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 AccueilGéopolitique / Réflexions stratégiques / Mise à jour 10/07/03





  Réflexions stratégiques,
  Strategic thinks 








Conflit Israélo-Palestinien
Attitude versus projet

Par R.Verbrakele

Cet article ne tient pas compte de l'historique de ce conflit, pourquoi?
Car nous sommes à la croisée des chemins, une rupture stratégique est apparu depuis quelques temps et elle peut être appuyée par une résolution dynamique de ce conflit.
De nouvelles bases peuvent être construites et ainsi contribuer à la résolution d'un conflit qui persiste dans ses failles.
De nouveaux acteurs, un contexte international qui a changé.
L'objet de cet article est né à une date récente (le 29 juin 2003) et tant à démontrer que l'histoire n'est pas le projet donc que le passé n'est pas l'avenir.

Depuis plusieurs décennies ce conflit ne trouve pas de solutions.
En effet, une multitude de plan se sont succédés sous la direction des Etats unis avec leurs alliés du moment.

Les acteurs sont pourtant connus de longue date et restent d'une homogénéité monolithique dramatique pour la résolution de ce conflit.
Pourtant ,quels sont les désirs des populations Israélienne et Palestinienne?
L'approche statique des différends, demeure une des carences en matière de prise de décision.
Le risque s'est transformé en fait et les attitudes se sont nourris de valeurs dont la rationalité n'arrive plus à venir à bout.
Les finalités des feuilles de route prennent le pas sur les priorités.
Pourquoi?

En premier lieu, on retrouve les même acteurs procédant à la définition du problème (généralement les USA).Donc imposant une rationalité qui tend à rendre déterministe la résolution du ou des problèmes.
La dualité du questionnement : quel problème? pour quel projet? se trouve amputée de toute dynamique du fait de la limitation du cadre presque normatif qui conduit ce conflit.
En second lieu, on a laissé s'écouler le temps séquentiel sans jamais prendre en compte la récursivité du temps.
Un plan succède à un autre plan sans aucun retour d'expérience affiché.
Pourtant ,les choses ont changé.
Aujourd'hui Arafat n'est plus le seul décideur politique du mouvement palestinien, les forces armées radicales commencent à parler d'une seule voix et dans le même sens.(bon ou mauvais, l'unité est importante pour la prise en compte de ces mouvements, on évite ainsi la complexité du système).
Une fracture existe entre le représentant nouvellement élu du gouvernement Palestinien (Abu Masen) et les activistes radicaux de la branche armée (Fatah, Jihad ,HAMAS ,Martyrs d'al aqsa..)

Le but aujourd'hui est de réduire cette fracture et d'organiser le rapprochement des groupes armées vers le nouveau pouvoir politique.
Pour cela ,ce dernier doit avoir une vraie légitimité internationale.
La démarche consiste à ce que les branches armées viennent vers ce nouveau pouvoir et non à ce que ce nouveau pouvoir aille vers les branches armées.
Il y a réellement une rupture stratégique qu'il faut saisir pour ne pas retomber sur le cas de figure où le pouvoir politique et l'armée Palestinienne ne faisait qu'un.

Pourquoi ne pas prendre ce délai de trois mois de trêve pour essayer de négocier ces conditions et profiter de la première priorité: ne plus avoir d'attentats contre Israël ?
C'est une réelle mise à l'épreuve pour les mouvements armées et découvrir durant ces trois mois, si il y a une réelle volonté d'en finir.

L'erreur serait de vouloir précipiter la démarche de planification de la feuille de route en voulant obtenir les finalités avant les priorités où l'on désire les effets avant de résoudre les causes!!

Les causes en sont, une feuille de route statique avec un parcours négocié à priori.
Dans ces conditions ,le parcours de cette feuille de route ne peut être que soumis à de nombreuses embûches qu'il faudrait négocier sur le chemin (de manière itérative).
On pourrait ainsi obtenir pour une fois un effet structurant sur les esprits en traitant les crises par définition imprévues sur le chemin de la feuille de route.
Et ne pas, comme par le passé laisser les crises devenir conflits car on suit la planification du plan de paix.
Ceci oblige à une écoute permanente des différents acteurs à la table des négociations .Cette écoute est malheureusement dirigé vers des objectifs et pas sur les éléments de la négociation.
On obtient ainsi un écart entre la finalité du projet et la gestion du projet qui occasionne une dérive stratégique, donc une finalité non désirée.

La première priorité étant l'arrêt des attentats en Israël ,il est important que les représentants politiques des groupes armées soient présents dans les discussions.
On ne peut demandé pour le moment au nouveau responsable du gouvernement palestinien d'être le représentant de combattants ( certes actifs et dangereux ) alors que ces derniers ont beaucoup de mal à le légitimer.

Il serait utile d'utiliser certains concepts de psychologie sociale (du style soumission volontaire) pour parvenir à inverser la tendance de fuite en avant des négociateurs des deux côtés.
D'autant plus, qu'à certaines conditions on peut faire valoir d'autres conditions.

Il est certes difficile de concevoir que l'on puisse mettre des conditions à l'arrêt de la terreur.
Mais il est essentiel que les attitudes changent afin d'opposer des priorités aux valeurs.
Ce sont les faits et l'expérience qui font les valeurs puis l'attitude et le comportement dans les négociations.
Par conséquent, c'est bien la vie qui rend compte d'un processus d'acquisition des valeurs.
Il serait dommage de croire que des valeurs spontanées ou imposées soient viables et seraient la source de solutions aux priorités.

Enfin l'hégémonie américaine ne peut être la solution aux conflits identitaires dans un ordre mondiale qui est écartelé entre une vision unipolaire hégémonique et une vision qui se veut multipolaire.
Comme on le voit, une alternative au maître d'œuvre est ouverte (les USA).
L'union Européenne à elle aussi une chance à saisir via l'ONU dans se conflit à condition qu'elle laisse de côté ses complexes historiques.
Saisissons cette chance de dialogue et de processus de changement qui s'ouvre pour le bien de tous.

En conclusion, pour sortir de cette impasse rétroactive récurrente, il est nécessaire d'avoir une démarche stratégique avec ses contraintes et ses opportunités.
L'analyse des moyens de chaque camp et la mise en perspective proactive des indices de crise contribueront au passage du présent vers le futur.
Sans cette démarche prospective basée sur la refonte des valeurs passées et les possibilités d'action de chacun, on ne pourra pas sortir de cette ornière qui nous refuse l'analyse des atouts et moyens mobilisables pour l'avenir.
N'oublions pas que nous sommes la cause mais aussi la solutions aux problèmes.

WAIT AND SEE but NEGOCIATE.


R.Verbrakele 06/2003









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