A propos
  Legal
  Add site
  Contact
  Secret (help)

 Votre
 utilisation
 de ce site
 constitue votre
 acceptation
 de ses
 Conditions
 d'utilisation


 Copyright ©
 1997-2011
 Tous droits
 réservés,
 All rights
 reserved

 Certifié IDDN

     iddnpt_ani.gif (1077 octets)


 
Sites liés
  jpmiginiac.com




















 Le réseau
 des sites
 amis

 Une Galerie
 Del Nogier
 2si-medical
 CCI
 Bibliofractale


Essential open sources, essential informations
Geopolitical, Economic, Security & Technology Affairs

                        Conditions d'utilisation

 AccueilGéopolitique / Réflexions stratégiques / Mise à jour 10/11/04





  Réflexions stratégiques,
  Strategic thinks 



Le Proche-Orient Apres Arafat 

Par Nadim Mallat-Lopez
Avocat, spécialiste en Affaires Militaires
Sentinelion_nml@hotmail.com
10 Novembre 2004

Le monde retient son souffle… Arafat s’apprête à rendre son dernier soupir.

Pendant plus de quarante ans le leader palestinien a symbolisé la lutte de tout un peuple, voire toute une région, contre l’occupant israélien. Quarante années de combats dans plusieurs pays du Moyen-Orient, une confrontation quasi quotidienne de Jordanie à Tunis et de Beyrouth en Palestine.

Arafat se meurt sans avoir désigné de successeur, laissant derrière lui un héritage politique certain (quoique controversé) mais pas d’héritier. Et la lutte pour la succession pourrait ne pas se limiter aux territoires palestiniens, mais s’étendre aussi aux pays limitrophes à Israël.

Les territoires autonomes sont sous haute surveillance israélienne à la veille d’un (probable) embrasement politique provoqué par la mort du Raïs.

Israël risque de payer le prix pour une situation qu’il a contribué à créer. A savoir l’affaiblissement de l’autorité palestinienne au profit de groupes plus radicaux.

Yasser Arafat, malgré ses erreurs passées et sa « disqualification politique» par les israéliens et les USA, restait malgré tout un interlocuteur « modéré », jouissant, qu’on le veuille ou non, d’une reconnaissance internationale de fait. En le confinant depuis plus de trois ans dans son QG, en détruisant systématiquement son infrastructure politique, Israël a contribué au renforcement des groupes radicaux palestiniens, tel le Hamas et le Jihad Islamique.

 

Avec la mort d’Arafat, Israël sera, au meilleur des cas, obligé d’attendre l’émergence d’une autorité politique émanant de l’ancienne garde du Raïs, et, au pire des cas, se retrouver sans interlocuteur.

La première hypothèse prendra du temps à se concrétiser. Car toutes les forces politiques voudraient recevoir leur part du gâteau. Des luttes fratricides ne sont pas à écarter.

Si un leader issu de l’ancienne garde du Rais était à même d’émerger, il ne jouira pas de la légitimité de son prédécesseur, mais aura au moins l’avantage de dépasser le blocage personnel né de la haine réciproque que Sharon et Arafat avaient l’un pour l’autre.

Dans le cas contraire, si la question de la succession n’est pas réglée immédiatement, c’est une ère d’instabilité chronique qui s’installera. Avec un risque de voir les groupes radicaux instaurer une autorité politique et sécuritaire de fait. Le pouvoir légal en place étant trop faible pour les contrôler. Le résultat serait une société palestinienne en lutte contre elle-même.

Un autre scénario consisterait à voir un groupe radical (le Hamas et/ou le Jihad Islamique en l’occurrence) prendre le contrôle de des territoires palestiniens, ce qui la disqualifierait immédiatement aux yeux de la communauté internationale. Ce scénario est l’idéal pour Israël car ce genre de situation légitimerait toute action répressive menée à l’intérieur des territoires. Le mur de la honte serait justifié de facto, ainsi que toute répression politique et militaire contre les militants palestiniens. Certains responsables israéliens préconisaient depuis longtemps cette solution en assassinant Yasser Arafat.

L’autre hypothèse serait de voir la fin de l’autorité palestinienne. Car aucun de ses cadres ne jouit d’une légitimité politique et populaire. La seule personne qui semblait pouvoir incarner cette unité des rangs était Marwan Barghouti. Ce dernier purgeant actuellement une peine de prison à perpétuité.

Cette dernière hypothèse risque d’avoir pour conséquence deux situations.

Soit cette instabilité perdure, soit la victoire est rapidement remportée par un des acteurs de la vie politique palestinienne.

Si aucun vainqueur ne réussit à se dégager dans l’après Arafat, le chaos qui s’installerait serait à la fois insupportable pour Israël et les palestiniens.

Israël (et la communauté internationale) qui n’aurait pas d’interlocuteur défini, et pas d’ennemi clairement exposé politiquement et militairement ; tandis que les palestiniens ne jouiraient plus d’aucune reconnaissance internationale, car sans leadership, tout en subissant les affres d’une « quasi-guerre civile ».

Dans la deuxième hypothèse, au cas ou la victoire est remportée par l’un des deux camps, ce ne serait plus l’autorité palestinienne de Yasser Arafat qui reviendrait. Un nouveau leadership verrait le jour.

Soit ce sont les pontes « modérés » qui remportent la partie, soit ce sont les mouvements radicaux qui réussissent à prendre le contrôle. Si ce sont les premiers qui arrivent au pouvoir, c’est une autorité politique affaiblie qui prendrait les rênes, ayant pour seule préoccupation d’assurer sa survie. C’est un retour à la case départ pour les palestiniens et les israéliens. Ces derniers seraient obligés à traiter avec un semblant d’autorité politique palestinienne handicapée, tout en faisant face aux menaces terroristes des groupements radicaux (totalement incontrôlés). Tout serait à reconstruire.

Dans le cas contraire, si le Hamas par exemple, réussissait à prendre le contrôle de l’autorité palestinienne, c’est une ère de violence qui verrait le jour.

Toutefois, ces groupes paramilitaires pourraient être amenés à ne pas trop s’exposer politiquement et militairement en oeuvrant de manière classique. A savoir, la structure et le mode fonctionnement du Hamas et du Jihad Islamique ne sont pas traditionnels. Ces mouvements travaillent de façon clandestine, sans avoir une hiérarchie que l’on puisse qualifier « d’étatique ».

Toutefois, il est fort peu probable que les mouvements radicaux veuillent prendre ce risque. Ce serait une faute stratégique grave.

Il est à parier que des alliances seront faites avec des personnes plus acceptables politiquement. Le Hamas et/ou le Jihad Islamique leur apportant un support politique et populaire contre certains avantages administratifs et sécuritaires (de toutes manières, pour ces deux formations, la lutte ne passe pas par une reconnaissance politique venant d’un pays dont ils n’admettent pas l’existence – Israël -, ni par une légitimation de la part une communauté internationale,- pour eux - acquise aux USA). Donc, ça sera un compromis interne. Boiteux, mais un compromis quand même. Mais tout dépendra de la réaction et de la vision du gouvernement israélien. Ce qui serait bien pour ce dernier, serait d’avoir les coudées franches. Et cela passe (idéalement) par une montée en puissance des radicaux islamistes. Tous les abus seraient de cette façon possibles, et… encouragés.

 

Mais le chaos risque de s’étendre de même à d’autre pays de la région. Notamment le Liban où la présence de camps de réfugiés palestiniens n’est pas de nature à calmer le jeu. Surtout en ce moment, ou le Liban et la Syrie font l'objet de pressions internationales accrues.


En effet les effectifs des SR libanais et syriens autour et dans les camps palestiniens libanais ont été quasiment doublés depuis l’hospitalisation d’Arafat, et l'Armée libanaise mise en état d'alerte élevée. Ces deux états craignent un embrasement des camps au cas ou le Raïs venait à mourir. Les luttes entre factions rivales risquent d'avoir lieu de façon violente, avec la possibilité qu'elles s'étendent à l'extérieur des camps. Cette situation pourrait contraindre les libanais et les syriens à intervenir de façon musclée si elle n'était pas totalement contrôlée.

Or l'existence (concomitante) de la résolution 1559 de l’ONU imposant le désarmement des camps palestiniens est une épée de Damoclès pouvant obliger « de facto » à ce que ce désarmement soit fait, sans que les parties concernées ne soient préparées à cela.

Une autre crainte des deux pays est de voir d'autres formations armées sur le territoire libanais emboîter le pas à ce mouvement d'«insurrection », et ce, en éliminant leurs adversaires politiques. D’autant plus que la résolution 1559 impose de même à ce que ces mêmes groupes paramilitaires soient désarmés. La crainte de ces derniers d’être les prochains sur la liste, si les camps palestiniens devraient être désarmés, pourrait les contraindre à se « protéger » de façon radicale.

Or, l’incidence de cette situation ne se répercuterait pas seulement sur le terrain sécuritaire interne, mais aussi au niveau de la politique internationale, et ce en mettant en avant la résolution 1559 :

a. L'occupation syrienne du Liban est une nuisance, et non pas un facteur de stabilité. Ce pays doit retirer ses forces du pays des cèdres.

b. Des camps palestiniens surarmés sont un danger. Leur désarmement est une nécessité absolue. La 1559 doit être appliquée sans délais.

c. Les milices armées doivent remettre leurs armes et intégrer la vie politique du pays. Le Hezbollah en premier.

d. La « lutte » contre Israël est terminée vu que le Liban a récupéré tout son territoire. Le contentieux sur les hameaux de Chébaa doit être résolu de façon diplomatique.
 
Tous les scénarios sont actuellement étudiés par les SR libanais et syriens. Le vide politique qui sera crée par la disparition de Yasser Arafat doit être contenu par tous les moyens. Même par des assassinats ciblés.

Autant dire que la mort du Rais risquerait de faire des victimes collatérales dans les pays voisins de l'Autorité Palestinienne.

 

Toutefois, une chose est sûre dans cette partie de l’histoire ; Ariel Sharon n’a pas réussi à venir à bout de son ennemi historique. La victoire lui a été enlevée par la grande faucheuse.

En d’autres termes, dans cette guerre entre ces deux anciens frères ennemis, c’est… Match nul !

 

Nadim Mallat-Lopez












L'actualité presse & web
Internationale International
Française French
par thème by topic
par pays by country
par secteur by sector

L'actualité en vidéo

Internationale International
Afrique  Amériques  Moyen-Orient

et nos dossiers d'information pays
and our country information topics


Les analyses de Strategic-Road.com, Strategic-Road.com analysis

Analysis 16/07/11 new 
Compte-rendu du salon Euronaval 2010
par Jean-Claude Bessez


Analysis 07/05/11
La mort d’Ossama Ben Laden, ou un magistral coup de billard à trois bandes
par Jean-Philippe Miginiac


Analysis 02/06/10
Dérives vers le chaos
par Jean-Philippe Miginiac