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 AccueilGéopolitique / Réflexions stratégiques / Mise à jour 12/10/03





  Réflexions stratégiques,
  Strategic thinks 



Mondialisation

Complexité-risques

 

Par R.VERBRAKELE


Depuis la fin de la bipolarisation du contexte international, on assiste à une mise en évidence d'un processus de transition.

La recherche d'un nouvel ordre mondial fait peser sur les relations internationales le spectre de la complexité.

De la géopolitique à la géoéconomie, la mondialisation des échanges économico-financiers nous invite à poser un diagnostic global de l'état du monde.

De fait, les conflits jusqu'ici à dominante symétrique ou dissymétrique et dont la résolution était du domaine des seuls états ,change de visage ! Asymétrie, infostratégie ,guerre économique ,instabilités politiques et identitaires sont au cœur des conflits.

Pourquoi?

Les enjeux qui jusqu’ici ne concernaient que les acteurs principaux des systèmes, ont par la mondialisation mis en charge des acteurs non médiatiques qui ont tendance à résister aux changements qui les éloignent de leurs propres normes.

La pédagogie mondialiste n’a pas eu lieu auprès des acteurs de rangs inférieurs, par conséquent, ces acteurs se mobilisent.

La vision géopolitique des conflits n'est plus la seule possible.

L'état n'est plus l'unique garant de ses intérêts et d'autres promoteurs de richesse voient le jour.

Ces richesses sont financières, idéologiques, ethniques ou sociale.

La sécurité, la sûreté, la guerre économique sont des concepts dont ont besoin les entités financières et industrielles qu'elles soient issues de l'économie traditionnelle ou criminelle.

Les conflits ne sont pas privatisés car un conflit n'est pas un service public, par contre leurs résolutions sont de plus en plus à la charge de compagnies privées.

Les interrelations et parfois les interdépendances des économies traditionnelles et criminelles ,la préservation du secret bancaire, la politisation des ONG , l'immigration économique ou politique, la remise en question des agences de notations , la partialité des analystes financiers, l’irresponsabilité des dirigeants des pays sous développés et non démocratique ne permettent pas de rendre visible les dangers qui guettent.

Ceci rend de plus en plus difficile la prise de décision stratégique, les services de renseignements qui sont les yeux et les oreilles des états se trouvent discrédités au point que la contre-information et la désinformation servi par les médias prennent le pas sur la communication de la politique internationale.

Le ministre de l'information irakien n'était, à posteriori, pas plus ridicule que Colin Powel devant l'ONU.

Bush a-t-il menti sur les causes de la guerre en Irak (2002/200…)?

La réalité est que les faucons ont utilisé comme vecteur médiatique leurs services de renseignement.

La propagande d'état aurait-elle laissé place à la fabrication hégémonique de l'opinion publique internationale?

La fracture Nord/Sud prend de plus en plus racine dans les pays démocratiques afin de rendre locale des revendications extérieures aux pays et aux contextes internationaux.

Les pays développés semblent être les seuls responsables de la dérives des pays monocratiques (dictatures , mafia , théocratie).

Mais la démocratie et son processus historique ne peut s’imposer spontanément à des formes ancestrales d’organisations.

Pour cette raison ,l’auto-détermination fait-elle loi ? mais surtout correspond-elle à l’idéal économique des pays industrialisés ?

 

Quels sont les risques?

La liste en forme de bilan qui fait suite n’est pas exhaustive et tend à faire émerger des modèles récurrents.

  • Collusion entre économie traditionnelle et criminelle donc risque de préserver les intérêts criminels et de contribuer à la corruption.
  • Différenciation entre les intérêts d'états et des multinationales avec le risque d'avoir une divergence d'objectifs stratégiques même pour les pays démocratiques et ainsi voir des forces spéciales privée face aux forces spéciales d'états.
  • Externalisation de la sécurité Þ dérive déontologique , éthique et organisationnelle.
  • Ambivalence médiatique face à l'opinion publique du type : les terroristes du 11 septembre sont en majorité saoudiens mais l'Arabie saoudite est un état ami.
  • La montée du communautarisme dans les pays démocratiques et la contradiction des règles sociales allant jusqu'à la désintégration de la cellule individuelle et collective Þ montée des extrêmes et des comportements limites.
  • Une intégration des conflits extérieurs à l'intérieur même des états Þ dégradation de la cohésion sociale.
  • Collusion des extrêmes
  • Le risque d'une vision globale dans un monde qui revendique ses multiples identités avec pour conséquences l'affrontement.
  • Une stagnation ou une dégradation de la position nord/sud que l'on retrouve au travers des états par la dégradation de la mobilité sociale Þ radicalisation des mouvements les représentants.
  • Développer une hiérarchie dans les relations internationales.
  • S'orienter vers une finalité indépendante des stratégies communes Þ dérives
  • Non maîtrise des variations du système monde par la transformation de ses organisations (ONU ,OMC ,TPI etc..)
  • Une économie mettant en péril et de façon irréversible des ressources naturelles ou un écosystèmes entraînant des migrations de population sédentaire ou vers l’appauvrissement progressif.
  • Risque technologique, risque sanitaire.
  • Des phénomènes différents qui évoluent en même temps et multiplient ainsi les risques.
  • Préférer l'efficacité à la performance globale.
  • Voir des pays en émergence démocratique ne pas trouver la voie de l'autodétermination Þ montées des extrêmes.
  • Voir des journalistes jouer le rôle des services de renseignements avec un traitement médiatique de l'information .(une information peut avoir plusieurs traitements)
  • Gérer l'immigration comme un appoint à la démographie des pays industrialisés.(traitement mécanique)
  • Accumuler les problèmes ayant les mêmes causes en traitant uniquement les conséquences.
  • Garder unilatéralement une approche cartésienne des projets plutôt que de leurs donner des objectifs.
  • Des groupes politiques déracinés s’intégrant à des organisations opposantes aux pays d'accueils, assimilant et cristallisant des masses revendicatives internes.
  • Croire qu'une puissance hégémonique soit la seule représentation d'un monde unipolaire.
  • Croire qu'un ordre mondial basé sur une multipolarité soit forcément la réponse à une approche globale des crises.
  • Un système démocratique dont la minorité conduirait la majorité du fait de la médiatisation.
  • Des multinationales exprimant des idéologies religieuses.
  • Comme il y a le blanchiment de l'argent sale, il pourrait y avoir le noircissement de l'argent propre. ( cf: juge Bruguière).
  • Faire le choix que le terrorisme n'est qu'une seule cause et refuser l'agrégation.
  • Ne pas investir dans l'économie des pays sous développés est un risque.
  • Fermer les yeux sur la non prise en compte globale du terrorisme (réglementation des cargos, réglementation des ONG, mouvement sociaux ,transports de masse , terrorisme social)
  • Considérer que le terrorisme ne peut se vaincre que de façon militaire ou policier, l'infostratégie et les opérations psychologiques civiles sont aussi des armes utiles.
  • Laisser se développer un contre-pouvoir avec lequel on a pas une démarche préventive de la négociation
  • Oublier qu'il existe une diplomatie de l'action et pas seulement une action diplomatique.
  • Penser que le concept de "zéro mort" en cas de conflits existe (conflits de plus en plus en milieu urbain ou semi-urbain donc avec population civile)
  • Oublier qu'il peut y avoir un service civil dans les cas d'une professionnalisation de l'armée.
  • Croire qu'il n'existe pas de péréquation à l'échelle internationale.
  • Croire que les crises internationales sont des feux à éteindre ,ne pas tenir compte de leurs pouvoirs structurants et refuser le retour d'expériences.
  • Ne pas faire pression sur les pays d'où vient l'immigration économique et politique pour une immigration raisonnée.
  • Croire que l'intervention des pays riches pour le maintien de la paix correspond à un néo-colonialisme.
  • Voir privatiser les valeurs universelles et considérer que le combat pour ces valeurs doit se faire uniquement des démocraties vers les démocraties.
  • Une approche du risque statistique donc après coup.
  • Refuser la valeur qualitative du risque.
  • Refuser la dualité du raisonnement : quel problème ?/quel projet ?
  • Continuer la guerre des services de renseignements (nationale ou transnationales)
  • Aboutir à une résolution des conflits à la carte plutôt que partagés.(une approche partagée se soustrait ainsi à l'intérêt des états et évite la vision post-coloniale Þ ici le post-colonialisme doit être vu comme un prolongement du colonialisme et non comme un néo-colonialisme)

 

En conclusion :

Actuellement ,la grande majorité des risques à pour origine une irréversibilité dû à la non prise en compte de la complexité.

La résolution historique des risques présents nous plonge dans un abîme d’incompréhensions non adapté à l’anticipation.

La vision présente et historique d’un contexte n’est pas la solution à l’approche préventive du risque.

Le raisonnement durable ne peut être global qu’à condition de voir le principe de précaution évoluer vers une pérennisation des biens faits.

Aujourd’hui ,ce principe de précaution qui est un simple écart comptable entre les avantages et les risques financiers n’est pas compatible avec un raisonnement durable apporté par la complexité.

La vision technico-économique de notre futur doit être temporisée et raisonnée par une approche pragmatique de l’adaptation homme/contexte.

La conceptualisation et la théorisation ne tenant pas compte du principe de la complexité sont par leurs rigidités structurelles, amenées à augmenter le flou de notre perception et ainsi concentrer les facteurs de risques.

Le risque fera ainsi place à la rupture et la prévention à la résolution des conflits.

Comment pouvons nous résoudre ce duo contraction/dilatation ? dont la fréquence de passage de l’un à l’autre est de plus en plus rapide et dont la fusion est un échec du présent face au passé.

En effet ,la mise en place de plus en plus nombreuse de cellule de crise en tout genre est le signe d’un manque d’adaptation.

Est-ce la conséquence du conflit entre l’homme machine et la nature de l’homme ?

ENFIN , LE RISQUE DU « RESPONSABLE MAIS PAS COUPABLE » RESTE D’ACTUALITE TANT QUE L’APPROCHE SIMPLISTE DE CERTAINE ELITE PERMET DE MAINTENIR UN POUVOIR DANS UNE FRACTURE BIPOLAIRE (nord/sud, est/ouest, bien/mal etc.)

L’ACTION TRANSVERSALE DEPASSE LA POLITIQUE INTERNATIONALE CAR ELLE NE FRAGMENTE PAS LES POUVOIRS ET PERMET UNE ADAPTATION RAPIDE A SON ENVIRONNEMENT.

UNE NOUVELLE FORME D’ACTIVISME PEUT AINSI PRENDRE NAISSANCE.

LES « FLASH MOBS » POLITIQUE VONT-ILS VOIR LE JOUR !!!?

 

R.VERBRAKELE 30/09/2003












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