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 AccueilGéopolitique / Réflexions stratégiques / Mise à jour 05/03/02





  Réflexions stratégiques,
  Strategic thinks 




Qu’est-ce que le terrorisme ?
Le dommage, c’est le message...

par François-Bernard Huyghe, huyghe@club-internet.fr
médiologue, enseigne au Celsa ainsi qu’à l’École de Guerre Économique
02/2002




Définir le terrorisme

« War against Terror », titrait CNN après les attentats du 11 Septembre 2001. Mais la guerre se fait à des gens, pas à la Terreur, ni au Mal. Le terrorisme n’est ni une chose, ni une représentation, ni un acteur, mais une relation que tout conspire à nous rendre obscure. La personnalisation médiatique, d’abord  : Ben Laden, successeur de Khadafi, Sadam Hussein et Milosevic, joue le rôle du diabolicus hitlericus, Docteur No menaçant le monde de sa base secrète. Mais aussi l’abstraction idéologique : « nous faisons la guerre au principe de la violence et du fanatisme, pas à l’Islam, évitons une guerre des civilisations, etc.». Ou encore le moralisme vague qui se contente de répéter que le terrorisme est lâche et sa victime innocente. Il est temps d’interroger le sens des mots que nous employons si généreusement.


Le terrorisme hétérogène

Qu’est-ce que le terrorisme ?

  • Faut-il le définir par ses effets psychologiques recherchés et plus que proportionnels à sa destructivité physique: répandre le sentiment de terreur, impressionner, provoquer, créer un « climat »  ?
  • Comme emploi illégitime de la violence politique, qui s’opposerait à des usages légitimes, tels que guerre ou maintien de l’ordre public ?
  • Par ses victimes non-combattantes, voire non-concernées, souvent prises au hasard ?
  • Par les intentions de ses auteurs ? Elles ne seraient pas que criminelles – intérêt ou le plaisir de la destruction - mais idéologiques voire métaphysiques. Ainsi, le nihilisme proteste contre l’ordre du monde en général.
  • Le terrorisme n’est-il que la guerre, la guérilla ou la révolte du minoritaire, du faible ou du pauvre ? Un conflit qui se distinguerait de la guerre - visant à la domination du territoire- ou de la révolution - visant à la conquête de l’État - simplement par sa faible intensité, son caractère accessoire ou provisoire ?
  • Ou encore une pratique « élitiste » de la force destructrice : un maximum d’effet pour un minimum d’agents ?
  • « Terrorisme » est-il un jugement de valeur dénonçant la violence de l’Autre, comme « idéologie » disqualifie son idéal ?

 

Chercheurs et juristes (dont ceux de la SDN et de l’Onu) se sont acharnés à concilier les éléments capables de caractériser le terrorisme :

  • organisationnels : fait d’un groupe de spécialistes poursuivant des desseins historiques, il s’apparente à la subversion voire à la répression, pour qui admet la notion d’un terrorisme d’État,
  • psychologiques : la panique ou la paralysie qu’il cherche à provoquer en fait la version négative de la propagande qui unit et rassure,
  • éthiques : ses victimes, son caractère clandestin (guerrier sans uniforme, le terroriste se dissimule jusqu’au moment d’agir) et sa brutalité le rapprochent du crime,
  • polémologiques : tel la guerre, le terrorisme vise à faire plier par la violence la volonté d’un autre camp qui s’y oppose,
  • politiques : par ses revendications, il suppose un différend relatif à l’ordre de la cité : forme du régime, occupation d’un territoire, adoption ou retrait d’une loi, alliance ou rupture avec une autre entité politique...

 

Le terrorisme est rebelle à la définition parce qu’il se situe sur le terrain de l’exception. Robespierre, voulait faire de la terreur un moyen inouï pour une situation paroxystique car « Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire dans la révolution est à la fois la vertu et la terreur... ». De la même façon, le discours du terrorisme se réfère à une situation d’exception (tyrannie extrême, imminence de la Révolution, décret de la Providence). Elle suppose des fins exceptionnelles, libération, révolution, sauvegarde de valeurs essentielles qui ne peuvent être atteintes dans le cas de l’ordre existant. Cela justifie l’emploi de moyens exceptionnels qui échappent aux lois de la paix et de la guerre. Ou plutôt, ils abolissent la distinction entre paix et guerre, combattant et non combattant, front et arrière, acte noble et lâche.

 

L’EXCEPTION TERRORISTE

Ces difficultés ont une première origine, historiquement située. Le mot « terrorisme » attesté depuis 1794 désigne d’abord la terreur d’État, un ordre politique qui repose sur l’extermination physique des opposants réels ou virtuels, plus l’exhibition d’une férocité destinée à paralyser les ennemis de la Révolution. La Terreur (comme régime qui gouverne la France de Mai 1793, la chute des Girondins, à Juillet 19794, celle de Robespierre) engendre donc les « terroristes ». Ces agents la propagent dans toutes les provinces. Le « terrorisme » est leur méthode et leur but.

Depuis, le sens du mot s’est retourné. Le terrorisme se retrouve maintenant du côté de la subversion ou du renversement de l’ordre. Dans l’usage contemporain, la pratique de méthodes « terribles » par les maîtres du Pouvoir se nommerait plutôt « répression féroce » ou « totalitarisme policier ». Et les « États terroristes » sont précisément ceux qui dissimulent leur vrai visage et les attributs de leur pouvoir (armée, police, etc.). Ils emploient en sous-main des groupes qui commettent des attentats hors de leurs frontières ou des milices qui réduisent les opposants. Ces actions ne peuvent officiellement être attribuées à l’appareil d’État.

Un vrai terroriste n’a pas d’uniforme ni ne va au bureau. Un tonton Macoute ou un tchékiste terrorisent sans être terroristes. D’où l’erreur de parler de terrorisme du Système ou de poser une équivalence entre oppression violente et terrorisme. C’est aussi éclairant que d’embrouiller la notion de violence, avec les notions floues de violence passive, symbolique ou structurelle, jusqu’à ce que le terme devienne synonyme de mal, haine ou inégalité. L’éthique n’est pas la sémantique. Certes, la déportation, l’épuration, le massacre des opposants, les camps peuvent être moralement bien pires que certains terrorismes. Tout ce qui produit la terreur n’est pas pour autant du terrorisme.

 

Seconde difficulté : la désignation du terrorisme est généralement le fait du terrorisé ou du contre-terroriste. Le terroriste présumé, lui, parle résistance, régicide, riposte des opprimés, guerre sainte, juste revendication, légitime défense. Il fait remarquer qu’il n’a pas le choix des moyens et que s’il pose des bombes, c’est faute de bombardiers comme en possèdent les États qu’il combat. Il a souvent beau jeu de nous rappeler que nos écoles célèbrent ceux qui figuraient hier sur l’affiche rouge. Que nos occupants nommaient terroristes nos libérateurs. Que De Gaulle et Mandela étaient réputés chefs terroristes. Que des pouvoirs avec qui l’on traite maintenant ne sont que des terrorismes récompensés par l’Histoire, comme certaines religions sont des sectes qui ont réussi.

Le terroriste qui reconnaît tel est relativement rare : les exemples en sont ou romantiques (nihilistes à la Netchaïev) ou cyniques (Trotski théorisant l’emploi du terrorisme, « exigence » de la Révolution).

On pourrait même soutenir le contraire : une des caractéristiques des terroristes est d’accomplir des actes contraires qui violent le droit positif, voire le droit des gens, mais au nom d’un autre droit, supérieur. Juges, témoins, et bourreaux à la fois, ils appliquent des arrêts.

Un terroriste est un juriste contrarié qui n’écoute guère les avocats. Voir les brigades rouges jugeant Aldo Moro avant de l’exécuter. Voir Bastien-Thierry cherchant dans le jus gentium les raisons de sa tentative de « tyrannicide » contre De Gaulle. Voir les terroristes islamiques appliquant scrupuleusement fatwas, tafkirs (anathèmes), diyya (prix du sang), djihad (guerre sainte proclamée) et fiqh (droit canon régissant l’acceptation et l’application de la mort en cas de « nécessité »). Ils ne font en cela que poursuivre une longue tradition : on sait que les arrêts de mort du « Vieux de la Montagne », chef des « assassins » d’Alamut, qui perdurèrent du XI° au XII° siècle, devaient être exécutés publiquement pour être valables. Comprenez pour valoir le Salut à leur exécutant.

Le terroriste se réfère donc à un droit éminent : droit naturel : état de nécessité, ou légitimité de la révolte en cas de rupture du contrat social, justice distributive, responsabilité pénale individuelle des séides de la tyrannie, édit divin, droit révolutionnaire d’un ordre encore en genèse, commandement d’une autorité supérieure au-dessus du pouvoir établi illégitime, etc. Le terroriste châtie qui veut le réprimer et voit une sanction où nous voyons un crime. Même les anarchistes, qui, au début du XX° siècle, jetaient une bombe au hasard sur les clients du café Terminus, affirmaient le principe que « Nul n’est innocent ».

 

Troisième difficulté : nature, intentionnalité et gravité sociale des menées terroristes sont éprouvées de manières variables suivant les époques et les cultures. Leur degré de violence et de dangerosité est jugé très différemment.

Brûler des pneus au cours d’une manifestation, séquestrer un directeur une journée dans son bureau ou saboter une ligne de production, est-ce du terrorisme ? Pour nous, européens modernes, certainement pas : ce sont, au pire, des dérives violentes de l’action revendicative, en soi légitime. Mais en d’autres temps et d’autres lieux, cela pouvait valoir le poteau.

Distribuer de la drogue ou des images pornographiques, même au nom d’une prétendue haine de l’ordre établi, est-ce du terrorisme ? Là encore nous répondons que non. Les Actes de la Conférence d’Unification de Droit Pénal publiés à Paris en 1929 étaient de l’avis contraire.

Y a-t-il des actes « par nature » terroristes ? Des crimes de simple banditisme, tel un hold-up ou une prise d’otage, qui deviennent terroristes s’ils sont accomplis par des groupes organisés, visant à subvertir l’ordre social ?

Peut-on être terroriste seul ? Érostrate ou Ravaillac qui n’avaient pas de complices, étaient-ils terroristes ? Ou le citoyen suisse qui a récemment abattu quatorze personnes au Parlement cantonal ? Là encore aucune réponse n’entraînera l’unanimité. Pas moyen de sortir de la trilogie : fins-moyens-acteurs.

 

LA RELATION TERRORISTE

Pour sortir de ces embarras, il faut envisager le terrorisme comme une relation. Comme la relation guerrière, elle suppose la distinction de l’ami et de l’ennemi et divise le monde en camps. Pareille relation, à la fois symbolique et agonistique est tout sauf d’amour. Pourtant, il faudrait s’inspirer de la phrase de Cocteau « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ». De même, il n’y a pas de Terrorisme, il y a des manifestations de terrorisme.

Ces manifestations présentent des caractères communs :

- Des actes visant à produire une perte dans au moins un camp. Cette perte peut se mesurer en vies humaines (de chefs, de responsables ou d’innocents), en richesses (volées, consumées ou versées en rançon), en concessions (amnistie, abandon d’un territoire), en prestige (les autorités bafouées), en perte d’organisation, de temps et d’information (attaque contre des infrastructures, des archives, cyberterrorisme, sabotage...), en perte d’alliés découragés par les risques.

La perte peut être présente, différée ou sous condition, comme en cas de prise d’otage. Elle peut être indirecte, puisqu’elle peut frapper un tiers. Plus subtilement, la perte peut être celle des apparences et des prudences. Par son acte, le terroriste veut contraindre le camp adverse à révéler sa « vraie nature », voire à réprimer férocement et si possible maladroitement. Le Système honni avouera ainsi qu’il est fondé sur des rapports de force même s’ils se cachaient jusque là sous les apparences paisibles d’un ordre accepté. Ceci peut mener à des raisonnements d’une absurde complication. Ainsi a-t-on accusé l’extrême droite italienne d’avoir provoqué des attentats pour révéler la nature faible et laxiste de l’État. Le but aurait été de l’obliger à se durcir en réprimant des « subversifs » potentiels. Mais le raisonnement inverse a à peu près autant de sens.

La perte adverse peut parfois exiger des pertes du terroriste. Ainsi celle de la vie du terroriste martyr. Il est vrai que c’est un investissement en vue d’un gain supérieur : le Paradis pour le terroriste s’il est croyant, un gain de réputation et de partisans pour la cause. Le Témoignage en acte d’un des siens lui vaudra un gain de visibilité et poids de « l’argumentation » terroriste en sera renforcé.

 

Ces actes n’ont pas leur finalité en eux-mêmes. Ils s’inscrivent une continuité des desseins. « Un » acte terroriste qui n’appellerait pas de suite, ne serait pas plus terroriste qu’une bataille ne ferait une guerre. Il y faut la continuité : la promesse d’un renouvellement (jusqu’à la victoire), une menace, un avertissement, une projection vers l’avenir. En ce sens, ces manifestations sont à la fois économiques et stratégiques. Il s’agit de gérer des ressources pour produire une plus-value (publicitaire par exemple), mais aussi de diriger l’emploi de forces au service de l’intelligence et en vue de la victoire.

La lutte actuelle s’inscrit dans la séquence des actes menant à la défaite adverse. De même qu’il y a des guerres à objectifs limités et des guerres totales, la revendication terroriste peut être restreinte (et éventuellement négociable) ou absolue. Dans ce second cas, elle s’adresse au principe de la vie en société ou si elle demande à l’adversaire de disparaître de la surface de la Terre (ce serait, semble-t-il le cas des attentats contre les twin towers). La demande absolue du terroriste suppose un affrontement absolu. Et il importe fortement à l’adversaire du terroriste de savoir s’il joue à un jeu « à somme non nulle ». Dans ce cas, les « gains » des adversaires ne sont pas équivalents aux pertes de l’autre : ils peuvent avoir des intérêts communs (par exemple éviter un chaos où tout le monde perdrait, donc limiter l’affrontement ; il peut y avoir des risques tels qu’ils soient supérieurs à la finalité du terroriste). S’il s’agit d’un jeu à « somme nulle », reste à vaincre ou mourir.

 

- La manifestation terroriste doit pourtant rester rare et surprenante. Un attentat, c’est une information. Trop d’information tue l’information. Mille attentats, cela devient une guerre ou une routine. L’attentat est apparenté à la catastrophe : un effondrement brusque du cours ordinaire des choses, suivi d’une période de réparation ou de retour à la normale. Mais une catastrophe régulière, c’est une contradiction dans les termes.

 

- Corollairement, ces actions sont organisées et souvent même théorisées. Il existe des violences, des résistances ou des révoltes spontanées. Mais le terrorisme se veut une étape dans un plan (même s’il a le statut de pis-aller ou de mal nécessaire au yeux de ses auteurs). Cela suppose initiative et méthode, donc groupes structurés. Certains sont proches de la secte ou de la société secrète, comme le montrent leurs serments et méthodes de dissimulation, leurs lois internes ou leurs rites d’initiation.

D’où le paradoxe des organisations terroristes : elles sont à la fois secrète et publicitaires. Il y a secret dans sa préparation pour garantir la surprise ou l’impunité, secret parfois dans sa revendication ou dissimulation des objectifs réels (pour créer plus de confusion chez l’ennemi). Mais, l’acte terroriste vise aussi à la propagation : propagation exemplaire d’initiatives similaires, propagation du désordre chez l’adversaire, mais surtout propagation et proclamation d’une « nouvelle » dont on décrira plus bas la nature. Car le terrorisme n’est pas seulement un « cri », exprimant révolte ou désespoir, il attend un écho. Tel l’inconscient selon Lacan, il est articulé comme un langage. Il dit et il fait dire. Il revendique son acte porteur d’une riche signification et revendique une réponse de l’adversaire, de l’opinion, des neutres ou du genre humain en général.

 

Ainsi, les actes terroristes semblent se classer sur une double échelle de destruction et de propagation. Échelle de destruction. Elle va de la violence la plus précise (un tyrannicide qui apparente le terrorisme aux complots et conspirations) à la plus générale (des opérations terroristes, inscrites dans une longue lutte collective qui le rapprochent singulièrement de la guérilla ou de la guerre de partisans).

Échelle de propagation. Le message terroriste a toujours valeur de proclamation, de la plus vaste destinée à éveiller le genre humain jusqu’à une valeur de négociation : échange d’une trêve ou d’un otage contre un avantage. Le message peut parfois toucher au chantage, au racket, à l’opération de service secret. Le message devient quasi contractuel : faites ceci et je ne ferai pas cela.

 

Cette dualité s’éclaire si l’on considère que les actes terroristes se veulent des exemples. Des exemples, ils le sont dans tous les sens du terme.

Ils ont valeur démonstrative « d’échantillon », ce sont des « avant-goûts ». Ils signifient  : « voilà ce que nous sommes capables de faire. Nous frappons où nous voulons. Voilà ce qui vous attend si vous ne cédez pas à nos revendications ».

Ce sont des exemples, avertissements au sens de « faire un exemple ». Que l’attentat touche un représentant de l’autorité honnie (du Prince au petit fonctionnaire « complice du Système »), ou qu’au contraire ils s’en prenne à un simple passant, pour prouver que la cible est partout et que nul n’est à l’abri, dans tous les cas, il s’agit de frapper la partie pour atteindre le Tout.

Ce sont enfin des exemples « exemplaires » puisqu’ils demandent à être suivis. C’est le dessein de « détruire la société » par des actes mais aussi par des idées qui est ici condamné. Ainsi, la « propagande par le fait » d’inspiration bakounienne, suivie par « l’action directe » anarcho-syndicaliste, se veut un moyen d’éveiller les masses sans passer par la médiation du parti ou par la rhétorique du programme. Ici sont littéralement des actes qui valent discours et qui émancipent ceux qui les accomplissent autant qu’ils effraient ceux qui les subissent.

 

L’ASYMETRIE TERRORISTE

Les manifestations terroristes constituent une relation d’asymétrie.

 

  • asymétrie des forces : c’est un rapport du faible au fort. Même si le faible en apparence peut avoir derrière lui tout un État, une internationale ou des réseaux mondiaux.

 

  • asymétrie de l’information : le terroriste est clandestin. Il se manifeste par son acte qui équivaut à un discours/proclamation. Son adversaire est visible et cherche à interpréter, sur la base de connaissances imparfaites et parfois délibérément faussées. Certains assimilent le terrorisme à un facteur d’entropie. Ses finalité seraient de créer un « climat d’insécurité » ou simplement un désordre. Ainsi cette définition d’une encyclopédie : « Le terrorisme est donc essentiellement une stratégie destinée à déséquilibrer un pays ou un régime, utilisant la subversion et la violence sur un milieu ou une institution en crise pour contribuer au désordre, à la veille d'une "remise en ordre" révolutionnaire ou d'une guerre de conquête menée par une puissance étrangère. ».

Dans le contexte de l’après 11 septembre, cette notion d’asymétrie informationnelle prend un relief particulier. L’hyperpuissance se préparait pour une " guerre de l’information " (infowar en Pentagonien) propre et politiquement correcte, gérée par ordinateurs et satellites interposés (zéro-mort, cyberguerre non sanglante, opérations dirigées depuis des " chambres de guerre " comme un jeu vidéo). Les stratèges développaient l’utopie de la dominance informationnelle totale, de l’intelligence absolue et du soft power. La guerre deviendrait cool et séduisante. Les spin doctors qui présentent les opérations militaro-humanitaires comme des promotions publicitaires étaient là pour cela. Pas de cadavres visibles, de bons réfugiés, de belles images, résultat : zéro dommage cathodique collatéral.

Or, à l’évidence, c’est une tout autre « guerre de l’information » que fait al Qaïda : sidération du village global par la force des images symboliques que véhicule la télévision, contagion de la panique boursière via les réseaux informatiques (terrorisme en réseaux contre société en réseaux), utilisation des moyens techniques adverses pour donner un répercussion maximale à son discours, etc. Que l’on prenne le mot information en chacun de ses sens (des données, des messages ou nouvelles, des connaissances intellectuelles, voire des programmes au sens informatique), qu’il s’agisse de croyance ou de savoirs, il y a visiblement deux stratégies opposées.

 

  • asymétrie des statuts : un des acteurs est illégal, l’autre officiel. L’un parle au nom de l’État, l’autre au nom du peuple, l’un se réclame de la Démocratie, l’autre de Dieu. Il ne peut y avoir de terrorisme entre égaux ou semblables.

 

  • asymétrie des territoires : l’un cherche à être partout ou nulle part pour frapper « où il veut, quand il veut », l’autre tente de contrôler une zone où s’exerce son autorité. L’un cherche à identifier politiquement, repérer topologiquement et faire taire pratiquement son adversaire. L’autre vise à se manifester à son gré, parfois n’importe où dans le monde, sans souci de frontières ou de proximité géographique.

 

  • asymétrie du temps : l’un se projette dans le futur, l’autre cherche le maintien de l’état présent. Le terroriste est l’homme de l’urgence et profite souvent de la vitesse du transport ou de l’immédiateté de l’information pour amplifier les effets de l’acte. Le contre-terroriste est lent, pataud, condamné à l’après-coup, à la reconstitution après la catastrophe.

 

  • asymétrie des objectifs : le terroriste attend quelque chose de son adversaire, mais celui-ci espère que le terroriste cesse de l’être, qu’il soit éliminé ou satisfait. L’un escompte des gains et veut changer l’ordre du monde, l’autre lutte pour le maintenir ou simplement pour durer.

 

  • asymétrie des moyens. Ce dernier point semble évident : l’un a l’armée, la police, l’autre se cache, etc.

Cette asymétrie a une autre implication : le terroriste peut s’approprier ou retourner les moyens techniques (souvent publics) de l’autre, sans que l’inverse soit vrai. Un combattant de la foi peut apprendre à piloter un avion ou à fabriquer une bombe atomique artisanale. Il peut saisir le défaut d’un logiciel ou d’un système de contrôle et le réseau de surveillance adverse ne vaudra que ce que vaudra son maillon le plus faible. Un terroriste peut s’en prendre aux moyens de communication. Il peut produire une image télévisée qui provoquera un effet de sidération maximale et gérer son planning attentats comme un planning média. Il peut profiter au maximum de l’effet de contagion des paniques numériques « en temps réel » (il se pourrait même que Ben Laden, golden boy de la terreur, ait inventé la première prédiction Boursière auto-réalisatrice). Le terrorisme peut s’en prendre aux nœuds d’échange (gares, aéroports, Bourses) parce qu’il a compris la logique d’une société basée sur la facilité de l’échange et la facilité des flux. Mais pour autant le terrorisé n’acquiert ni connaissance, ni moyen de rétorsion sur le terroriste. Aucune réversibilité dans ce sens là. Il ne pénètre ni sa mentalité, ni ses motivations.

 

De tous ces points de vue, on peut parler d’un déséquilibre terroriste (qui, ironiquement, succède à l’équilibre de la Terreur). Ce déséquilibre ne peut s’expliquer que très mal par des motifs de violence (frustrations, animosités, situations intolérables...) et plus mal encore par une quelconque logique du sacrifice. Dans la mesure où le terrorisme est un langage, il renvoie aux conditions d’une efficacité symbolique en une certaine époque. Et il serait tout aussi juste de le caractériser par ses armes (le poignard, le pistolet, la bombe, le camion ou l’avion suicide) que par ses médias (le journal, la télévision voire la mondovision, la cassette, le réseau cybernétique…)

 

 

 

LE STRATÉGIQUE ET LE SYMBOLIQUE

Le terrorisme, modèle stratégique, applique au mieux les principes de primauté de l’offensive, d’économie et de concentration des forces, de dispersion de l’adversaire et d’augmentation de son incertitude, d’action sur les points, produisant un effet d’amplification, etc. Nombre de notions stratégiques classiques s’appliquent, comme celle de montée aux extrêmes : sauf « friction » du réel qui contraire ses desseins, le terrorisme est condamné à l’escalade des moyens et des initiatives. Mais les effets des initiatives stratégiques terroristes ne se mesurent ni en rééquilibrage de forces ni en conquête de territoire (donc en ni en liberté d’action pour soi ni en capacité de contrainte de l’autre, comme pour une armée «classique »). Contrairement à une « vraie » guerre ou à un « vrai » crime, il est souvent difficile de mesurer les objectifs réels (l’objet du différend) ou les gains réalisés par les acteurs du terrorisme. En effet, gains et objectifs se mesurent en termes d’information autant que de destruction.

Sauf exceptions comme celle des attentats du 11 Septembre, le nombre des victimes du terrorisme est modeste, si on le mesure à l’aune d’une « vraie » guerre, d’une « vraie » répression ou d’une « vraie » révolution. Mais l’effet psychologique, médiatique ou idéologique peut être immense. C’est que le terrorisme joue toujours sur deux plans. Il y a les éléments visibles : le terroriste, l’otage, la bombe, son cratère, les cadavres, la rançon, etc. Mais chacun de ses éléments signifie plus que lui-même et correspond à une économie supérieure du prestige, du salut, de la reconnaissance, de l’humiliation. Par là le différend entre les deux camps prend une autre dimension.

 

Le terrorisme est aussi bien un modèle symbolique que médiologique : un maximum d’efficacité, compte tenu des moyens de transmission. Ceux-ci se perfectionnent parallèlement : on passe du poignard au Boeing, du libelle au live planétaire. Le terrorisme oscille entre le modèle de l’attentat (et de la violence pure) et celui de la propagande (fut-elle en actes). Il mobilise des moyens de dévastation et de perturbation pour attenter à… (ici chacun complétera : à la vie et à la propriété, au droit des gens, à la domination du Système, à la tyrannie, etc.). Il emploie aussi des moyens d’amplification et de communication pour propager. Là aussi à chacun de compléter : propager la peur et le désordre, un sentiment de solidarité, la radicalisation des rapports de force, ses thèses et revendications, etc.

 

Le dommage se redouble d’un message, lui-même à plusieurs étages :

 

  • C’est un témoignage. L’acte terroriste « révèle ». Il exprime l’existence, les demandes ou revendications, la conviction d’une communauté en armes et qui se dit représentative, l’injustice éprouvée par un peuple ou un groupe, leur combativité, etc. Comme la guerre, le terrorisme est un discours pour l’histoire. Souvent, il se veut pédagogique : il doit, soit directement, soit indirectement via les jeux de répression et de solidarité qu’il suscitera, provoquer une « prise de conscience ». Ce peut être celle des exploités ou celle des relations nécessairement hostiles qui doivent exister entre deux communautés. L’acte opère aussi une polarisation, une simplification qui oblige à se déclarer ami ou ennemi, ou pour eux ou pour nous. Dans le même temps, le terrorisme souvent délocalisé, capable de se manifester loin du territoire où se déroule le conflit « principal », cherche à impliquer : il prend littéralement à témoin l’opinion, les neutres, le concert des nations. Dans tous les cas, après l’acte terroriste, plus personne ne pourra prétendre ignorer. Les acteurs n’éprouveront plus de la même manière leur positions historique. Le terrorisme est une guerre du Paraître, voire une guerre pour paraître. Combien de terroristes luttent pour « être reconnus » ?

 

  • C’est un outrage. Ce langage contre transforme celui à qui il est haineusement adressé : il en atteint le prestige symbolique, il en révèle les fragilités ou les contradictions. Le terrorisme le défie et le met en demeure. Il lui pose une énigme (comment interpréter l’acte terroriste, identifier les auteurs…). La transgression est renforcée par la théâtralisation de l’action. Et par le caractère de la victime : symbolique par sa puissance et sa responsabilité, symbolique par son anonymat même, symbolique par son étalage de puissance.

 

  • C’est un marchandage. Entre abolition et négociation, un peu nihiliste, un peu boutiquier, le terroriste cherche toujours un gain. Il parle au conditionnel : si vous me donnez tel avantage, si vous libérez untel, si vous cédez sur tel point, j’adoucirai votre peine. Si vous me reconnaissez, vous y gagnerez. Si ceci, alors cela.

Mais ce marchandage est plein de pièges puisqu’on ne peut être assuré ni de la promesse ni du promettant. Ni que les termes de l’échange soient ceux que l’on croit :ainsi le terroriste peut échanger son sacrifice contre le Paradis, sans que le terrorisé y comprenne quoi que ce soit. À son ennemi, le « discours » terroriste est une énigme : émane-t-il bien de celui qu’on dit ? Derrière le message apparent, y a-t-il un message caché (par exemple une revendication, comme la libération d’un prisonnier ou un accord de non agression, qui n’apparaîtra pas dans un communiqué) ? Ou encore telle revendication est-elle l’objectif réel ou principal ou une demande tactique pour provoquer des dissensions ou activer des solidarités via une stratégie indirecte (voir Ben Laden mettant, suivant les moments, plus ou moins « haut » dans la liste de ses revendications la libération de la Palestine) ?

Les actes terroristes peuvent ainsi se classer sur une double échelle.

Échelle de destruction. Elle va de la violence la plus précise (un tyrannicide qui apparente le terrorisme aux complots et conspirations) à la plus générale (des opérations terroristes, inscrites dans une longue lutte collective peuvent ne plus se distinguer de la guérilla ou de la guerre de partisans).

Échelle de propagation. Le message terroriste peut ainsi avoir une valeur de proclamation, de la plus vaste destinée à éveiller le genre humain (il se rapproche alors de la propagande en acte chère aux anarchistes) jusqu’à une valeur de négociation (plus cynique, il peut parfois toucher au chantage, au racket, à l’opération de service secret).

Résumons :

 

  • Le terrorisme (si tant est qu'un tel animal existe) suppose une casuistique. Le terroriste veut justifier en conscience, par un droit supérieur ou par la nécessité, une violence que son adversaire tente de criminaliser et de rabaisser.

 

  • Le terrorisme a une rhétorique, qui tente de convaincre et son adversaire (qu’il a perdu, que sa cause est injuste...) et son propre camp (de son identité, que la victoire est proche, qu’il faut être unis...), mais aussi d'une idée (propagande par le fait). Face à cela, les contre-terroristes tentent d’empêcher la contagion de la peur ou de la solidarité.

 

  • Le terrorisme s’apparente à un ésotérisme, voire à un comportement de secte, puisqu’il vit du secret. Ses ennemis, eux, prétendent toujours le démasquer.

 

  • Le terrorisme a une topologie : celle des réseaux. Ils dépendent à la fois de leur capacité de fonctionner malgré les tentatives d’interruption, et d’un environnement favorable (un sanctuaire par exemple). Contre lui, le contre-terrorisme cherche le contrôle du territoire.

 

  • Le terrorisme a une économie : il gère des ressources rares et tente de produire des plus-values considérables (plus-value publicitaire de l’action spectaculaire à moindres frais par exemple, ou encore gain dans la négociation). C’est cet enchaînement que tentent de freiner ses adversaires.

 

  • Le terrorisme ressort au symbolique. Il procède à une « escalade » puisqu’il prétend élargir la signification de ses cibles ou de ses demandes jusqu’à en faire des principes historiques, religieux, métaphysiques : la Tyrannie, le Mal, la Révolution... Dans le camp d’en face, on tente, au contraire, de réduire le terrorisme, notamment de le ramener à sa composante criminelle.

 

  • Le terrorisme est stratégique. Il suppose au total une stratégie de perturbation (qui vise à paralyser la volonté ou la capacité adverse) plus que de destruction ou de conquête. Cette stratégie impliquerait dans certains cas le concept paradoxal de « non victoire » (à supposer que son but soit uniquement d’affirmation identitaire ou de vengeance symbolique) Face à cela, il ne reste plus à son ennemi qu’à élaborer une stratégie d’annulation.

 

C’est pourquoi il ne peut être durablement vaincu ni comme le croient les cyniques (en supprimant les terroristes), ni comme le croient les naïfs (en créant un monde si juste qu’il n’y aura plus de cause au terrorisme). Mais l’art de remporter des victoires symboliques ne s’enseigne pas dans les écoles de police.

 

Quelques définitions du terrorisme

Larousse Terrorisme : n.m Ensemble d'actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité ou renverser le gouvernement établi."[LAROUS83]

 

Art. 421.1 du code pénal « Constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont (L n°96-647 du 22 Juillet 1996) « intentionnellement » en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur les actes suivants : les atteintes à la vie… les vols, les destructions, les dégradations et détériorations ainsi que les infractions en matière informatique…, la fabrication ou la détention de machines.421-2 constitue également…le fait d’introduire dans l’atmosphère…412-3 Constitue également…le fait de participer à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme mentionné aux articles précédents.

La Commission européenne, dans sa communication 522 définit comme terroristes treize infractions « lorsqu’elles visent à menacer et à porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques ou sociales d’un pays » puis ce texte fut modifié le 6 et 7 décembre 01 pour éviter d’y inclure les activités syndicales et manifestations antimondialisation

Les conventions de la Haye (1970) et de Montréal (1971) ou la convention européenne sur la répression de l’activité terroriste (1977) ne contiennent pas de définition propre de l’activité terroriste

La SDN élabora une convention internationale qui sera signée par vingt-cinq pays (sauf l'Italie et les États-Unis). Cette convention définit globalement les actes terroristes comme "des faits criminels dirigés contre un État et dont le but ou la nature est de provoquer la terreur chez des personnalités déterminées, des groupes de personnes ou la population" (article 2). Les signataires du texte dressent ainsi la liste détaillée des différentes formes de terrorisme : 1. Les faits intentionnellement dirigés contre la vie, l'intégrité corporelle, la santé ou la liberté: 1.des chefs d’États, des personnes qui exercent les prérogatives de chef État, de leurs successeurs héréditaires ou désignés; 2.des conjoints des personnes préalablement citées; 3.des personnes investies de fonctions ou de charges publiques lorsque le fait susmentionné a été commis en raison des fonctions ou des charges que ces personnes exercent. 1.Le fait de détruire ou d'endommager intentionnellement des biens publics ou destinés à une utilisation publique, qui appartiennent à un autre État signataire ou qui lui appartiennent en propre. 2.Le fait de mettre intentionnellement en danger des vies humaines afin de créer un danger commun. 3.La tentative de commettre des infractions prévues par les dispositions précédentes de cet article. 4.Le fait de fabriquer, de se procurer, de détenir ou de fournir des armes, des munitions, des produits explosifs ou des substances nocives en vue de l'exécution, dans n'importe quel pays, d'une infraction prévue par le présent article. [BONA94]

Agora (site universitaire canadien ) : »Le terrorisme a été défini comme le recours à la violence ou à la menace de la violence afin de semer la panique dans la société, d'affaiblir ou de renverser les autorités en place et de susciter des changements politiques. »

Encyclopedia universalis « La terreur est un état, une peur exacerbée, mais, depuis la Révolution française, c’est aussi un régime politique, voire un procédé de gouvernement, permettant au pouvoir en place de briser, à force de mesures extrêmes et d’effroi collectif, ceux qui lui résistent. Le terrorisme, quant à lui, s’il est d’abord action, n’en recouvre pas moins une notion voisine puisque, dépassant souvent le stade de l’initiative ponctuelle pour devenir une véritable stratégie, il postule l’emploi systématique de la violence, pour impressionner soit des individus afin d’en tirer profit, soit, plus généralement, des populations, soumises alors, dans un but politique, à un climat d’insécurité. Dans l’un et l’autre cas, il a pour caractéristique majeure de rechercher un impact psychologique, hors de proportion, comme le souligne Raymond Aron dans Paix et guerre entre les nations, avec les effets physiques produits et les moyens utilisés. »

Encyclopédie Hachette : « Le terrorisme désigne soit des actes violents – sabotages, attentats, assassinats, prises d'otages... – commis pour des motifs politiques par des individus isolés ou organisés, soit un régime de violence créé et utilisé par un gouvernement qui cherche à conserver le pouvoir face à des ennemis intérieurs ou extérieurs. »

Ganor Boaz (expert d’une Think Tank israélienne spécialisée) : « L’usage intentionnel ou la menace d’utiliser la violence contre des civils ou des cibles civiles, pour atteindre des buts politiques »

 

Petit Robert : « 1 Politique des années 1793-1794 en France 2 –(cour) Emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique (..) et spécialement ensemble des actes de violence, des attentats, des prises d’otage civils qu’une organisation politique commet pour impressionner un pays (le sien ou celui d’un autre) »

Jessica Stern « Acte ou menace de violence envers des non-combattants pour accomplir une vengeance, intimider ou exercer une influence sur un public. » (The ultimate terrorists)

 

DÉFINITIONS MADE IN USA

* FBI Definition Terrorism is the unlawful use of violence against persons or property to intimidate or coerce a government, the civilian population, or any segment thereof, in furtherance of political or social objective

* United States department of Defense (Code of Federal Regulations revised 2001) All criminals acts directed against a state and intended or calculated to create a state of terror in the mind of particular person or a group of persons or the general public

*United States Department of State (in Guardian May 7 2001) « Premeditated, politically motivated violence perpatrated against noncombattant targets by subnational groups or clandestine agents, usually intended to influence an audience * non combattants includes both civilian and militaru personnels who are unarmed or off duty at the time… « We also consider as acts of terrorisme attacks on military installations or on armed military personnel when a state of military hostilities does not not exist at the site, such as bombing of US bases

* USA Patriot Act (5) the terme « domestic terrorism » means activities that A involve acts dangerous to human life that are a violation of the criminal laws of the United States or any State (B) appears to be intended – (i) to intimidate or coerce civilian population- (ii) to influence the policy of a government by intimidation or coercion, or –(iii) to affect the conduct of a government by mass destruction assassination, or kidnaping ; and C) occurs primarly whithin the territorial jurisdiction of the United States

*Article 22 of the United States Code, Section 2656f(d). That statute contains the following definitions: The term "terrorism" means premeditated, politically motivated violence perpetrated against noncombatant/*/ targets by subnational groups or clandestine agents, usually intended to influence an audience. *The term "international terrorism" means terrorism involving citizens or the territory of more than one country. * The term "terrorist group" means any group practicing, or that has significant subgroups that practice, international terrorism

*State department : « politically motivated attack on non-combatant target »

*United States Department of Justice : Code of Fedral Regulations (Revised July 2001) Terrorism includes the unlawful use of violence agaisnt persons or propertiy to coerce a Governement, the civilian population, or any segment thereof, in furtherance of political or social objectives. (28 CFR Section O. 85 on Judicial Administration)

*Oxford English Dictionnary « Government by intimidation as carried out by the party in power in France during the Revolution... a policy intended to strike with terror those against whom it is adopted ; the emplyment of intimidation

*Webster The systematic use of terror especially as a mean of coercition »

Terrorism research Center (www.terrorism.com) : « Political terrorism is the systematic use of actual or threatened physical violence in he pursuit of a political objective, to create a general climate of public fear and destabilize society, and thus influence a population or government policy. Information terrorism is the nexus between criminal information system fraud or abuse, and the physical violence of terrorism. However, particularly in a legal sense, information terrorism can be the intentional abuse of a digital information system, network, or component toward an end that supports or facilitates a terrorist campaign or action. In this case, the system abuse would not necessarily result in direct violence against humans, although it may still incite fear. Most terrorism scholars, when defining "political terrorism," would include physical violence as a necessary component; thus, many acts of criminal computer abuse would not be considered terroristic, if they do not result in direct physical violence. However, scholars must face the fact that as technology’s implications broaden on society and politics, social and political definitions should likewise broaden to accommodate technology. The semantic vacuum of a universally accepted comprehensive definition leaves room for considering information system abuse as a possible new facet of terrorist activity »

              François-Bernard Huyghe

 

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  • Études polémologiques n° 37,47 et 49

 

François-Bernard Huyghe

Docteur d'État en Sciences Politiques et habilité à diriger des recherches en Sciences de l'Information et de la Communication, François-Bernard Huyghe, médiologue, enseigne au Celsa ainsi qu’à l’École de Guerre Économique. Ses principaux ouvrages sont des essais critiques sur les idées contemporaines (La Soft-idéologie , La langue de coton, Les Experts) mais aussi des travaux coécrits avec son épouse Edith sur les grands réseaux historiques de transmission. Derniers ouvrages :Histoire des secrets , Hazan 2000 et L’ennemi à l’ère numérique, Chaos, Information, Domination aux P.U.F. 2001.

Il anime l’Observatoire Européen d’Infostratégie, centre de recherche sur la guerre de l’information et l’infodominance

Infostrategique@paris.com









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