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De
fait, l’hégémonie américaine, ce que certains appellent aujourd’hui
son « imperium » est sans commune comparaison avec ce que l’histoire
a produit. Classiquement, un empire possède un Centre et une Périphérie,
se constitue par volonté politique (empire britannique), voire par défaut
(empire français), et fonde son pouvoir sur une vaste étendue par le biais
d’une hiérarchie d’Etats vassaux, de colonies, de protectorats. Tous
les empires s’appuyèrent sur une organisation supérieure, celle-ci
pouvant être de type civilisationnelle (Chine), citoyenne (Rome), militaire
(Rome, Macédoine, Mongols), voire parfois dans une inversion conquis -
conquérants, culturelle ou religieuse, mais jamais un empire ne recouvrait
la totalité de l’éventail. Or aujourd’hui, il est commun de penser que
les Etats-Unis exercent une puissance impériale grâce à la conjugaison d’une
organisation et d’une capacité supérieure, l’importance de ressources
technologiques, une suprématie économique et militaire, et une
séduction-référence sociétale (notion de Soft Power de Joseph Nye).
Si la démonstration est convaincante, elle omet au minimum que la
séduction sociétale et culturelle américaine est certes importante mais
extrêmement floue, contestable, et souvent contestée dans certaines aires
géographiques majeures. Surtout, elle confond l’attrait de la
civilisation américaine, et l’adhésion à ces valeurs. Quelques
autres comme Joseph Joffe comparent plus justement la stratégie américaine
à celle de Bismarck qui consistait à « être le moyeu de la
roue », c’est-à-dire le centre vers lequel gravitent tous les
rapports entres puissances, se rapprochant de la vision de honest broker
de H. Nitze.
Alors
que fleurissent dans tous les média nombres d’interventions pour
expliciter les risques liés à une attaque américaine en Irak, il nous
semble important de s’interroger non pas sur les risques d’une guerre en
Irak (la guerre aura lieu et le régime baasiste sera déposé), mais plus
justement sur le trait majeur et structurant de cette guerre
annoncée : la tentative de redéfinition géopolitique du désordre
mondial, et avant tout celui du Proche et Moyen-Orient, alors même que la
superpuissance américaine s’interroge avec raison mais dans une extrême
discrétion sur son avenir.
Le 11
septembre 2001 a profondément, et à nouveau, bouleversé la géopolitique
du monde arabo-musulman, brisant l’espace de l’islam qui reposait sur
une « homogénéité » (celle de la communauté des croyants)
qui n’existait déjà plus qu’en façade. Plus encore, d’autres
transformations de l’espace de l’islam sont à prévoir demain dans le
Golfe, en Arabie Saoudite, en Iran, en Irak, en Syrie et ailleurs.
En
réalité, la guerre contre le terrorisme telle qu’elle est définie
aujourd’hui par les Etats-Unis n’est pas une nouvelle stratégie mais
une reformulation d’évolutions plus anciennes. De fait, le 11 septembre
transforme l’équilibre stratégique mondial dans la mesure où il
contraint les Etats-Unis à redéfinir la menace et donc la stratégie
future de la première puissance mondiale. Le raisonnement vaut pour les
Chinois qui s’inscrivent cependant dans la durée propre à leur
civilisation ; les Russes dans une vision strictement comportementale,
et dans une moindre perception pour l’Union Européenne, alors même que
le Proche et Moyen-Orient constitue notre frontière, celle d’une Union à
25. Plus important, cette reformulation stratégique transforme Al-Qaïda en
un …concept !
La
nouvelle doctrine américaine est un vaste «patchwork» de décisions
géostratégiques dont une part a été prise avant le 11 septembre 20013.
En ce sens, elle est donc susceptible de changements brusques. Surtout, elle
permet le déploiement de la force (de frappe notamment) américaine n’importe
où dans le monde. Il s’agit donc là aussi d’une réponse à la
mondialisation, d’autant plus que les Etats-Unis se posent comme une
puissance ouvertement affranchie de la dissuasion nucléaire qui ne
constitue plus qu’un volet de leur stratégie de défense (initiative,
action, offensive, …). Dans ce cadre, aujourd’hui et plus encore demain,
les acteurs locaux, régionaux, pour disposer d’une marge de manœuvre,
devront s’intégrer dans la « partition » américaine, y compris et
surtout au sein du Proche et Moyen-Orient.
Néanmoins,
avec le 11 septembre, les Etats-Unis s’engagent dans un mouvement global
de géopolitique qui semblait inimaginable pour la politique étrangère
américaine telle que définie par le candidat Bush. La France et beaucoup d’autres
pays comme nombres experts n’ont pas pris la dimension réelle de la
destruction des Twin Towers. Sans nul doute, la meilleure analyse (mais
aussi la plus « brute ») est celle du Pearl-Harbor en terme de
séisme politique y compris dans la réponse américaine, et y compris dans
la découverte du « Chef ». Ce dernier va donc devoir reprendre
pleinement un rôle qu’il n’avait jamais envisagé mais qu’il joue
étonnamment bien : celui de gendarme du monde, mais dans des espaces
étroitement définis et choisis pour leur faisabilité.
Les
Etats-Unis n’entendent pas eux-mêmes détenir un empire, mais plus
précisément générer et gérer des alliances, traités, coalitions et
allégeances, pouvant être remises en cause, élargies ou restreintes en
fonction des circonstances4. C’est alors plus le concept
« d’Hégemon » qui est mis en œuvre. Pragmatiques, les
Etats-Unis ne se sentent pas investis d’une véritable mission mondiale,
mais plus concrètement d’une volonté de domination marchande (l’inspiration
première est celle du « marché » qui n’est pas exclusivement
compris comme économique) car ce sont avant tout de fabuleux opportunistes.
En somme, une forme de nationalisme de type impérial : leur politique
étrangère vise essentiellement à asseoir et pérenniser leur hégémon
(Zbigniew Brzezinski parle « d’hégémonie bienveillante des
Etats-Unis »), tout en empêchant l’apparition de concurrents
potentiels. Dés lors, les Etats-Unis ont besoin d’assurer leur
« prise » sur le monde en affrontant des « micro »
puissances qui permettent l’affirmation mondiale de la puissance
américaine. Plus encore, il s’agit pour les Etats-Unis en refusant toute
norme internationale pouvant restreindre la liberté d’action américaine
(le mandat se doit d’être d’abord américain, ensuite si nécessaire,
international, c’est-à-dire issu d’instances de régulation régionales
ou onusien) d’imposer au monde, sous le vocable exprimé déjà
sous le mandat de Bill Clinton : Shaping the world (façonner le
monde). Pour eux, il s’agit donc aujourd’hui et avant tout de façonner
et stabiliser durablement un « équilibre » impérial (à
vocation économique). La principale raison en est qu’ils se doivent de
gérer leur puissance, sa mise en concurrence et sa réduction dans un monde
qu’ils ne contrôlent pas. Leur puissance est en effet menacée. Les
Etats-Unis ont peur de l’isolement, d’un isolement planétaire qui
fragilise leur puissance5. Ils se doivent donc de réduire leur
fragilité stratégique par une régionalisation de la planète. La
politique étrangère américaine n’est donc pas réellement mondiale,
mais multi-régionale.
Les
Etats-Unis visent donc à maximaliser leur puissance afin de se maintenir en
position absolue de sécurité et de tenter de conserver ce trait majeur de
leur politique qu’est le Self-Help (« chacun pour
soi »), alors même que leur rapport à l’ennemi n’était pas
celui d’une prise à revers ou d’un contact, mais celui d’une
projection (y compris de forces) au sein d’un environnement global d’intérêts.
Pour autant, les engagements et surtout les intérêts américains, sont
aujourd’hui trop importants quantitativement et qualitativement pour qu’ils
puissent être tous défendus par les seuls Etats-Unis d’Amérique (35%
des soldats d’active américains sont aujourd’hui déployés hors du
territoire américain). Le système militaire américain n’a pas la taille
requise pour contrôler et maîtriser « l’Empire ». La
puissance militaire américaine, c’est d’abord et avant tout aujourd’hui
une formidable puissance aéronavale (en y incluant la dimension spatiale),
et certainement pas une puissance militaire terrestre, ce qui était une
nouveauté au regard de la notion historique d’Empire. Néanmoins, l’Us
Army est devenue un vecteur aéroterrestre projetable sur la planète
entière, tandis que l’introduction des technologies de l’information
devrait en décupler les capacités face à des actions qui jusqu’alors ne
s’inscrivaient pas dans la durée. Il est donc intéressant de constater
aujourd’hui au travers des différentes opérations militaires en cours et
en préparation, que les Etats-Unis vont précisément devenir aussi un
Hegemon en matière de forces terrestres, à l’instar de l’Angleterre
victorienne.
De
là aussi une triple impérieuse nécessité. D’abord celle de la
démonstration de cette puissance militaire américaine sur de petites
puissances permettant la valorisation de la toute puissance américaine face
aux puissances potentielles (Russie, Chine, Union Européenne, Inde, …).
Ensuite, celle du renforcement constant de la course aux armements afin d’annihiler
toute volonté de ces prétendants. Dans cette démarche s’inscrit aussi
pour les pays vassaux le versement d’un tribut à la puissance
protectrice par l’achat d’armements (Corée du Sud et Pologne étant
deux exemples récents). Enfin, troisième et dernière impérieuse
nécessité, celle du recours aux « auxiliaires », car pour
défendre ces intérêts américains dispersés à l’échelle du globe
dans une logique de multiplications d’autant de situations régionales,
les Etats-Unis devront obligatoirement s’appuyer sur le soutien d’alliés
(vassaux), essentiellement occidentaux (les pays de l’Union Européenne,
Grande-Bretagne et France principalement), mais aussi parfois, alliés de la
zone Pacifique (Australie, Japon, …) par le biais de solidarités (notamment
au sein d’instances de régulation régionale).
La
place future de l’OTAN s’inscrit dans ce devenir-interrogation. La
transformation des forces en des structures plus réactives et ramassées,
transformera l’Alliance Atlantique en un réservoir de forces permettant
la constitution « ad-hoc » de coalitions militaire au profit des
intérêts américains. La logique militaire américaine sera de garder le
monopole de l’organisation logistique, de renseignement, de commandement
et de contrôle afin d’assurer la suprématie de ces forces de projection
et occasionnellement de celles de ces auxiliaires. Mais surtout ils
conserveront le contrôle de la capacité d’action de ces mêmes
auxiliaires en leur attribuant notamment des tâches militaires sélectives,
tout en répartissant à l’échelle de la planète, par zone d’espace-temps,
les degrés de violence tolérés et hiérarchisés (ciblés ? ) dans
une définition à la fois du désordre au regard de leurs intérêts et de
règles d’engagement dans l’action militaire des supplétifs. La pensée
militaire américaine est d’abord et avant tout utilitaire.
Voilà
l’essentiel des raisons qui nous font dire que les Etats-Unis dominent,
mais ne contrôlent pas pour autant ; la puissance américaine (voire
la « méga » ou « l’hyper » puissance), malgré
des fondements (technologiques, économiques, militaires…) bien concrets
semble s’être construite par défaut, c’est-à-dire par l’absence,
stupéfiante au regard de l’histoire, d’un ou de contre-pouvoirs6.
Plus judicieusement, le constat d’une puissance impérial américaine par
défaut car de facto et non comme projet délibéré permet de s’interroger
sur les intérêts de la domination. Si ces derniers reposent sur l’application
des principes séculaires de la politique américaine : Liberté
(individuelle, d’entreprendre et de commercer), prospérité, sécurité
(individuelle et de prospérité), alors il y aura désordre quand ces
principes seront menacés.
Moins
puissance dominante que puissance référente, les Etats-Unis se
doivent de définir une nouvelle posture stratégique : celle d’équilibrer
les forces.
La
conception du monde que les Etats-Unis veulent voir s’affirmer sera celle
de l’universalisation de la « démocratie » qui ne sera viable
que dans une approche auto-adaptative culturelle et la généralisation des
échanges commerciaux devant conduire non à l’universalisation de la
consommation de masse, mais à sa régionalisation planétaire.
Certes,
la référence sera toujours américaine en terme de
« modernité » politique. Pour autant, l’homogénéité du
monde par le biais d’une logique dominante devrait conduire à l’hétérogénéité
des forces, acteurs et actants, dans un mode de désintégration puis de
ghettoïsation (ethnique, religieuse, sociale, identitaire, …). En fait, l’apparente
homogénéisation idéologique du monde n’engendrera pas l’intégration,
mais l’hétérogénéité des populations qui devrait aboutir à un
développement du communautarisme, aux rejets identitaires, aux clivages
sociaux et à une instabilité violente. La « modernisation » et
la mondialisation génèreront des sentiments de frustration et d’aliénation
conduisant à des crises identitaires auxquelles la religion pourra
répondre, tandis que certaines régions où la religion est moins présente
ou moins susceptible d’être une doctrine d’emploi de la violence, il
semble logique que des idéologies transnationales ou a-nationales s’y
substituent avec une représentation comparable.
Nous
pouvons imaginer, que la violence politique se développera comme un
« enfer rationnel », la puissance aveugle, ou l’hyperpuissance,
particulièrement américaine, ayant fait basculer le monde en dehors de la
puissance (dans le terrorisme ?), c’est-à-dire dans autre chose que
la puissance, encore mal défini aujourd’hui mais de plus en plus
éloigné de la démocratie. Nous assisterons à la constitution de réseaux
de type Al-Qaïda, liés ou pas à des Etats, qui se réuniront sur la base
de l’anti-mondialisation. La contestation de la mondialisation, de la
globalisation est donc devenue désormais une réelle menace stratégique.
Dans
ce contexte, le rôle des Etats-Unis sera primordial. Ils assumeront
durablement la charge de façonner la configuration mondiale de la
globalisation alors même que la convergence des valeurs a disparu. L’homogénéisation
sera hégémonique et les Etats-Unis adopteront une posture qui devrait
tourner autour de quatre axiomes primordiaux : maintenir un ordre
économique basé sur le libre-échange ; museler au pire, vassaliser
au mieux, toutes autres puissances régionales ; équilibrer,
remodeler, reconstruire et répartir en fonction de leurs intérêts le
pouvoir ; coordonner toutes actions conjointes.
Les
Etats-Unis, puissance dominante et puissance hégémonique ne laisseront
donc à court et moyen terme aucune autre puissance devenir dominante sur un
théâtre d’opérations. Le « nouvel » ordre international
pour les années de transition à venir, aura alors deux caractéristiques
majeures : il sera sous tutelle ou leadership américain ; il sera
restreint aux zones de puissance et d’intérêts américains. De fait, les
Etats-Unis ont une stratégie cohérente limitée à des intérêts, à des
lobbies, qui cadrent une vision. Ce n’est pas l’isolationnisme, ce n’est
pas l’impérialisme absolu décrié, c’est autre chose ; une
troisième voie visant à obtenir la capacité d’intervenir partout, à
tout moment, sans contrainte, (donnant naissance au qualificatif de « super-Etat
voyou »7) mais dans des limites étroites d’engagements,
par eux-mêmes déterminés. De là la constitution d’une vision et d’un
nouveau droit à l’intervention unilatéraliste du type anti-asymétrie
(contre le terrorisme, la prolifération, …), dans une redéfinition
pré-coloniale, ou plus exactement, pré-protectorale8. Or, nous
assisterons à l’accentuation du désordre politique mondial et à l’accroissement
des tensions, car les Etats-Unis se sont focalisés sur un espace
géopolitique et, possédant une vision et ayant identifié un ennemi qu’ils
pensent savoir mesurer, ils ont la satisfaction du possible, à
savoir la réalisation d’un conflit plutôt dissymétrique.
Le
Proche et Moyen-Orient est aujourd’hui le seul espace mondial (à l’exception
de certaines zones du continent africain) qui depuis 1945 n’a connu ni
développement économique, ni social, ni politique. Pire aux yeux des
américains, depuis cette date, il s’agit d’un espace particulièrement
ambivalent car les gouvernements (non démocratiques au demeurant) alliés
des Etats-Unis ne « jouent » pas pour autant franc-jeu et
soutiennent des « ennemis » objectifs des Etats-Unis et de leurs
intérêts. Face à cela, il convient dorénavant de découper, morceler,
remodeler et reconstruire durablement cet espace au profit de la puissance
dominante. Et ce en s’attaquant d’abord à la pierre angulaire de l’édifice
moyen-oriental qu’est l’Irak (et derrière l’Iran, ancien empire
perse, vers la Caspienne ? ).
Or,
comme les Etats-Unis cherchent ouvertement à renverser le régime Baasiste,
les opérations militaires se concentreront très vite autour des villes et
centres de gravité et particulièrement de Bagdad (repli des divisions
blindées de la Garde Républicaine irakienne Medina et Hammourabi autour de
la capitale), ainsi que des éléments de la Garde Républicaine spéciale.
Pour
Bagdad, la survie du régime est en cause, c’est l’objet de cette guerre
(ce qui ne l’était pas de la guerre du Golfe). De là le renforcement de
la cohésion au sein du clan Saddam (clan Beijat) qui contrôle la très
grande majorité des officiers supérieurs de la garde Républicaine. De là
encore, l’importance prise par Qusai, fils de Saddam, (va-t-il lui
succéder en ces temps troubles afin de préserver l’avenir du père9 ?).
De là aussi l’appel à des formes diverses de « résistance »
(fatwas, appels aux communitarismes, …). De là aussi, tactiquement, la
fortification des villes (augmentation de la résistance tactique, risques
de pertes civiles lors des frappes, possibilités d’infliger des pertes à
l’adversaire, mise en place et utilisation d’un plan média, …)10.
Pour
les vainqueurs, il ne s’agira pas d’instaurer partout une démocratie à
l’occidentale, mais plus prosaïquement de l’auto-adapter aux us et
coutumes locaux et de mettre fin aux dictatures en instaurant des
gouvernements hybrides ; et là n’est pas le moindre des paradoxes
actuels que le premier pays visé soit justement l’un de ceux qui s’appuient
sur le refus d’un islamisme politique. L’Irak et Saddam Hussein, c’est
aussi le rappel à tous les gouvernements du monde arabe qu’ils ne sont
pas démocratiques, donc qu’ils ne sont pas, aux yeux des américains,
légitimes. Ils n’ont pas leur place dans le Proche et Moyen-Orient du
XXIéme siècle, tel que inscrit dans la vision stratégique américaine. Ce
qui à terme de ne sera pas sans répercutions sur Israël qui est
« fort » tant qu’il est entouré de régimes à la fois
hostiles et illégitimes. Et, après le Proche et Moyen-Orient, suivant le
nouveau paradigme qui se met en place, les Etats-Unis peuvent viser un
nouvel adversaire (ennemi ? ).
Pour
autant, les Etats-Unis ne seraient-ils pas aussi le « fou » d’Epictète
qui estime que les événements se doivent d’arriver comme il les a
pensé ?
Les
pertes de repères sont évidentes. Nous entrons véritablement dans le
flou, d’autant plus que les Etats-Unis, qui possèdent aujourd’hui une
véritable vision stratégique, reconnaissent aussi que celle-ci surimpose
à ce flou un épais brouillard stratégique.
Paris,
le 21/01/2003
Ludovic
WOETS Consultant en Prospective Géostratégique
Woets.ludovic@wanadoo.fr
Historien
de formation, consultant en Géostratégie et Prospective Stratégique.
Ludovic WOETS exerce depuis 1995 des fonctions de consultant auprès du
Ministère de la Défense ainsi que pour plusieurs groupes industriels
internationaux et des sociétés du secteur de l’armement. Il est l’auteur
de différents articles de Prospective Géostratégique ainsi que de d’un
ouvrage : La Défense en Europe et prépare pour la fin de 2003
un ouvrage sur la géopolitique mondiale.
Notes
:
1 -
Ronald STEEL. The End of Alliance. America and the future of Europe.
New-York. 1964. Edition Dell. P 23.
2 -
STRAUSZ-HOPE. The Balance of Tomorow. Edition Orbis. Volume 36.
3 -
Quadriennal Defense Review, Nuclear Posture Review, Defense
Planning Guidance, ou encore le discours de Citadel du président Bush
en 1999.
4 -
« C’est la mission qui détermine la coalition et nous ne
permettrons pas à des coalitions de déterminer la mission » Donald
Rumsfeld, Secrétaire d’Etat américain à la Défense. Face the Nation.
CBS le 23 septembre 2001.
5 -
Le Général Frère propose avec justesse la notion de puissance Hautaine et
Autiste, induisant l’isolement.
6 -
Ce qui devrait être mis en relation avec les capacités militaires en
diminution au sein de l’Union Européenne.
7 -
Samuel HUNTINGTON. In revue Foreign Affairs. Mars-avril 1999.
8 -
La vision américaine n’est pas uniquement dictée par des intérêts,
mais aussi par des valeurs morales et civilisationnelles qui leur sont
propres.
9 -
Des négociations ont eut lieu entre Saddam, le Vatican et la Russie, qui
visaient à permettre à Saddam Hussein de quitter le pouvoir en Irak pour
un exil en Russie.
10 -
De là aussi l’article des généraux américains Jones et Shinseki.
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