|
En premier lieu, on retrouve les même acteurs procédant à la définition du
problème (généralement les USA).Donc imposant une rationalité qui tend à
rendre déterministe la résolution du ou des problèmes.
La dualité du questionnement : quel problème? pour quel projet? se trouve
amputée de toute dynamique du fait de la limitation du cadre presque normatif
qui conduit ce conflit.
En second lieu, on a laissé s'écouler le temps séquentiel sans jamais prendre
en compte la récursivité du temps.
Un plan succède à un autre plan sans aucun retour d'expérience affiché.
Pourtant ,les choses ont changé.
Aujourd'hui Arafat n'est plus le seul décideur politique du mouvement
palestinien, les forces armées radicales commencent à parler d'une seule voix
et dans le même sens.(bon ou mauvais, l'unité est importante pour la prise en
compte de ces mouvements, on évite ainsi la complexité du système).
Une fracture existe entre le représentant nouvellement élu du gouvernement
Palestinien (Abu Masen) et les activistes radicaux de la branche armée (Fatah,
Jihad ,HAMAS ,Martyrs d'al aqsa..)
Le but aujourd'hui est de
réduire cette fracture et d'organiser le rapprochement des groupes armées vers
le nouveau pouvoir politique.
Pour cela ,ce dernier doit avoir une vraie légitimité internationale.
La démarche consiste à ce que les branches armées viennent vers ce nouveau
pouvoir et non à ce que ce nouveau pouvoir aille vers les branches armées.
Il y a réellement une rupture stratégique qu'il faut saisir pour ne pas
retomber sur le cas de figure où le pouvoir politique et l'armée Palestinienne
ne faisait qu'un.
Pourquoi ne pas prendre
ce délai de trois mois de trêve pour essayer de négocier ces conditions et
profiter de la première priorité: ne plus avoir d'attentats contre Israël ?
C'est une réelle mise à l'épreuve pour les mouvements armées et découvrir
durant ces trois mois, si il y a une réelle volonté d'en finir.
L'erreur serait de
vouloir précipiter la démarche de planification de la feuille de route en
voulant obtenir les finalités avant les priorités où l'on désire les effets
avant de résoudre les causes!!
Les causes en sont, une
feuille de route statique avec un parcours négocié à priori.
Dans ces conditions ,le parcours de cette feuille de route ne peut être que
soumis à de nombreuses embûches qu'il faudrait négocier sur le chemin (de
manière itérative).
On pourrait ainsi obtenir pour une fois un effet structurant sur les esprits en
traitant les crises par définition imprévues sur le chemin de la feuille de
route.
Et ne pas, comme par le passé laisser les crises devenir conflits car on suit
la planification du plan de paix.
Ceci oblige à une écoute permanente des différents acteurs à la table des
négociations .Cette écoute est malheureusement dirigé vers des objectifs et
pas sur les éléments de la négociation.
On obtient ainsi un écart entre la finalité du projet et la gestion du projet
qui occasionne une dérive stratégique, donc une finalité non désirée.
La première priorité
étant l'arrêt des attentats en Israël ,il est important que les
représentants politiques des groupes armées soient présents dans les
discussions.
On ne peut demandé pour le moment au nouveau responsable du gouvernement
palestinien d'être le représentant de combattants ( certes actifs et dangereux
) alors que ces derniers ont beaucoup de mal à le légitimer.
Il serait utile
d'utiliser certains concepts de psychologie sociale (du style soumission
volontaire) pour parvenir à inverser la tendance de fuite en avant des
négociateurs des deux côtés.
D'autant plus, qu'à certaines conditions on peut faire valoir d'autres
conditions.
Il est certes difficile
de concevoir que l'on puisse mettre des conditions à l'arrêt de la terreur.
Mais il est essentiel que les attitudes changent afin d'opposer des priorités
aux valeurs.
Ce sont les faits et l'expérience qui font les valeurs puis l'attitude et le
comportement dans les négociations.
Par conséquent, c'est bien la vie qui rend compte d'un processus d'acquisition
des valeurs.
Il serait dommage de croire que des valeurs spontanées ou imposées soient
viables et seraient la source de solutions aux priorités.
Enfin l'hégémonie
américaine ne peut être la solution aux conflits identitaires dans un ordre
mondiale qui est écartelé entre une vision unipolaire hégémonique et une
vision qui se veut multipolaire.
Comme on le voit, une alternative au maître d'œuvre est ouverte (les USA).
L'union Européenne à elle aussi une chance à saisir via l'ONU dans se conflit
à condition qu'elle laisse de côté ses complexes historiques.
Saisissons cette chance de dialogue et de processus de changement qui s'ouvre
pour le bien de tous.
En conclusion, pour
sortir de cette impasse rétroactive récurrente, il est nécessaire d'avoir une
démarche stratégique avec ses contraintes et ses opportunités.
L'analyse des moyens de chaque camp et la mise en perspective proactive des
indices de crise contribueront au passage du présent vers le futur.
Sans cette démarche prospective basée sur la refonte des valeurs passées et
les possibilités d'action de chacun, on ne pourra pas sortir de cette ornière
qui nous refuse l'analyse des atouts et moyens mobilisables pour l'avenir.
N'oublions pas que nous sommes la cause mais aussi la solutions aux problèmes.
WAIT AND SEE but
NEGOCIATE.
R.Verbrakele 06/2003
|