
Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’ONU (l’Ambassadeur
d’Israël auprès de l’ONU avait déclaré qu’il était aussi
membre " secret " de sa propre équipe), qui souhaitait voir
placée une force d’interposition (essentiellement française) sous
l’étendard et le contrôle de l’OTAN. Jacques Chirac a rappelé
cette position au sommet de Riga...
in Les
néo-conservateurs contre Ségolène Royal
par Jean-Philippe Miginiac - Strategic-Road.com Analysis 28/02/06
La phrase du jour 17/03/09 - Dominique de Villepin
"L'OTAN
ne doit pas devenir une ONU bis ou le bras armé de l'Occident... Le
risque qui nous guette, c'est un rétrécissement de notre ambition et
une banalisation de la voix de la France".
Dominique de Villepin
in OTAN
: "Le risque, c'est un rétrécissement de notre ambition"
LE MONDE 16.03.09
Lire
aussi :
Retranscription
de l’intervention du général de Gaulle concernant l’Otan
Le Point 17/03/2009
"...Dès
à présent, bien que l’Alliance Atlantique demeure telle que nous
l’avons conclue en 1949, il ne subsiste pour nous aucune
subordination ni actuelle, ni éventuelle de nos forces à une autorité
étrangère. Dans 5 mois, aucun état-major, aucune unité, aucune
base d’aucune armée alliée, ne resteront sur notre territoire. Les
militaires, les matériels, les navires, les avions qui souhaiteront
passer par chez nous, le feront en vertu d’une autorisation que nous
leur donnerons au cas par cas, et pour le temps limité où ils seront
en France, ou dans nos eaux ou dans notre ciel, et bien ils référeront
aux ordres du commandement français...
...Et
d’ailleurs, c’est là le fond de la question. Une situation
internationale dans laquelle deux super états auraient seuls les
armes susceptibles d’anéantir tout autre pays, auraient seuls les
moyens par la dissuasion d’assurer leur propre sécurité,
tiendraient seuls sous leur obédience chacun son camp de peuples
engagés, cette situation à la longue ne pourrait que paralyser et stériliser
le reste de l’univers placé ou bien sous le coup d’une
concurrence écrasante ou bien sous le joug d’une double hégémonie
qui serait convenue entre les deux rivaux...
...Si
les circonstances changent autour de nous, en vérité, il n’y a
rien de plus constant que la politique étrangère de la France...
Cette politique tend essentiellement à ce que la France soit, et
demeure, une nation indépendante.
Pourquoi
? Pour qu’elle joue son rôle à elle dans le monde. En vue de quoi
? En vue de l’équilibre, du progrès, et de la paix. Ça ne veut
pas dire, bien entendu, contrairement à ce que certains affirment,
que nous voulions rester isolés. Et que jamais nous ne devions, nous
ne voulions lier notre action à celle des autres. Bien au contraire !
...
...L’indépendance,
cela signifie que ce que nous jugeons bon de faire, et avec qui, nous
en décidions nous-mêmes, sans que cela nous soit imposé par aucun
autre État et par aucune collectivité..."
Repères 16/03/09 - La croix rouge accuse les USA de torture
La
revue "New York Review of Books" a publié, Dans son édition
d'hier, un très long article de Marl Danner, le seul journaliste qui
a eu accès au rapport secret de la Croix Rouge sur les techniques
d'interrogatoires utilisées par la CIA à Guantanamo et dans ses
"sites noirs" éparpillés dans huit pays du monde - rapport
écrit en 2007 et dont il n'existe que sept copies.
Pour
la Croix Rouge il n'y a aucun doute: la CIA pratiquait bien la
"torture", et "des traitements cruels, inhumains et dégradants"
contraires aux conventions internationales.
US
Torture: Voices from the Black Sites
By Mark Danner, New York Review of Books April 9, 2009
Lire
aussi :
Red
Cross Described 'Torture' at CIA Jails
Secret Report Implies That U.S. Violated International Law
By Joby Warrick, Peter Finn and Julie Tate, Washington Post March
16, 2009
La phrase du jour 16/03/09 - Les experts du climat
"les
dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC
est en train de se réaliser"
Les
experts du climat réunis à Copenhague
Climat:
Nicholas Stern exhorte les scientifiques à sonner l'alarme
AFP / 12 mars 2009
COPENHAGUE
- Les conséquences économiques du réchauffement climatique ont été
sous-estimées, a averti jeudi à Copenhague l'économiste Nicholas
Stern, exhortant les experts du climat à dire plus haut et plus fort
la catastrophe humanitaire à venir en l'absence d'une réaction
vigoureuse.
Il y a
eu "beaucoup d'information scientifique sur une hausse de 2 ou 3
degrés" Celsius de la température moyenne de la planète,
"mais vous devez dire aux gens - clairement et fortement - ce que
représenterait une hausse de 4, 5 ou 6 degrés", a déclaré M.
Stern devant plusieurs centaines de scientifiques réunis à
Copenhague.
"Des
milliards de personnes seraient contraintes à l'exil et nous savons
que cela entraînerait une longue période de conflit", a expliqué
l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, soulignant qu'il
ne s'agissait pas d'une hypothèse farfelue...
...
Dans un "message final" publié à l'issue d'un congrès
auquel ont participé quelque 2.500 délégués de près de 80 pays,
les organisateurs affirment que "les récentes observations
confirment que (...) les pires scénarios du Giec sont en train de se
réaliser"...
Lire aussi :
Le
plus noir des scénarios climatiques se profile
LE MONDE | 13.03.09
A neuf
mois de la conférence de Copenhague, où la communauté
internationale s'est fixé un ultime rendez-vous pour s'accorder sur
un plan de réduction des gaz à effet de serre responsables du réchauffement
climatique, rien ne garantit qu'un accord sera trouvé. C'est dans
l'espoir de conjurer un possible échec que près de 2 000
scientifiques, parmi lesquels les plus éminents climatologues
mondiaux, se sont réunis du 10 au 12 mars dans la capitale danoise...
Time
to change 'climate change'
Guardian Thursday 12 March 2009
What's
clear from Copenhagen is that policymakers have fallen behind the
scientists: global warming is already catastrophic...
Les phrases du jour 11/03/09 - Les experts du GIEC
"Le
monde a très très peu de temps... "
Rajendra
Pachauri, président du Giec
"Quand nous appliquons les différents scénarios d'évolution
de température du Giec, nous arrivons à une fourchette de hausse du
niveau de la mer en 2100 qui va de 75 cm à 190 cm"
Stefan
Rahmstorg, scientifique de l'Institut de recherche de Potsdam
(Allemagne)
"La vision traditionnelle était que les calottes
glaciaires évoluent de manière très très lente sur des centaines
ou des milliers d'années, or les choses qu'on voit en ce moment sont
beaucoup plus rapides... Si cette tendance se poursuit, nous
assisterons probablement à une hausse du niveau de la mer d'un mètre
ou plus d'ici à 2100"
Eric
Rignot, professeur à l'UC Irvine, en Californie
Les phrases du jour 10/03/09 - André Zylberberg et Pierre Cahuc
"C'est
raté. Les réformes dans le domaine économique et social sont ratées...Ce
qu'il en ressort, c'est que les soi-disant réformes sont purement des
affichages de réformes et que sur le fond, on a régressé"
"Quand
on regarde les pays qui ont réussi à mettre en oeuvre des réformes
profondes, structurelles, on s'aperçoit que ce qui compte, c'est la
qualité des institutions, la qualité de la démocratie sociale et
politique... dans les classements internationaux, par rapport aux
grandes démocraties, la France est toujours très loin derrière,
autour de la trentième place"
"La
méthode a consisté à saturer les différents adversaires ou
partenaires, suivant les cas, sous une avalanche de réformes et, si
jamais ça coinçait sur un point : céder... La réforme de la représentativité
syndicale est loupée... la réforme de la démocratie politique avortée".
André
Zylberberg, directeur de recherches au CNRS et membre du Centre d'économie
de la Sorbonne et de l'Ecole d'économie de Paris.
"A la sortie de cette récession, on sera toujours
dans un environnement qui ne permettra pas de dégager une efficacité
économique comparable à celle des pays vertueux... On aura un taux
d'emploi des seniors très faible, les mêmes difficultés pour les
personnes en recherche d'emploi, une structure de prélèvements
obligatoires problématique, un appareil de démocratie sociale qui
fonctionne mal, idem pour la démocratie politique"
"Les
pays qui ont de bonnes performances économiques ont mené des réformes
importantes que Nicolas Sarkozy avait annoncées et qu'il n'a
absolument pas menées. Il a même contribué à dégrader la
situation. Donc on va ressortir plus mal que si monsieur Sarkozy ne s'était
pas occupé de ces domaines"
"Quand
on voit la réussite qu'on a eue pour réformer en France, on peut
avoir des doutes sur le fait d'espérer beaucoup plus des efforts de
l'équipe de Nicolas Sarkozy pour réformer le capitalisme mondial."
Pierre
Cahuc, professeur à Polytechnique, chercheur au Centre de
recherche en économie et statistique (Crest) et membre du Conseil
d'analyse économique
in "Les Réformes ratées du président Sarkozy" chez
Flammarion
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