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Tout
autant, il convient aussi de se projeter plus en avant, dans la constitution
d’un nouvel ordre. Il est fort probable que nous verrons se constituer un
nouveau droit à l’intervention unilatéraliste3
du type anti-asymétrie (contre le terrorisme, la prolifération, …), dans
une redéfinition pré-coloniale, ou plus exactement, pré-protectorale. En
ce sens, le projet américain de défense antimissile se transforme en un
instrument de stratégie offensive, octroyant aux Etats-Unis toute liberté
d’attaque, en étant le complément indispensable de la projection de
forces militaires car permettant de porter immédiatement la bataille sur le
territoire ennemi. Le « bouclier » antimissile permet donc l’imposition
d’un ordre (américain) dans toutes les zones concernées par les
intérêts américains, et ce, face à des puissances régionales qui
chercheraient à s’y opposer. Pour autant ce nouveau droit à l’intervention
unilatéraliste risque de sombrer dans une glorification de l’hyperpuissance
qui nourrirait à nouveau les frustrations de « l’autre
monde ». Les pertes de repères sont évidentes. De même, concernant
la riposte. Quelle riposte serait-on tenté de dire, étant donné
l'extraordinaire violence (et « brillance ») du coup
porté . Quelle riposte possible lorsque la forme de violence choisie
par les auteurs de ces attentats anonymes ferme tout champ d’entente,
toute compromission politique, et interdit toute reconnaissance politique
de l’Autre. De plus, l’agresseur n’est plus un Etat identifiable dans
l’espace, mais une nébuleuse transnationale terroriste, organisée en
réseaux. C’est la guerre du déséquilibre ou la puissance devient
faiblesse, et la faiblesse puissance. C’est la dissymétrie de la
simplicité face à la haute technicité. C’est une guerre sans riposte
aisée, puisqu’en l’absence d’un espace géopolitique agresseur
clairement identifiable et localisable, il n’y a pas véritablement de
possibilités de frappes de représailles dans le schéma classique du droit
à la sanction contre l’agresseur.
Comment
combattre (et, en avant, contrôler) des groupes terroristes fanatiques
transfrontaliers disposant de moyens financiers considérables, ayant accès
à des armes diverses, des plus simples et rustiques aux plus sophistiquées
(y compris des armes de terreur et de destruction massive), s’abritant
dans un ou des Etats (effondrés, dévalués, ou simplement compromis) mais
sans réelle façade étatique ? Contre qui combattre ? Contre Ben
Laden et ses réseaux ? Contre le terrorisme en général ? Contre
les Etats qui soutiennent les groupes terroristes ? Contre tous les
Etats que les Etats-Unis définissent comme « voyous » ?
Contre tous, dans la logique de « vous êtes avec la civilisation ou
avec les terroristes4 » ?
Pour
autant, et peut-être pour la première fois, les Américains semblent avoir
mis en place une réelle stratégie globale (au sens français du terme) de
résolution du problème. La réussite de leur entreprise, c’est-à-dire
le démantèlement du terrorisme islamiste, ou, dans une moindre mesure, le
démantèlement du réseau Al-Qaeda serait une victoire qui conditionnerait
l’avenir de cette forme de conflictualité. Toutefois, nous devons être
conscients qu’il ne sera pas possible d’éradiquer le terrorisme
islamique, car, pendant encore des décennies, la frustration alimentera son
recrutement, d’autant plus qu’une renaissance de la civilisation
musulmane, pour souhaiter qu’elle fut par certaines élites, semble encore
improbable. Les attentats du 11 septembre 2001 appelle donc bien plus qu’une
simple riposte militaire ; une véritable et nouvelle politique globale
post guerre (entendez, post-guerre du 11 septembre).
En
réalité, les attentats redessinent la carte géopolitique du monde. Il est
même possible d’affirmer que derrière les principes mis en avant, les
Etats redécouvrent partiellement la géopolitique. Toute première
modification, le basculement de la Russie. Le président russe s’est rendu
indispensable dans cette guerre au terrorisme, négociant son influence, qui
devrait s’agrandir. Pour Moscou, il s’agit d’abord de reprendre pied
en Asie centrale pour démanteler certaines bases arrière du terrorisme
Tchétchène et justifier leur guerre sur ce territoire. Poutine a ainsi
profité de son ralliement à la « guerre antiterroriste » du
président Bush pour faire démettre le président Ingouche Rouslan Aouchev,
qui était le seul chef d’une République de la Fédération de Russie à
s’être opposé à la guerre en Tchétchénie. Par ailleurs, la guerre en
Tchétchénie redouble d’intensité. Mais aussi, il s’agit pour Poutine
de confirmer un rapprochement amorcé avant le 11 septembre et amplifié
depuis, au point de sacrifier le traité ABM pour bénéficier d’un
soutien de l’étranger au profit de ses impératifs intérieurs, notamment
les promesses faites aux militaires (retraites, soldes, …), une
redéfinition du rôle de l’OTAN et de l’Union Européenne, un soutien
à l’entrée de la Russie dans l’OMC qui permettrait un renforcement des
exportations russes donc de l’économie russe en la libéralisant tout en
favorisant un rétablissement de l’autorité de l’Etat. A cela s’ajoute
des visées géopolitiques, particulièrement en Asie centrale et au
Moyen-Orient, notamment en fonction de ses intérêts pétroliers. Surtout,
pour Poutine, si les Russes se considèrent toujours comme un grand peuple,
il y a bel et bien une perte irrémédiable du statut de grande puissance.
De là, une seule stratégie possible pour la Russie : celle de la
survie, c’est-à-dire ne pas restaurer un statut de grande puissance, mais
stopper la dégradation qui se poursuit5.
La
Chine constitue, ensuite, une autre modification d’importance. Certes, les
premières manifestations à Pékin lors de l’effondrement des Twin Towers
furent de joie car perçues comme « la rançon de la politique
américaine ». Pour autant, dés le lendemain du 11 septembre, Jiang
Zemin affirmait au président américain le soutien de son pays contre le
« terrorisme international ». Pour la Chine, il s’agit de
profiter de l’occasion pour renforcer sa tutelle sur les Ouïgours, dont
le mouvement nationaliste qui combat la domination Han au Xinjiang est
considéré comme une « force terroriste dont le but est de faire
éclater la Chine » (déclaration de Jiang Zemin), et de lancer des
offensives diplomatiques sur la question de Taiwan, notamment lors de la
conférence de l’APEC à Shanghai. De même, elle vieille à ses
investissements au Kazakhstan. Tout autant, la crise entre l’Inde et le
Pakistan, permet à la Chine de renouer un étroit contact avec le Pakistan
et de rompre un tête à tête trop américain. En réalité, la Chine,
confrontée à une contradiction dogmatique entre sa volonté d’affirmer
sa « puissance stratégique » vis-à-vis de l’Occident (de
là, une politique nationaliste visant à recouvrer les frontières de l’Empire
des Qing qui se résume en un slogan couramment repris : « la
Chine peut dire non ! ») et la nécessité de développer son
économie par le biais de bonnes et étroites relations commerciales avec ce
dernier (notamment la recherche du renouvellement de la clause de la nation
la plus favorisée) ; se retrouve « bloquée » sur ses
marges par les différentes avancées américaines, qu’elle veut définir
provisoire. De là, une volonté évidente de redéfinir une
« offre » chinoise globale (la Pax sinisa face à la Pax
americana), en reprenant position en Asie du Sud face aux mouvements
américains et à leurs récentes prises de position stratégiques, alors
même que le rapprochement Poutine-Bush hypothèque le partenariat
stratégique noué avec la Russie6.
Quant
à l’Union Européenne et à l’OTAN, non seulement l’Alliance
Atlantique se voit dessiner un nouvel avenir, mais plus important, la
politique européenne de défense et de sécurité semble être aujourd’hui
relancée. En réalité, la réaction européenne fut cacophonique. En
effet, la solidarité des 15 pays de l’Union se trouve confrontée à l’épreuve
des faits qui distinguent ceux qui agissent (Grande-Bretagne, puis la
France), de ceux qui se cantonnent dans le « déclamatoire »
(notamment, l’Allemagne qui propose des troupes spécialisés sous
réserve d’un accord du Parlement), et de ceux qui,
« neutres », se félicitent d’être dans une Union Européenne
qui ne possèdent pas de capacité « guerrière ». Cacophonie
encore renforcée par un « jeu personnel » de chaque pays
vis-à-vis des Etats-Unis et de la situation internationale. Là encore, ni
solidarité européenne, ni position commune. De fait, il aurait fallu (et
il conviendrait encore) que l’Union Européenne se situe, c’est-à-dire
définisse une position précise (critique ou non). Dès lors, l’Amérique
s’est donc trouvée en partie « isolée », obtenant
politiquement une coalition large, mais militairement réduite (mais ont-ils
besoin de soutien en ce domaine ? ). Il est vrai aussi, à contrario,
que si les attentats ont induit l’invocation, pour la première fois, de l’article
5, l’Alliance a pour autant été marginalisé dans la conduite, le
développement et le déroulement de la riposte.
De
fait, les Etats-Unis n’ont pas découvert la concertation, leur riposte a
été unilatérale. (Ont-ils eut conscience qu’y associer les Européens
aurait compliquer leur tâche ?) Il semble même qu’ils profiteront
de l’opportunité pour mieux contrôler, non seulement l’Europe, mais
aussi et surtout, l’Eurasie. De là, les positions américaines (qui ne
sont pas récentes) de l’élargissement de l’OTAN et le « nouveau
concept » d’avril 1999, l’engagement dans les Balkans, le désir
de voir la Turquie dans l’Union Européenne, l’intérêt politique pour
les questions Caucasiennes et un certain retrait du Moyen-Orient, ou la loi
« de la stratégie de la route de la soie » votée par le
Congrès américain en 1999. En ce sens s’inscrivent les déclarations du
Président Bush en juin 2001 à Varsovie, proposant l’extension de l’OTAN
et de l’Union Européenne jusqu’à la Baltique et la Mer Noire, et
transformant (au final) l’OTAN en une organisation de sécurité
paneuropéenne dominée par les Etats-Unis, et donc, confortant l’Hégémon
américain. Surpuissants, conduisant cette nouvelle
« guerre mondiale » sans avoir réellement besoin d’aide,
les Etats-Unis vont s’appliquer à faire coïncider les
« mouvements » de cette guerre à leurs stricts intérêts
nationaux. Plus encore, la nouvelle vision américaine7
qui vise à créer « un nouveau contexte géopolitique
décisif », restreint l’Europe à un simple pôle économique, la
Russie à un statut de puissance régionale « encerclée »,
condamnée à rompre avec son imperium et à se démocratiser ; la
Chine devenant alors, la seule puissance stratégique pour les Etats-Unis, d’autant
plus facilement qu’elle ne constitue pas une puissance globale, et qu’elle
connaît d’importants risques internes. De fait, les indices de
polarisation en Chine sont aujourd’hui importants (entre ceux qui ont et
ceux qui n’ont pas, ceux qui sont et ceux qui ne sont pas, …) et peuvent
provoquer une implosion. Les mouvements de revendications sont souterrains.
Pour le moment, ces différents soulèvements restent circonscris à une
usine, un village, à un échelon local, évitant toute collusion, car
au-delà la répression du pouvoir est immédiate. Mais, s’il y a une
lutte importante pour le pouvoir entre différentes factions (et, il y a
aujourd’hui un problème de succession), l’histoire de la Chine nous
apprend que le mécontentement social sera utilisé avec violence.
Enfin,
il convient de noter que la géopolitique du monde arabo-musulman s’en
trouve à nouveau fortement bouleversée, brisant durablement l’espace de
l’islam qui reposait sur une « homogénéité » (celle de la
communauté des croyants) qui n’existait déjà plus qu’en façade. Plus
encore, d’autres transformations de l’espace de l’islam sont à
craindre demain, en Iran, en Irak, et ailleurs. Et, lorsque de tels pays
« bougent », d’autres se voient « bousculés »,
tel le Japon8, l’Arabie Saoudite, l’Inde, et
surtout le Pakistan. Ainsi, qui de l’Inde (conflit avec le Pakistan sur la
question du Cachemire mais aussi source de rivalité avec la Chine) ou du
Pakistan sortira renforcé de cette guerre ? Si l’Inde, devrait, à
juste titre, apparaître comme le pays véritablement stable de cette zone
sud asiatique, le Pakistan constitue l’un des pivots et carte majeure de l’offensive
américaine.
Le
Pakistan est en effet contraint à un « jeu » radical : le
président général Pervez Moucharraf, qui a pris le pouvoir par un coup d’état
militaire en 1999, ne renonce pas à la vision stratégique de son pays
concernant l’Afghanistan, pays à la fois profondeur stratégique et foyer
de réseaux radicaux islamistes pour la guerre au Cachemire9.
Il « accepte » à court terme l’alliance avec les Etats-Unis
(« il est clair que les Etats-Unis vont agir, (…) la confrontation
aura lieu » déclare-t-il à la BBC) pour reprendre la main à long
terme par la préservation à Kaboul d’un gouvernement pachtoun et
islamique. Pourquoi ? D’abord parce que le Pakistan est un pays
exsangue avec une dette extérieure qui atteint 38 milliards de dollars et
qui contraint le pays a consacré plus de 50 % de son budget au service de
la dette. Ensuite, parce que le Pakistan ne peut se permettre de
« perdre » sa profondeur stratégique sauf à régler le
problème du Cachemire. Il existe donc un lien étroit et profond entre l’Afghanistan
et le Cachemire, et les Etats-Unis ne pourront solutionner la guerre en
Afghanistan sans régler le conflit au Cachemire. Surtout, la solidarité
ethnique est très largement transfrontalière, quelle soit pachtoune,
ouzbek ou kirghize.
« Pour
moi, je le confesse, ce sont les pièces d’un échiquier sur lequel se
joue un jeu pour la domination du monde » disait Lord Curzon, vice-roi
des Indes britanniques en 1898, à propos de l’Asie centrale. L’Afghanistan,
carrefour stratégique de cette partie du monde et, depuis très longtemps,
théâtre de ce « grand jeu », est une mosaïque ethnique :
au sud, les Pachtounes, regroupant 44% de la population en deux familles,
les Ghilzaï et les Durranis, dirigent le pays depuis le XVIIIe siècle. Au
nord, les Tadjiks, représentant 26% de la population, sont plus nombreux qu’au
Tadjikistan qui en comptent « seulement » 3,2 millions. On
trouve à l’ouest, les Hazaras chiites (8%) iranophones et au nord,
les Ouzbeks (6%) turcophones. Enfin quelques autres ethnies plus
minoritaires, comme les Aïmaks et les Baloutches, complètent cette
mosaïque. Or, ce sont les solidarités ethniques qui dessinent les
alliances. Dés lors, tout pourrait se radicaliser dans un affrontement
ethnique général, remettant en cause les frontières de toute la zone, et
pouvant aboutir au démembrement pur et simple de l’Afghanistan, et
débordant sur la région centre asiatique dans son ensemble.
Depuis
l’effacement russe de cette région, le Pakistan vise à faire de l’Afghanistan
sa profondeur stratégique face à la pression de l’Inde sur sa frontière
orientale. L’Iran entend consolider une solidarité persanophone, et la
Russie ambitionne de revenir vers les mers chaudes comme de surveiller cet
« étranger proche » par le biais des Ouzbeks. A ce panaorama
régional, s’ajoute le jeu trouble de certains intérêts américains,
tout particulièrement énergétiques. Or, pour les Américains, l’Asie
centrale est aussi l’interface de l’Eurasie (de l’Atlantique à la
Sibérie orientale) et du Grand Moyen-Orient (de la Méditerranée à l’Asie),
dans une vision d’expansion géostratégique des normes et intérêts
américains. Dés lors, les Etats-Unis visent-ils à une pacification, ou
plus probablement à une sécurisation ? Autre
problématique : comment évolueront-les relations avec l’Arabie
Saoudite ? Les liens entre Ben Laden, et une fraction de la classe
dirigeante de ce pays sont étroits ; pour autant, les intérêts
pétroliers sont tellement forts qu’ils ne pourront être remis dans l’immédiat
en cause, faute d’existence d’un autre pays de cette envergure dans la
région10.
Les
Etats-Unis ont donc immédiatement accompagné leur déploiement militaire d’une
recherche de légitimité. Certes l’ampleur de l’acte terroriste la leur
a conféré, l’enjeu consistant à capitaliser sur cette légitimité et
à ne pas la perdre. Légitimité politique (actions diplomatiques visant la
Chine, la Russie, l’ensemble des pays européens, le Pakistan, l’ensemble
des pays musulmans, …), légitimité juridique (en demandant l’appui de
l’ONU et la mise en application de l’article 5 de l’OTAN11),
légitimité militaire de leurs frappes de rétorsion, légitimité
médiatique auprès des opinions publiques. Parallèlement,
ils déployaient leurs moyens militaires à travers la planète :
SEALS et unités de Rangers au Pakistan, forces de montagne de la 10e
Mountain Division de Fort Drum en Ouzbékistan, et, plus discrètement,
forces spéciales au Japon pour un embarquement sur le Kitty Hawk.
Simultanément, les Américains demandaient l’aide de certains de leurs
alliés ; la France, notamment, déployait sur zone, dés le 28
septembre dans une extrême discrétion, des spécialistes du renseignement.
Alors
que l’on croyait les Etats-Unis revenir à leur splendide isolement et ne
plus s’occuper des affaires du monde, les Etats-Unis sont entrés en
Politique, à l’instar de leur Président : « s'étant
découverts orphelins, ce choc les a rendu au monde !12 ».
De fait, les Etats-Unis doivent mettre un terme à l’unilatéralisme qui
caractérise nombres de leurs décisions politiques. Or, notamment pour
régler le problème afghan, les Etats-Unis devront régler celui du
Cachemire (le jeu Inde/Pakistan/Chine, redevient majeur), c’est-à-dire
opérer un revirement total par rapport à leur politique de ne pas s’impliquer
dans les affaires périphériques où leur intérêt national immédiat n’est
pas en jeu. Ainsi, lors de sa visite à Islamabad le 15 octobre dernier, le
secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, a présenté la question du
Cachemire comme centrale. Ces déclarations ont provoqué un raidissement
indien, d’autant plus immédiat que le mouvement Jaish-e-Mohammed, basé
au Pakistan, avait perpétré un attentat à Srinagar le 1er
octobre, faisant 38 morts. Les risques d’escalade, de débordement
violent, voire d’attaque préventive indienne sur certains camps
islamistes au Pakistan sont aujourd’hui réels.
Il
est tout autant important d’envisager la perspective de cette guerre sous
l’angle de la légitimité dans un contexte stratégico-politique - il n’y
a pas de légitimité sans intérêts, sauf à sombrer dans les messages
obscurs -, car cet affrontement de deux volontés vise à reconstruire un
réseau d’acteurs légitimes. Pour une large part, cet affrontement
repose sur la notion de représentation, conception immatérielle du conflit
(ce qui ce passe dans la tête). En faisant (et en déclarant) la
guerre, Ben Laden cherche à démontrer l’illégitimité de la situation
et des règles en vigueur, et ce selon trois niveaux : civil-interne
(remise en cause de lois et de valeurs, mise en exergue d’autres lois dans
une définition de la capacité à s’unir), national (revendication
ethnique, multiculturelle et historique), mondial (mise en cause
quasi idéologique du Bien contre le Mal). De plus, ne possédant aucun
relais réel dans les « masses » musulmanes, Ben Laden recherche
leur soulèvement par une surenchère (de là aussi, le rejet et la
condamnation des attentats par les principaux leaders des mouvements
intégristes musulmans, à l’instar des Frères Musulmans, qui redoutent
une surenchère qu’ils ne contrôleraient pas). Nous assistons donc,
avant tout, à un conflit de légitimité politique, à une guerre des
idées et des valeurs, visant à produire de nouvelles légitimités qui
justifient leur combat (dans la prévention du terrorisme, il
conviendrait, d’abord et avant tout, de repolitiser la reconnaissance de l’Autre).
Le
quotidien Asaki Shimbua, a publié récemment une série d’article,
dont notamment une interview du philosophe japonais Yujiro Nakamura, qui
insiste sur l’aveuglement du monde occidental (y compris japonais) à
reconnaître (et connaître) la diversité. « La civilisation de la
science et de la technologie poursuit la lumière et prétend repousser l’ombre ?
Pour le pire et le meilleur, elle oublie la part d’ombre qui existe aussi
en tout être (…) La culture américaine par exemple a toujours glorifié
la santé physique et mentale et dédaigné ce qui se dissimule dans l’ombre
de la nature humaine : les faiblesses et les manques (…) Une telle
civilisation véhicule une vision unidimensionnelle du monde qui évacue la
sensibilité aux abîmes d’ombre que d’autres hommes portent en eux.
Croyant naïvement que leur bonne volonté suffit et que leurs valeurs sont
justes, les Américains les imposent aux autres et se sentent trahis quand
ils sont repoussés13 ».
De
plus, « le sens que chacun des protagonistes donne à « sa
guerre » crée une véritable « guerre du sens »
confrontation de légitimités qui encadre et justifie la confrontation par
les armes14 ». Sens de la guerre et
guerre du sens. Guerre des idées, et nouvelle guerre des images et des
mots. Au point que l’équipe gouvernementale américaine, face aux
discours de Ben Laden, a mis en place une cellule « d’information de
la coalition », et demandé à Christopher Ross, ancien ambassadeur en
Syrie et en Algérie, de répondre en arabe à ces discours. Le point
culminant de cet affrontement des mots et des images est certainement la
nomination de la publicitaire Charlotte Beers comme sous-secrétaire d’Etat
pour les affaires publiques et chargée de « la bataille des
images ». Nous sommes dans le domaine des perceptions, des images et
des symboles ; notamment, celles que possède de lui-même le peuple
américain. Le choix des objectifs, le mode d’action – semblable à
celui des arts martiaux qui utilisent la force de l’adversaire pour mieux
la retourner contre lui-même - la synchronisation des agressions, s’inscrivent
dans cette logique de violation d’un sanctuaire, d’un pacte sacré,
entre les américains et leur territoire (« la guerre est chez
nous », véritable irruption / compréhension de la mondialisation de
la guerre). Le caractère exceptionnel de l’évènement vient moins de l’acte
terroriste en lui-même, bien que très réussi sur le plan spectaculaire et
médiatique, mais bien plutôt que ce soit la méga puissance unique sans
vis-à-vis même imaginable jusqu’à ces derniers mois, qui est pour le
première fois victime sur son territoire d’une agression massive et
planifiée. D’où, l’allusion (qui n’est pas anodine) à « Pearl
Harbor » ou encore à « un jour d’infamie », et au
discours du Président Bush devant le Congrès américain le 20 septembre
2001 : « les américains ont connu des guerres, mais depuis cent
trente-six ans, ces guerres ont toujours eut lieu à l’étranger, à l’exception
d’un certain dimanche, en 1941 ». D’où aussi le titre de
CNN : « America under attack ». Le bouclier anti-missile
(NMD : National Missile Defense) visait à une seule et unique chose
« il ne doit pas être permis aux ennemis des Etats-Unis d’Amérique
de porter la guerre sur le territoire américain ». Or, ni la
situation géographique, ni la puissance, si considérable soit-elle ne
mettent à l’abri nos pays occidentaux des tourments du monde. C’est
aussi l’expression absolue de la mondialisation, de la
déterritorialisation, et la naissance, réelle, des réseaux ( compris des
réseaux guerriers).
Dés
lors, une autre question doit être posée : comment doit-on mener
cette guerre ? Quelles sont les logiques en présence ? Les
Taliban s’inscrivent dans une logique particulièrement
intéressante : voilà un groupe ethnico-religieux qui prend le
pouvoir, l’exerce et vise à une reconnaissance internationale, mais qui
décide de sacrifier cette possible reconnaissance au profit de l’idéologie
de l’Islam combattante. Or, les réseaux terroristes de Ben Laden ne sont
pas l’expression idéologique de l’Etat Taliban.
Les
Taliban ne sont pas, quoique que disent nombre d’experts, une création
des Pakistanais. Ils existent en Afghanistan depuis les années 50, et
connurent un premier développement à compter de la période 60-70 par le
développement des écoles coraniques (madrasas), non plus en milieu urbain,
mais en milieu rural pachtoune qui favorise un recrutement
non-aristocratique. S’appuyant sur la crise des structures tribales
traditionnelles, ils établissent une double connexion : religieuse et
ethnique (pachtoune) car, si le mouvement Taliban s’est radicalisé au
niveau religieux, il reste avant tout un mouvement-réseau ethnique. Ce réseau,
déjà en place lors de l’invasion soviétique, se transforme en réseaux
militaires. Les liens avec les services pakistanais se développent,
ainsi que ceux entre les madrasas afghanes et pakistanaises, toutes
financées par l’Arabie Saoudite, diffusant ainsi les idées wahhabites et
de la tradition salafiste. Au départ des soviétiques, les réseaux de
solidarité sont donc forts. En 1984, mollah Omar a une vision, celle de
devoir rétablir l’ordre. Il assassine un chef de guerre et, s’appuyant
sur ses réseaux se lance à la conquête de l’Afghanistan dans ce qui
constitue en réalité une véritable guerre ethnique. En septembre 1996, la
capitale afghane tombe. Désormais, les Taliban, avec à leur tête mollah
Omar, dirigent les trois quarts de l’Afghanistan, dans ce qui constitue un
« pas positif » pour les Etats-Unis d’Amérique. En décembre
1996, mollah Omar est élu Commandeur des croyants, et s’il ne dirige pas
l’Etat Afghan, il en assure la direction politico-religieuse. A cette date
il se rapproche de Ben Laden (la fille de ce dernier serait devenu la femme
de mollah Omar). Ce dernier, né en 1957 à Djeda, ingénieur et fils de
bonne famille saoudienne, a combattu entre 1987 et 1989 en Afghanistan. Il
est d’abord et surtout le logisticien, puis le mentor, des réseaux du
Proche et Moyen-Orient pour la Légion islamique combattant en Afghanistan
contre les soviétiques, et financés par l’Arabie Saoudite. Ces réseaux,
qui sont utilisés entre 1989 et 1991 par les services secrets pakistanais
pour contrôler l’Afghanistan, deviennent anti-américains à compter de
1991 et de la guerre du Golfe. Devant s’exiler, il part pour le Soudan,
où il restera trois ans, de 1993 à 1996, et y commanditera plusieurs
attentats anti-américains dont la première attaque contre le World
Trade Center et la tentative d’assassinat du président Egyptien en
Ethiopie. Les Etats-Unis obtiennent alors son départ du Soudan, qu’il
quitte pour retourner en Afghanistan où il réalisera la synthèse entre
ses propres réseaux et ceux de Mollah Omar. En août 1998, il commandite
les deux attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en
Tanzanie qui feront 224 tués et près de 4 500 blessés. En décembre
2000, l’Organisation des Nations Unies décide une série de sanctions à
l’encontre du régime des Taliban, qui prend alors des mesures de
rétorsion : destruction des Bouddhas, port de signes ostentatoires
vis-à-vis des étrangers, tensions avec les ONG. En parallèle, après les
attentats de l’été 1998 contre deux de leurs ambassades en Afrique, et
celui d’octobre 2000 contre l’USS Cole dans le port d’Aden, les
Etats-Unis veulent à la fois éviter toute confrontation avec les Taliban
et obtenir qu’ils leur livre Ben Laden.
Face
aux actions des commandos en Afghanistan (et ailleurs) et aux bombardements
des montagnes afghanes, depuis longtemps désertées et évacuées, la
diversité des tactiques est primordiale. Plus que l’action militaire
proprement dite, il conviendrait de s’appuyer dans le temps sur des
instruments de renseignements, d’infiltration, de communication ; sur
des moyens de contrôle des ressources financières, pour conclure par des
actions militaires limitées et ciblées.
Alors,
quel avenir pour Ben Laden, Al-Qaeda et autres réseaux terroristes
islamiques ? Les réseaux terroristes de Ben Laden, particulièrement les
réseaux occidentaux (et ce sont les plus nombreux) existeront après lui.
Ben Laden a une approche mondiale, il vise le monde entier, et, il n’est
pas l’expression du Proche et Moyen-Orient dont la violence islamique a
été très largement absorbée dans des logiques nationalistes. Malgré ces
derniers discours, son combat n’est pas Jérusalem. Certes, il inscrit son
action dans le cadre banal d’une « punition » face aux
décisions américaines concernant l’Irak et le conflit
israélo-palestinien : « je jure par Dieu tout-puissant qui a
élevé le ciel sans colonnes que l’Amérique ne connaîtra plus jamais la
sécurité avant que la Palestine ne la connaisse et que toutes les armées
occidentales athées ne quittent les terres saintes de l’islam15 ».
Il s’agit en réalité de s’inscrire dans un défi radical aux
Etats-Unis (et moins au monde occidental), tant dans sa dimension militaire
(contestation brutale de sa puissance, de sa technologie, de son
« triomphe » militaire) que dans sa prétention à l’universalité.
Ben Laden n’est qu’un « actant » qui a donné une forme (et
force) concrète et médiatique au mécontentement des punis, faibles,
frustrés et démunis de tous pays, ceux que Eric Hobsbawm nomme « les
fils de la mondialisation16 », dont il n’est
pour autant pas le porte-parole ; et qui tous haïssent d’autant plus
les symboles de richesse américaine qu’ils les fascinent (dans une
relation paradoxale de défiance / attirance). Ben Laden n’est pas le
« moteur », il est le symbole d’un honneur retrouvé (voire d’une
nouvelle « virilité » arabe). Même en se débarrassant de lui,
d’autres prendront la relève, en restant sourd à tout discours
modérateur. Il ne s’agit pas de nier en bloc une fascination, mais plus
concrètement de définir une identité particulière au sein d’une
mondialisation, voire de s’en approprier certains points. L’action est
donc détachée de tout champ de bataille, le monde entier pouvant devenir
demain son terrain d’application, globalisant cette violence terroriste.
La mondialisation guerrière est effective dans l’affirmation d’un refus
global de toute mondialisation souveraine. Aucune action militaire ne pourra
mettre fin à cette haine.
Les
réseaux de Ben Laden sont une partie de l’émergence d’une nouvelle
conscience islamiste, internationale, et surtout transfrontalière, s’adossant
sur les vétérans d’Afghanistan, les fameux « Afghans ».
Surtout, Ben Laden aurait réussi à fédérer autour de son mouvement
Al-Qaeda (créé en 1988), le Dhijad égyptien de Ayman Al-Zawahri, le
groupe bengali d’Abdu Salem Muhammad, et le mouvement pakistanais de Fadi
Errahmanne Khalil. Les connexions sont tout autant multiples avec des
groupuscules singapouriens (groupe de la Jamaah Islamiyah), malaisiens, mais
aussi philippins (groupe Abu Sayyaf), et plus préoccupant encore,
indonésien (milices Laskar Jihad).
Ces
forces sont d’abord constituées de jeunes déracinés, qui, tous, se
radicalisent en Occident, dans une trajectoire de rupture avec leur pays,
leur famille et leur pays d’accueil. La conversion à l’Islam de ces
jeunes se fait non pas vis-à-vis de Dieu mais se réalise dans une
perspective de radicalisation violente et médiatique (ce quart d’heure de
célébrité tant aspiré). Le problème est donc essentiellement pour
nous ! Et ces bataillons, produit de la mondialisation et de la
déterritorialisation, rejoignent sa vision sectariste quasi-millénariste,
qui, pour autant, n’est qu’une vision « tiers-mondiste »
contestataire somme toute classique. La guerre de punis, d’humiliés, de
ceux que nous nommions plus avant dans notre ouvrage, guerre de frustrés,
de gueux, est une réalité. Et dans ce type de conflit, il n’y a pas d’innocents.
Le terrorisme se nourrit du désespoir des frustrés, des
laissés-pour-compte de la mondialisation, de la peur de la modernité, et
de ses conséquences lorsqu’elle engendre pour part inégalité, exclusion
et pauvreté. Djihad versus Mc world pour reprendre l’expression de
Benjamin Barber. D’autant plus que le « spectacle » terroriste
vise, non seulement à susciter l’effroi chez l’adversaire, mais aussi
permettre l’adhésion émotive d’une part des foules. Or, Ben Laden n’est
pas un politique, ce n’est pas un révolutionnaire (dans le sens propre du
terme), il ne possède pas en propre de véritable stratégie, c’est un
activiste. En ce sens, nous sommes condamnés à une escalade dans la
terreur.
De
plus, nous étions dans une phase où l’opinion publique continuait à
demander les dividendes de la paix, puisqu’elle avait l’impression qu’il
n’y avait plus de menace. Or, selon une belle formule, « la paix n’est
pas l’absence de guerre ». Plusieurs des aspects de cette crise vont
engendrer une demande nouvelle de sécurité liée à la prise de conscience
qu’un petit groupe d’individus déterminés peut utiliser la technologie
de la société qui la produit pour la frapper. Cette demande se portera
moins sur les avions qui servent à bombarder l’Afghanistan que sur une
politique sécuritaire globale reposant notamment sur le contrôle des
individus (le voisin parfait peut dissimuler un terroriste), de leurs
communications (cryptographie, internet, …) et de leurs agissements pour
repérer les intentions d’actes criminels17.
Pour autant, la simplicité devrait être, tout autant que l’utilisation
de la haute technicité, la source du recours à des armes
inédites.
Nous
sommes véritablement entrés dans une guerre asymétrique où les
gueux du monde, dans l’impossibilité d’affronter les puissances
guerrières riches sur un champ de bataille classique, devront
« déformer » la guerre dans une série d’actions brutales,
fugaces, répétitives, sans limites. La dépréciation stratégique de la
guerre aboutit bel et bien, non au marasme des actes guerriers comme nombre
d’experts le prévoyaient mais au contraire à leur explosion en nombre et
en horreur, en « brillance », car « la terreur, c’est du
théâtre ».
Des
guerres terroristes existeront demain. Usant de sa faculté de
décolonisation et de son caractère « épidemique » et
« épidermique », le terrorisme utilise à la fois tout ce que
les hommes, les arts et les sciences mettent à sa disposition. Il ne
connaît alors aucune limite dans son action, car la force utilisée n'est
pas le moyen de son expression mais son agent catalyseur propre. Il
apparaît donc illusoire de croire à un principe de modération humanitaire
en son sein. Nous pouvons, dès à présent, prévoir de nouvelles
« scènes d’enfer » selon les mots du romancier japonais
Kenzaburo Oè. Le guerrier terroriste recherche dans cette frénésie de la
violence déployée, l'intensité et le soutien qu'il sent perdus. Cette
violence terroriste, cette « monstrueuse affirmation de la certitude
qui rend fou » selon les mots de Nietszsche, se développe d'elle
même par la suite, s’auto-reproduit et s'autogére. Dès lors, les
guerres terroristes de demain ne peuvent être perçus de façon isolées,
mais comprises comme éléments d'une stratégie globale. Les modèles du
XIXème siècle et du XXème siècle, dans lesquels le terrorisme était
cloisonné, sont balayés. Le plan horizontal disparaît au profit d'une
nouvelle dimension, celle du relief, de l'instantanéité, de l'ubiquité,
de la profondeur. Le passage de la stratégie des échecs, frontale,
pyramidale, hiérarchique, à celle du jeu de go, induisant une large
volatilité dans l'espace, renforce le caractère déstabilisant de ce
phénomène.
La
mondialisation, c’est aussi le constat (désormais évident pour
tous !) que nous ne possédons plus de frontières protectrices. Notre
monde est interdépendant. Le guerrier est un protagoniste qui se
généralise, se propageant dans tous les lieux, clos ou ouverts,
protégés, lisses, civilisés ou barbares. La guerre, présente sourdement
dans toutes nos sociétés, n’est plus imaginaire. La démence guerrière
devient réalité.
Ludovic
WOETS, woets.ludovic@wanadoo.fr,
Consultant auprès du Ministère de la Défense
ainsi que pour plusieurs groupes industriels et sociétés du secteur de
l’armement, expert auprès de la BFCE, ACECO, et de l’APM
24/12/2001
Notes
1
- A contrario de nombres de déclarations, de nombreux experts, y compris
militaires américains avaient formalisés de possibles attaques terroristes
sur le territoire américain. La vulnérabilité des Etats-Unis à des
attaques terroristes étrangères n’a donc pas été découverte le 11
septembre 2001
2 - Voir Les Guerres à venir. Chapitre III. Le
déchirement du monde. Ed des Syrtes.
3 - Réconciliation entre légitimité et légalité.
4 - Déclaration de R.Guiliani devant l’ONU.
5 - De là, notamment, les déclarations de Poutine se
déclarant « occidental ».
6 - Traité d’amitié et de coopération, signé le 16
juillet 2001, et d’une durée de 20 ans.
7 - Cette vision géopolitique américaine apparaît
notamment dans le dernier livre de Zbigniew Brzezinski, The Geostrategic
Triad. Living with China, Europe, ans Russia. Cette vision est certes
nuancée, mais en partie partagée, par Henry Kissinger dans son dernier
ouvrage.
8 - Nous pourrions assister à une accélération du
processus de normalisation international de ce pays.
9 - Les troupes envoyées au Cachemire sont entraînées en
Afghanistan.
10 - De là, aussi, toute la vision stratégique et
pétrolière actuelle de la Russie de Vladimir Poutine (contrôle du
pétrole irakien, renforcement du contrôle sur les ressources du
Kazakhstan, …).
11 - Qui ne leur confère pas une légitimité mondiale.
12 - Christine DUVAL
13 - In Le Monde. Mardi 11 décembre 2001.
14 - Général Loup FRANCART.
15 - Message vidéo de Ben Laden pré-enregistré du 7
octobre 2001.
16 - Libération. 20 septembre 2001.
17 - En ce sens s’inscrivent les nouvelles possibilités
de détention des individus aux Etats-Unis, y compris de détention sans
avocat, comme les possibilités d’accusation en vertu de la législation
anti-terroriste. De même, du « Patriot Act » qui permet de
revenir sur l’anonymat de la source en matière d’information.
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