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Le terrorisme
hétérogène
Qu’est-ce
que le terrorisme ?
- Faut-il le définir
par ses effets psychologiques recherchés et plus que proportionnels à sa
destructivité physique: répandre le sentiment de terreur, impressionner,
provoquer, créer un « climat » ?
- Comme emploi
illégitime de la violence politique, qui s’opposerait à des usages
légitimes, tels que guerre ou maintien de l’ordre public ?
- Par ses victimes
non-combattantes, voire non-concernées, souvent prises au hasard ?
- Par les intentions de
ses auteurs ? Elles ne seraient pas que criminelles – intérêt ou le
plaisir de la destruction - mais idéologiques voire métaphysiques. Ainsi,
le nihilisme proteste contre l’ordre du monde en général.
- Le terrorisme n’est-il
que la guerre, la guérilla ou la révolte du minoritaire, du faible ou du
pauvre ? Un conflit qui se distinguerait de la guerre - visant à la
domination du territoire- ou de la révolution - visant à la conquête de l’État
- simplement par sa faible intensité, son caractère accessoire ou
provisoire ?
- Ou encore une pratique
« élitiste » de la force destructrice : un maximum d’effet
pour un minimum d’agents ?
- « Terrorisme »
est-il un jugement de valeur dénonçant la violence de l’Autre, comme
« idéologie » disqualifie son idéal ?
Chercheurs
et juristes (dont ceux de la SDN et de l’Onu) se sont acharnés à concilier
les éléments capables de caractériser le terrorisme :
- organisationnels :
fait d’un groupe de spécialistes poursuivant des desseins historiques, il
s’apparente à la subversion voire à la répression, pour qui admet la
notion d’un terrorisme d’État,
- psychologiques :
la panique ou la paralysie qu’il cherche à provoquer en fait la version
négative de la propagande qui unit et rassure,
- éthiques : ses
victimes, son caractère clandestin (guerrier sans uniforme, le terroriste
se dissimule jusqu’au moment d’agir) et sa brutalité le rapprochent du
crime,
- polémologiques :
tel la guerre, le terrorisme vise à faire plier par la violence la volonté
d’un autre camp qui s’y oppose,
- politiques : par
ses revendications, il suppose un différend relatif à l’ordre de la
cité : forme du régime, occupation d’un territoire, adoption ou
retrait d’une loi, alliance ou rupture avec une autre entité politique...
Le
terrorisme est rebelle à la définition parce qu’il se situe sur le terrain
de l’exception. Robespierre, voulait faire de la terreur un moyen inouï
pour une situation paroxystique car « Si le ressort du gouvernement
populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire dans
la révolution est à la fois la vertu et la terreur... ». De la même
façon, le discours du terrorisme se réfère à une situation d’exception
(tyrannie extrême, imminence de la Révolution, décret de la Providence).
Elle suppose des fins exceptionnelles, libération, révolution, sauvegarde de
valeurs essentielles qui ne peuvent être atteintes dans le cas de l’ordre
existant. Cela justifie l’emploi de moyens exceptionnels qui échappent aux
lois de la paix et de la guerre. Ou plutôt, ils abolissent la distinction
entre paix et guerre, combattant et non combattant, front et arrière, acte
noble et lâche.
L’EXCEPTION
TERRORISTE
Ces
difficultés ont une première origine, historiquement située. Le mot
« terrorisme » attesté depuis 1794 désigne d’abord la terreur
d’État, un ordre politique qui repose sur l’extermination physique des
opposants réels ou virtuels, plus l’exhibition d’une férocité destinée
à paralyser les ennemis de la Révolution. La Terreur (comme régime qui
gouverne la France de Mai 1793, la chute des Girondins, à Juillet 19794,
celle de Robespierre) engendre donc les « terroristes ». Ces
agents la propagent dans toutes les provinces. Le « terrorisme »
est leur méthode et leur but.
Depuis,
le sens du mot s’est retourné. Le terrorisme se retrouve maintenant du
côté de la subversion ou du renversement de l’ordre. Dans l’usage
contemporain, la pratique de méthodes « terribles » par les
maîtres du Pouvoir se nommerait plutôt « répression féroce »
ou « totalitarisme policier ». Et les « États
terroristes » sont précisément ceux qui dissimulent leur vrai visage
et les attributs de leur pouvoir (armée, police, etc.). Ils emploient en
sous-main des groupes qui commettent des attentats hors de leurs frontières
ou des milices qui réduisent les opposants. Ces actions ne peuvent
officiellement être attribuées à l’appareil d’État.
Un vrai
terroriste n’a pas d’uniforme ni ne va au bureau. Un tonton Macoute
ou un tchékiste terrorisent sans être terroristes. D’où l’erreur de
parler de terrorisme du Système ou de poser une équivalence entre oppression
violente et terrorisme. C’est aussi éclairant que d’embrouiller la notion
de violence, avec les notions floues de violence passive, symbolique ou
structurelle, jusqu’à ce que le terme devienne synonyme de mal, haine ou
inégalité. L’éthique n’est pas la sémantique. Certes, la déportation,
l’épuration, le massacre des opposants, les camps peuvent être moralement
bien pires que certains terrorismes. Tout ce qui produit la terreur n’est
pas pour autant du terrorisme.
Seconde
difficulté : la désignation du terrorisme est généralement le fait du
terrorisé ou du contre-terroriste. Le terroriste présumé, lui, parle
résistance, régicide, riposte des opprimés, guerre sainte, juste
revendication, légitime défense. Il fait remarquer qu’il n’a pas le
choix des moyens et que s’il pose des bombes, c’est faute de bombardiers
comme en possèdent les États qu’il combat. Il a souvent beau jeu de nous
rappeler que nos écoles célèbrent ceux qui figuraient hier sur l’affiche
rouge. Que nos occupants nommaient terroristes nos libérateurs. Que De Gaulle
et Mandela étaient réputés chefs terroristes. Que des pouvoirs avec qui l’on
traite maintenant ne sont que des terrorismes récompensés par l’Histoire,
comme certaines religions sont des sectes qui ont réussi.
Le
terroriste qui reconnaît tel est relativement rare : les exemples en
sont ou romantiques (nihilistes à la Netchaïev) ou cyniques (Trotski
théorisant l’emploi du terrorisme, « exigence » de la
Révolution).
On
pourrait même soutenir le contraire : une des caractéristiques des
terroristes est d’accomplir des actes contraires qui violent le droit
positif, voire le droit des gens, mais au nom d’un autre droit, supérieur.
Juges, témoins, et bourreaux à la fois, ils appliquent des arrêts.
Un
terroriste est un juriste contrarié qui n’écoute guère les avocats. Voir
les brigades rouges jugeant Aldo Moro avant de l’exécuter. Voir
Bastien-Thierry cherchant dans le jus gentium les raisons de sa
tentative de « tyrannicide » contre De Gaulle. Voir les
terroristes islamiques appliquant scrupuleusement fatwas, tafkirs
(anathèmes), diyya (prix du sang), djihad (guerre sainte
proclamée) et fiqh (droit canon régissant l’acceptation et l’application
de la mort en cas de « nécessité »). Ils ne font en cela que
poursuivre une longue tradition : on sait que les arrêts de mort du
« Vieux de la Montagne », chef des « assassins » d’Alamut,
qui perdurèrent du XI° au XII° siècle, devaient être exécutés
publiquement pour être valables. Comprenez pour valoir le Salut à leur
exécutant.
Le
terroriste se réfère donc à un droit éminent : droit naturel :
état de nécessité, ou légitimité de la révolte en cas de rupture du
contrat social, justice distributive, responsabilité pénale individuelle des
séides de la tyrannie, édit divin, droit révolutionnaire d’un ordre
encore en genèse, commandement d’une autorité supérieure au-dessus du
pouvoir établi illégitime, etc. Le terroriste châtie qui veut le réprimer
et voit une sanction où nous voyons un crime. Même les anarchistes, qui, au
début du XX° siècle, jetaient une bombe au hasard sur les clients du café
Terminus, affirmaient le principe que « Nul n’est innocent ».
Troisième
difficulté : nature, intentionnalité et gravité sociale des menées
terroristes sont éprouvées de manières variables suivant les époques et
les cultures. Leur degré de violence et de dangerosité est jugé très
différemment.
Brûler
des pneus au cours d’une manifestation, séquestrer un directeur une
journée dans son bureau ou saboter une ligne de production, est-ce du
terrorisme ? Pour nous, européens modernes, certainement pas : ce
sont, au pire, des dérives violentes de l’action revendicative, en soi
légitime. Mais en d’autres temps et d’autres lieux, cela pouvait valoir
le poteau.
Distribuer
de la drogue ou des images pornographiques, même au nom d’une prétendue
haine de l’ordre établi, est-ce du terrorisme ? Là encore nous
répondons que non. Les Actes de la Conférence d’Unification de Droit
Pénal publiés à Paris en 1929 étaient de l’avis contraire.
Y
a-t-il des actes « par nature » terroristes ? Des crimes de
simple banditisme, tel un hold-up ou une prise d’otage, qui deviennent
terroristes s’ils sont accomplis par des groupes organisés, visant à
subvertir l’ordre social ?
Peut-on
être terroriste seul ? Érostrate ou Ravaillac qui n’avaient pas de
complices, étaient-ils terroristes ? Ou le citoyen suisse qui a
récemment abattu quatorze personnes au Parlement cantonal ? Là encore
aucune réponse n’entraînera l’unanimité. Pas moyen de sortir de la
trilogie : fins-moyens-acteurs.
LA
RELATION TERRORISTE
Pour
sortir de ces embarras, il faut envisager le terrorisme comme une relation.
Comme la relation guerrière, elle suppose la distinction de l’ami et de l’ennemi
et divise le monde en camps. Pareille relation, à la fois symbolique et
agonistique est tout sauf d’amour. Pourtant, il faudrait s’inspirer de la
phrase de Cocteau « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves
d’amour ». De même, il n’y a pas de Terrorisme, il y a des
manifestations de terrorisme.
Ces
manifestations présentent des caractères communs :
- Des
actes visant à produire une perte dans au moins un camp. Cette perte peut se
mesurer en vies humaines (de chefs, de responsables ou d’innocents), en
richesses (volées, consumées ou versées en rançon), en concessions
(amnistie, abandon d’un territoire), en prestige (les autorités bafouées),
en perte d’organisation, de temps et d’information (attaque contre des
infrastructures, des archives, cyberterrorisme, sabotage...), en perte d’alliés
découragés par les risques.
La
perte peut être présente, différée ou sous condition, comme en cas de
prise d’otage. Elle peut être indirecte, puisqu’elle peut frapper un
tiers. Plus subtilement, la perte peut être celle des apparences et des
prudences. Par son acte, le terroriste veut contraindre le camp adverse à
révéler sa « vraie nature », voire à réprimer férocement et
si possible maladroitement. Le Système honni avouera ainsi qu’il est fondé
sur des rapports de force même s’ils se cachaient jusque là sous les
apparences paisibles d’un ordre accepté. Ceci peut mener à des
raisonnements d’une absurde complication. Ainsi a-t-on accusé l’extrême
droite italienne d’avoir provoqué des attentats pour révéler la nature
faible et laxiste de l’État. Le but aurait été de l’obliger à se
durcir en réprimant des « subversifs » potentiels. Mais le
raisonnement inverse a à peu près autant de sens.
La
perte adverse peut parfois exiger des pertes du terroriste. Ainsi celle de la
vie du terroriste martyr. Il est vrai que c’est un investissement en vue d’un
gain supérieur : le Paradis pour le terroriste s’il est croyant, un
gain de réputation et de partisans pour la cause. Le Témoignage en acte d’un
des siens lui vaudra un gain de visibilité et poids de « l’argumentation »
terroriste en sera renforcé.
Ces actes n’ont pas
leur finalité en eux-mêmes. Ils s’inscrivent une continuité des
desseins. « Un » acte terroriste qui n’appellerait pas de
suite, ne serait pas plus terroriste qu’une bataille ne ferait une guerre.
Il y faut la continuité : la promesse d’un renouvellement (jusqu’à la
victoire), une menace, un avertissement, une projection vers l’avenir. En
ce sens, ces manifestations sont à la fois économiques et stratégiques.
Il s’agit de gérer des ressources pour produire une plus-value
(publicitaire par exemple), mais aussi de diriger l’emploi de forces au
service de l’intelligence et en vue de la victoire.
La
lutte actuelle s’inscrit dans la séquence des actes menant à la défaite
adverse. De même qu’il y a des guerres à objectifs limités et des guerres
totales, la revendication terroriste peut être restreinte (et éventuellement
négociable) ou absolue. Dans ce second cas, elle s’adresse au principe de
la vie en société ou si elle demande à l’adversaire de disparaître de la
surface de la Terre (ce serait, semble-t-il le cas des attentats contre les twin
towers). La demande absolue du terroriste suppose un affrontement absolu.
Et il importe fortement à l’adversaire du terroriste de savoir s’il joue
à un jeu « à somme non nulle ». Dans ce cas, les
« gains » des adversaires ne sont pas équivalents aux pertes de l’autre :
ils peuvent avoir des intérêts communs (par exemple éviter un chaos où
tout le monde perdrait, donc limiter l’affrontement ; il peut y avoir
des risques tels qu’ils soient supérieurs à la finalité du terroriste). S’il
s’agit d’un jeu à « somme nulle », reste à vaincre ou
mourir.
- La
manifestation terroriste doit pourtant rester rare et surprenante. Un
attentat, c’est une information. Trop d’information tue l’information.
Mille attentats, cela devient une guerre ou une routine. L’attentat est
apparenté à la catastrophe : un effondrement brusque du cours ordinaire
des choses, suivi d’une période de réparation ou de retour à la normale.
Mais une catastrophe régulière, c’est une contradiction dans les termes.
-
Corollairement, ces actions sont organisées et souvent même théorisées. Il
existe des violences, des résistances ou des révoltes spontanées. Mais le
terrorisme se veut une étape dans un plan (même s’il a le statut de
pis-aller ou de mal nécessaire au yeux de ses auteurs). Cela suppose
initiative et méthode, donc groupes structurés. Certains sont proches de la
secte ou de la société secrète, comme le montrent leurs serments et
méthodes de dissimulation, leurs lois internes ou leurs rites d’initiation.
D’où
le paradoxe des organisations terroristes : elles sont à la fois
secrète et publicitaires. Il y a secret dans sa préparation pour garantir la
surprise ou l’impunité, secret parfois dans sa revendication ou
dissimulation des objectifs réels (pour créer plus de confusion chez l’ennemi).
Mais, l’acte terroriste vise aussi à la propagation : propagation
exemplaire d’initiatives similaires, propagation du désordre chez l’adversaire,
mais surtout propagation et proclamation d’une « nouvelle » dont
on décrira plus bas la nature. Car le terrorisme n’est pas seulement un
« cri », exprimant révolte ou désespoir, il attend un écho. Tel
l’inconscient selon Lacan, il est articulé comme un langage. Il dit et il
fait dire. Il revendique son acte porteur d’une riche signification et
revendique une réponse de l’adversaire, de l’opinion, des neutres ou
du genre humain en général.
Ainsi,
les actes terroristes semblent se classer sur une double échelle de
destruction et de propagation. Échelle de destruction. Elle va de la violence
la plus précise (un tyrannicide qui apparente le terrorisme aux complots et
conspirations) à la plus générale (des opérations terroristes, inscrites
dans une longue lutte collective qui le rapprochent singulièrement de la
guérilla ou de la guerre de partisans).
Échelle
de propagation. Le message terroriste a toujours valeur de proclamation, de la
plus vaste destinée à éveiller le genre humain jusqu’à une valeur de
négociation : échange d’une trêve ou d’un otage contre un
avantage. Le message peut parfois toucher au chantage, au racket, à l’opération
de service secret. Le message devient quasi contractuel : faites ceci et
je ne ferai pas cela.
Cette
dualité s’éclaire si l’on considère que les actes terroristes se
veulent des exemples. Des exemples, ils le sont dans tous les sens du terme.
Ils ont
valeur démonstrative « d’échantillon », ce sont des
« avant-goûts ». Ils signifient : « voilà ce que
nous sommes capables de faire. Nous frappons où nous voulons. Voilà ce qui
vous attend si vous ne cédez pas à nos revendications ».
Ce sont
des exemples, avertissements au sens de « faire un exemple ». Que
l’attentat touche un représentant de l’autorité honnie (du Prince au
petit fonctionnaire « complice du Système »), ou qu’au
contraire ils s’en prenne à un simple passant, pour prouver que la cible
est partout et que nul n’est à l’abri, dans tous les cas, il s’agit de
frapper la partie pour atteindre le Tout.
Ce sont
enfin des exemples « exemplaires » puisqu’ils demandent à être
suivis. C’est le dessein de « détruire la société » par des
actes mais aussi par des idées qui est ici condamné. Ainsi, la
« propagande par le fait » d’inspiration bakounienne, suivie par
« l’action directe » anarcho-syndicaliste, se veut un moyen d’éveiller
les masses sans passer par la médiation du parti ou par la rhétorique du
programme. Ici sont littéralement des actes qui valent discours et qui
émancipent ceux qui les accomplissent autant qu’ils effraient ceux qui les
subissent.
L’ASYMETRIE
TERRORISTE
Les
manifestations terroristes constituent une relation d’asymétrie.
- asymétrie de l’information :
le terroriste est clandestin. Il se manifeste par son acte qui équivaut à
un discours/proclamation. Son adversaire est visible et cherche à
interpréter, sur la base de connaissances imparfaites et parfois
délibérément faussées. Certains assimilent le terrorisme à un facteur d’entropie.
Ses finalité seraient de créer un « climat d’insécurité »
ou simplement un désordre. Ainsi cette définition d’une
encyclopédie : « Le terrorisme est donc essentiellement une
stratégie destinée à déséquilibrer un pays ou un régime, utilisant la
subversion et la violence sur un milieu ou une institution en crise pour
contribuer au désordre, à la veille d'une "remise en ordre"
révolutionnaire ou d'une guerre de conquête menée par une puissance
étrangère. ».
Dans le
contexte de l’après 11 septembre, cette notion d’asymétrie
informationnelle prend un relief particulier. L’hyperpuissance se préparait
pour une " guerre de l’information " (infowar en
Pentagonien) propre et politiquement correcte, gérée par ordinateurs et
satellites interposés (zéro-mort, cyberguerre non sanglante, opérations
dirigées depuis des " chambres de guerre " comme un jeu vidéo).
Les stratèges développaient l’utopie de la dominance informationnelle
totale, de l’intelligence absolue et du soft power. La guerre
deviendrait cool et séduisante. Les spin doctors qui
présentent les opérations militaro-humanitaires comme des promotions
publicitaires étaient là pour cela. Pas de cadavres visibles, de bons
réfugiés, de belles images, résultat : zéro dommage cathodique
collatéral.
Or, à
l’évidence, c’est une tout autre « guerre de l’information »
que fait al Qaïda : sidération du village global par la force des
images symboliques que véhicule la télévision, contagion de la panique
boursière via les réseaux informatiques (terrorisme en réseaux contre
société en réseaux), utilisation des moyens techniques adverses pour donner
un répercussion maximale à son discours, etc. Que l’on prenne le mot
information en chacun de ses sens (des données, des messages ou nouvelles,
des connaissances intellectuelles, voire des programmes au sens informatique),
qu’il s’agisse de croyance ou de savoirs, il y a visiblement deux
stratégies opposées.
-
asymétrie des statuts : un des acteurs est illégal, l’autre officiel.
L’un parle au nom de l’État, l’autre au nom du peuple, l’un se
réclame de la Démocratie, l’autre de Dieu. Il ne peut y avoir de
terrorisme entre égaux ou semblables.
-
asymétrie des territoires : l’un cherche à être partout ou nulle
part pour frapper « où il veut, quand il veut », l’autre tente
de contrôler une zone où s’exerce son autorité. L’un cherche à
identifier politiquement, repérer topologiquement et faire taire pratiquement
son adversaire. L’autre vise à se manifester à son gré, parfois n’importe
où dans le monde, sans souci de frontières ou de proximité géographique.
-
asymétrie du temps : l’un se projette dans le futur, l’autre cherche
le maintien de l’état présent. Le terroriste est l’homme de l’urgence
et profite souvent de la vitesse du transport ou de l’immédiateté de l’information
pour amplifier les effets de l’acte. Le contre-terroriste est lent, pataud,
condamné à l’après-coup, à la reconstitution après la catastrophe.
-
asymétrie des objectifs : le terroriste attend quelque chose de son
adversaire, mais celui-ci espère que le terroriste cesse de l’être, qu’il
soit éliminé ou satisfait. L’un escompte des gains et veut changer l’ordre
du monde, l’autre lutte pour le maintenir ou simplement pour durer.
- asymétrie des moyens.
Ce dernier point semble évident : l’un a l’armée, la police, l’autre
se cache, etc.
Cette
asymétrie a une autre implication : le terroriste peut s’approprier ou
retourner les moyens techniques (souvent publics) de l’autre, sans que l’inverse
soit vrai. Un combattant de la foi peut apprendre à piloter un avion ou à
fabriquer une bombe atomique artisanale. Il peut saisir le défaut d’un
logiciel ou d’un système de contrôle et le réseau de surveillance adverse
ne vaudra que ce que vaudra son maillon le plus faible. Un terroriste peut s’en
prendre aux moyens de communication. Il peut produire une image télévisée
qui provoquera un effet de sidération maximale et gérer son planning
attentats comme un planning média. Il peut profiter au maximum de l’effet
de contagion des paniques numériques « en temps réel » (il se
pourrait même que Ben Laden, golden boy de la terreur, ait inventé la
première prédiction Boursière auto-réalisatrice). Le terrorisme peut s’en
prendre aux nœuds d’échange (gares, aéroports, Bourses) parce qu’il a
compris la logique d’une société basée sur la facilité de l’échange
et la facilité des flux. Mais pour autant le terrorisé n’acquiert ni
connaissance, ni moyen de rétorsion sur le terroriste. Aucune réversibilité
dans ce sens là. Il ne pénètre ni sa mentalité, ni ses motivations.
De tous
ces points de vue, on peut parler d’un déséquilibre terroriste (qui,
ironiquement, succède à l’équilibre de la Terreur). Ce déséquilibre ne
peut s’expliquer que très mal par des motifs de violence (frustrations,
animosités, situations intolérables...) et plus mal encore par une
quelconque logique du sacrifice. Dans la mesure où le terrorisme est un
langage, il renvoie aux conditions d’une efficacité symbolique en une
certaine époque. Et il serait tout aussi juste de le caractériser par ses
armes (le poignard, le pistolet, la bombe, le camion ou l’avion suicide) que
par ses médias (le journal, la télévision voire la mondovision, la
cassette, le réseau cybernétique…)
LE
STRATÉGIQUE ET LE SYMBOLIQUE
Le
terrorisme, modèle stratégique, applique au mieux les principes de primauté
de l’offensive, d’économie et de concentration des forces, de dispersion
de l’adversaire et d’augmentation de son incertitude, d’action sur les
points, produisant un effet d’amplification, etc. Nombre de notions
stratégiques classiques s’appliquent, comme celle de montée aux
extrêmes : sauf « friction » du réel qui contraire ses
desseins, le terrorisme est condamné à l’escalade des moyens et des
initiatives. Mais les effets des initiatives stratégiques terroristes ne se
mesurent ni en rééquilibrage de forces ni en conquête de territoire (donc
en ni en liberté d’action pour soi ni en capacité de contrainte de l’autre,
comme pour une armée «classique »). Contrairement à une
« vraie » guerre ou à un « vrai » crime, il est
souvent difficile de mesurer les objectifs réels (l’objet du différend) ou
les gains réalisés par les acteurs du terrorisme. En effet, gains et
objectifs se mesurent en termes d’information autant que de destruction.
Sauf
exceptions comme celle des attentats du 11 Septembre, le nombre des victimes
du terrorisme est modeste, si on le mesure à l’aune d’une
« vraie » guerre, d’une « vraie » répression ou d’une
« vraie » révolution. Mais l’effet psychologique, médiatique
ou idéologique peut être immense. C’est que le terrorisme joue toujours
sur deux plans. Il y a les éléments visibles : le terroriste, l’otage,
la bombe, son cratère, les cadavres, la rançon, etc. Mais chacun de ses
éléments signifie plus que lui-même et correspond à une économie
supérieure du prestige, du salut, de la reconnaissance, de l’humiliation.
Par là le différend entre les deux camps prend une autre dimension.
Le
terrorisme est aussi bien un modèle symbolique que médiologique : un
maximum d’efficacité, compte tenu des moyens de transmission. Ceux-ci se
perfectionnent parallèlement : on passe du poignard au Boeing, du
libelle au live planétaire. Le terrorisme oscille entre le modèle de
l’attentat (et de la violence pure) et celui de la propagande (fut-elle en
actes). Il mobilise des moyens de dévastation et de perturbation pour
attenter à… (ici chacun complétera : à la vie et à la propriété,
au droit des gens, à la domination du Système, à la tyrannie, etc.). Il
emploie aussi des moyens d’amplification et de communication pour propager.
Là aussi à chacun de compléter : propager la peur et le désordre, un
sentiment de solidarité, la radicalisation des rapports de force, ses thèses
et revendications, etc.
Le
dommage se redouble d’un message, lui-même à plusieurs étages :
-
C’est
un témoignage. L’acte terroriste « révèle ». Il exprime l’existence,
les demandes ou revendications, la conviction d’une communauté en armes et
qui se dit représentative, l’injustice éprouvée par un peuple ou un
groupe, leur combativité, etc. Comme la guerre, le terrorisme est un discours
pour l’histoire. Souvent, il se veut pédagogique : il doit, soit
directement, soit indirectement via les jeux de répression et de solidarité
qu’il suscitera, provoquer une « prise de conscience ». Ce peut
être celle des exploités ou celle des relations nécessairement hostiles qui
doivent exister entre deux communautés. L’acte opère aussi une
polarisation, une simplification qui oblige à se déclarer ami ou ennemi, ou
pour eux ou pour nous. Dans le même temps, le terrorisme souvent
délocalisé, capable de se manifester loin du territoire où se déroule le
conflit « principal », cherche à impliquer : il prend
littéralement à témoin l’opinion, les neutres, le concert des nations.
Dans tous les cas, après l’acte terroriste, plus personne ne pourra
prétendre ignorer. Les acteurs n’éprouveront plus de la même manière
leur positions historique. Le terrorisme est une guerre du Paraître, voire
une guerre pour paraître. Combien de terroristes luttent pour « être
reconnus » ?
-
C’est
un outrage. Ce langage contre transforme celui à qui il est haineusement
adressé : il en atteint le prestige symbolique, il en révèle les
fragilités ou les contradictions. Le terrorisme le défie et le met en
demeure. Il lui pose une énigme (comment interpréter l’acte terroriste,
identifier les auteurs…). La transgression est renforcée par la
théâtralisation de l’action. Et par le caractère de la victime :
symbolique par sa puissance et sa responsabilité, symbolique par son anonymat
même, symbolique par son étalage de puissance.
- C’est un
marchandage. Entre abolition et négociation, un peu nihiliste, un peu
boutiquier, le terroriste cherche toujours un gain. Il parle au
conditionnel : si vous me donnez tel avantage, si vous libérez untel,
si vous cédez sur tel point, j’adoucirai votre peine. Si vous me
reconnaissez, vous y gagnerez. Si ceci, alors cela.
Mais ce
marchandage est plein de pièges puisqu’on ne peut être assuré ni de la
promesse ni du promettant. Ni que les termes de l’échange soient ceux que l’on
croit :ainsi le terroriste peut échanger son sacrifice contre le
Paradis, sans que le terrorisé y comprenne quoi que ce soit. À son ennemi,
le « discours » terroriste est une énigme : émane-t-il bien
de celui qu’on dit ? Derrière le message apparent, y a-t-il un message
caché (par exemple une revendication, comme la libération d’un prisonnier
ou un accord de non agression, qui n’apparaîtra pas dans un
communiqué) ? Ou encore telle revendication est-elle l’objectif réel
ou principal ou une demande tactique pour provoquer des dissensions ou activer
des solidarités via une stratégie indirecte (voir Ben Laden mettant, suivant
les moments, plus ou moins « haut » dans la liste de ses
revendications la libération de la Palestine) ?
Les
actes terroristes peuvent ainsi se classer sur une double échelle.
Échelle
de destruction. Elle va de la violence la plus précise (un tyrannicide qui
apparente le terrorisme aux complots et conspirations) à la plus générale
(des opérations terroristes, inscrites dans une longue lutte collective
peuvent ne plus se distinguer de la guérilla ou de la guerre de partisans).
Échelle
de propagation. Le message terroriste peut ainsi avoir une valeur de
proclamation, de la plus vaste destinée à éveiller le genre humain (il se
rapproche alors de la propagande en acte chère aux anarchistes) jusqu’à
une valeur de négociation (plus cynique, il peut parfois toucher au chantage,
au racket, à l’opération de service secret).
Résumons :
-
Le
terrorisme (si tant est qu'un tel animal existe) suppose une casuistique. Le
terroriste veut justifier en conscience, par un droit supérieur ou par la
nécessité, une violence que son adversaire tente de criminaliser et de
rabaisser.
-
Le
terrorisme a une rhétorique, qui tente de convaincre et son adversaire (qu’il
a perdu, que sa cause est injuste...) et son propre camp (de son identité,
que la victoire est proche, qu’il faut être unis...), mais aussi d'une
idée (propagande par le fait). Face à cela, les contre-terroristes tentent d’empêcher
la contagion de la peur ou de la solidarité.
-
Le
terrorisme s’apparente à un ésotérisme, voire à un comportement de
secte, puisqu’il vit du secret. Ses ennemis, eux, prétendent toujours le
démasquer.
-
Le
terrorisme a une topologie : celle des réseaux. Ils dépendent à la fois de
leur capacité de fonctionner malgré les tentatives d’interruption, et d’un
environnement favorable (un sanctuaire par exemple). Contre lui, le
contre-terrorisme cherche le contrôle du territoire.
-
Le
terrorisme ressort au symbolique. Il procède à une « escalade » puisqu’il
prétend élargir la signification de ses cibles ou de ses demandes jusqu’à
en faire des principes historiques, religieux, métaphysiques : la Tyrannie,
le Mal, la Révolution... Dans le camp d’en face, on tente, au contraire, de
réduire le terrorisme, notamment de le ramener à sa composante criminelle.
-
Le
terrorisme est stratégique. Il suppose au total une stratégie de
perturbation (qui vise à paralyser la volonté ou la capacité adverse) plus
que de destruction ou de conquête. Cette stratégie impliquerait dans
certains cas le concept paradoxal de « non victoire » (à supposer que son
but soit uniquement d’affirmation identitaire ou de vengeance symbolique)
Face à cela, il ne reste plus à son ennemi qu’à élaborer une stratégie
d’annulation.
C’est
pourquoi il ne peut être durablement vaincu ni comme le croient les cyniques
(en supprimant les terroristes), ni comme le croient les naïfs (en créant un
monde si juste qu’il n’y aura plus de cause au terrorisme). Mais l’art
de remporter des victoires symboliques ne s’enseigne pas dans les écoles de
police.
Quelques
définitions du terrorisme
Larousse
Terrorisme : n.m Ensemble d'actes de violence commis par une organisation pour
créer un climat d'insécurité ou renverser le gouvernement
établi."[LAROUS83]
Art.
421.1 du code pénal « Constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles
sont (L n°96-647 du 22 Juillet 1996) « intentionnellement » en
relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de
troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur les
actes suivants : les atteintes à la vie… les vols, les destructions,
les dégradations et détériorations ainsi que les infractions en matière
informatique…, la fabrication ou la détention de machines.421-2 constitue
également…le fait d’introduire dans l’atmosphère…412-3 Constitue
également…le fait de participer à un groupement formé ou à une entente
établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits
matériels, d’un des actes de terrorisme mentionné aux articles
précédents.
La
Commission européenne, dans sa communication 522 définit comme terroristes
treize infractions « lorsqu’elles visent à menacer et à porter
gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques ou
sociales d’un pays » puis ce texte fut modifié le 6 et 7 décembre 01
pour éviter d’y inclure les activités syndicales et manifestations
antimondialisation
Les
conventions de la Haye (1970) et de Montréal (1971) ou la convention
européenne sur la répression de l’activité terroriste (1977) ne
contiennent pas de définition propre de l’activité terroriste
La SDN
élabora une convention internationale qui sera signée par vingt-cinq pays
(sauf l'Italie et les États-Unis). Cette convention définit globalement les
actes terroristes comme "des faits criminels dirigés contre un État et
dont le but ou la nature est de provoquer la terreur chez des personnalités
déterminées, des groupes de personnes ou la population" (article 2).
Les signataires du texte dressent ainsi la liste détaillée des différentes
formes de terrorisme : 1. Les faits intentionnellement dirigés contre la vie,
l'intégrité corporelle, la santé ou la liberté: 1.des chefs d’États,
des personnes qui exercent les prérogatives de chef État, de leurs
successeurs héréditaires ou désignés; 2.des conjoints des personnes
préalablement citées; 3.des personnes investies de fonctions ou de charges
publiques lorsque le fait susmentionné a été commis en raison des fonctions
ou des charges que ces personnes exercent. 1.Le fait de détruire ou
d'endommager intentionnellement des biens publics ou destinés à une
utilisation publique, qui appartiennent à un autre État signataire ou qui
lui appartiennent en propre. 2.Le fait de mettre intentionnellement en danger
des vies humaines afin de créer un danger commun. 3.La tentative de commettre
des infractions prévues par les dispositions précédentes de cet article.
4.Le fait de fabriquer, de se procurer, de détenir ou de fournir des armes,
des munitions, des produits explosifs ou des substances nocives en vue de
l'exécution, dans n'importe quel pays, d'une infraction prévue par le
présent article. [BONA94]
Agora
(site universitaire canadien ) : »Le terrorisme a été défini
comme le recours à la violence ou à la menace de la violence afin de semer
la panique dans la société, d'affaiblir ou de renverser les autorités en
place et de susciter des changements politiques. »
Encyclopedia
universalis « La terreur est un état, une peur exacerbée, mais, depuis
la Révolution française, c’est aussi un régime politique, voire un
procédé de gouvernement, permettant au pouvoir en place de briser, à force
de mesures extrêmes et d’effroi collectif, ceux qui lui résistent. Le
terrorisme, quant à lui, s’il est d’abord action, n’en recouvre pas
moins une notion voisine puisque, dépassant souvent le stade de l’initiative
ponctuelle pour devenir une véritable stratégie, il postule l’emploi
systématique de la violence, pour impressionner soit des individus afin d’en
tirer profit, soit, plus généralement, des populations, soumises alors, dans
un but politique, à un climat d’insécurité. Dans l’un et l’autre cas,
il a pour caractéristique majeure de rechercher un impact psychologique, hors
de proportion, comme le souligne Raymond Aron dans Paix et guerre entre les
nations, avec les effets physiques produits et les moyens utilisés. »
Encyclopédie
Hachette : « Le terrorisme désigne soit des actes violents –
sabotages, attentats, assassinats, prises d'otages... – commis pour des
motifs politiques par des individus isolés ou organisés, soit un régime de
violence créé et utilisé par un gouvernement qui cherche à conserver le
pouvoir face à des ennemis intérieurs ou extérieurs. »
Ganor Boaz (expert d’une
Think Tank israélienne spécialisée) : « L’usage intentionnel ou la
menace d’utiliser la violence contre des civils ou des cibles civiles, pour
atteindre des buts politiques »
Petit
Robert : « 1 Politique des années 1793-1794 en France 2 –(cour)
Emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique (..) et
spécialement ensemble des actes de violence, des attentats, des prises d’otage
civils qu’une organisation politique commet pour impressionner un pays (le
sien ou celui d’un autre) »
Jessica
Stern « Acte ou menace de violence envers des non-combattants pour
accomplir une vengeance, intimider ou exercer une influence sur un
public. » (The ultimate terrorists)
DÉFINITIONS
MADE IN USA
* FBI
Definition Terrorism is the unlawful use of violence against persons or
property to intimidate or coerce a government, the civilian population, or any
segment thereof, in furtherance of political or social objective
*
United States department of Defense (Code of Federal Regulations revised 2001)
All criminals acts directed against a state and intended or calculated to
create a state of terror in the mind of particular person or a group of
persons or the general public
*United
States Department of State (in Guardian May 7 2001) « Premeditated,
politically motivated violence perpatrated against noncombattant targets by
subnational groups or clandestine agents, usually intended to influence an
audience * non combattants includes both civilian and militaru personnels who
are unarmed or off duty at the time… « We also consider as acts of
terrorisme attacks on military installations or on armed military personnel
when a state of military hostilities does not not exist at the site, such as
bombing of US bases
* USA
Patriot Act (5) the terme « domestic terrorism » means activities
that A involve acts dangerous to human life that are a violation of the
criminal laws of the United States or any State (B) appears to be intended –
(i) to intimidate or coerce civilian population- (ii) to influence the policy
of a government by intimidation or coercion, or –(iii) to affect the conduct
of a government by mass destruction assassination, or kidnaping ; and C)
occurs primarly whithin the territorial jurisdiction of the United States
*Article
22 of the United States Code, Section 2656f(d). That statute contains the
following definitions: The term "terrorism" means premeditated,
politically motivated violence perpetrated against noncombatant/*/ targets by
subnational groups or clandestine agents, usually intended to influence an
audience. *The term "international terrorism" means terrorism
involving citizens or the territory of more than one country. * The term
"terrorist group" means any group practicing, or that has
significant subgroups that practice, international terrorism
*State
department : « politically motivated attack on non-combatant target »
*United
States Department of Justice : Code of Fedral Regulations (Revised July
2001) Terrorism includes the unlawful use of violence agaisnt persons or
propertiy to coerce a Governement, the civilian population, or any segment
thereof, in furtherance of political or social objectives. (28 CFR Section O.
85 on Judicial Administration)
*Oxford
English Dictionnary « Government by intimidation as carried out by the
party in power in France during the Revolution... a policy intended to strike
with terror those against whom it is adopted ; the emplyment of
intimidation
*Webster
The systematic use of terror especially as a mean of coercition »
Terrorism research
Center (www.terrorism.com) : « Political terrorism is the
systematic use of actual or threatened physical violence in he pursuit of a
political objective, to create a general climate of public fear and
destabilize society, and thus influence a population or government policy.
Information terrorism is the nexus between criminal information system fraud
or abuse, and the physical violence of terrorism. However, particularly in a
legal sense, information terrorism can be the intentional abuse of a digital
information system, network, or component toward an end that supports or
facilitates a terrorist campaign or action. In this case, the system abuse
would not necessarily result in direct violence against humans, although it
may still incite fear. Most terrorism scholars, when defining "political
terrorism," would include physical violence as a necessary component;
thus, many acts of criminal computer abuse would not be considered
terroristic, if they do not result in direct physical violence. However,
scholars must face the fact that as technology’s implications broaden on
society and politics, social and political definitions should likewise
broaden to accommodate technology. The semantic vacuum of a universally
accepted comprehensive definition leaves room for considering information
system abuse as a possible new facet of terrorist activity »
François-Bernard
Huyghe
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- WIEVORKA M. ,
Sociétés et terrorisme, Fayard, 1988.
- Études
polémologiques n° 37,47 et 49
François-Bernard
Huyghe
Docteur d'État en
Sciences Politiques et habilité à diriger des recherches en Sciences de
l'Information et de la Communication, François-Bernard Huyghe, médiologue,
enseigne au Celsa ainsi qu’à l’École de Guerre Économique. Ses principaux
ouvrages sont des essais critiques sur les idées contemporaines (La
Soft-idéologie , La langue de coton, Les Experts) mais aussi
des travaux coécrits avec son épouse Edith sur les grands réseaux historiques
de transmission. Derniers ouvrages :Histoire des secrets , Hazan
2000 et L’ennemi à l’ère numérique, Chaos, Information, Domination
aux P.U.F. 2001.
Il anime l’Observatoire
Européen d’Infostratégie, centre de recherche sur la guerre de l’information
et l’infodominance
Infostrategique@paris.com
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