Ne
seraient-ils pas informés que nombre d’éléphants et leurs
troupeaux classent encore, en France, la candidate socialiste
comme trop libérale ? Ou la moindre petite dissonance
française menacerait-elle à ce point ce qui reste des
doctrinaires de l’empire et de la chevauchée bancale de l’hyper-puissance ?
C’est ce qui ressort en tous cas d’un mémo (2) intitulé
" Ségolène Royal and the Future of Franco–American
Relations " du très engagé et conservateur
Heritage Foundation qui s’alarme, lui, de l’ " esprit
gaulliste " [sic] de notre Ségolène
nationale et pour qui les politiques européennes et
étrangères que celle-ci s’apprêterait à mener si elle était
élue menaceraient gravement les relations
franco-américaines ! Pour preuve, selon l’Heritage
Foundation, les critiques de la candidate à la présidentielle
française sur le voyage " couronné de succès "
de son rival, Nicolas Sarkozy, aux Etats-Unis en Septembre
dernier, son parti pris d’un retrait des forces américaines d’Irak
et par conséquent son " implicite critique de l’implication
américaine dans la région ", sa confirmation
" des divisions causées par l’opposition
française à la guerre en Irak " et son commentaire
" grossier " sur le fait qu’elle ne
voulait pas confondre l’Amérique de Bush avec le peuple
américain !
Pour preuve également, selon l’auteur du mémo, la vision
" gaulliste " de Ségolène Royal d’une
Europe " rivale " et non " partenaire "
des Etats-Unis, qui fasse contrepoids à la puissance américaine,
et l’appel lancé, dans son programme, à la construction d’une
Europe politique et à un nouveau vote français sur une
Constitution européenne améliorée " incluant ces
éléments inamicaux aux intérêts stratégiques américains,
tels une politique étrangère et de sécurité européenne
commune, un Ministre des Affaires étrangères européen et une
politique d’approvisionnement militaire indépendante ".
Pour preuve enfin, toujours selon l’auteur du mémo, les
étonnantes déclarations de Gilles Savary, conseiller de
Ségolène Royal, qui, interviewé par le Daily Telegraph en
Novembre dernier (3), avait affirmé au nom de la candidate que
les britanniques devraient choisir entre " être des
vassaux des Etats-Unis ou être pleinement intégrés comme membre
de l’Union Européenne ".
Et le pourfendeur de Ségolène Royal de poursuivre que l’agenda
européen de la candidate représenterait pas moins qu’
" une menace stratégique pour les Etats-Unis "
et que sa vision d’une Europe profondément intégrée sur les
plans des politiques étrangères et de défense (et donc une
véritable " Europe-puissance ") constituerait
" une menace majeure " pour les futures
constitutions de coalitions par les américains (et donc en
premier lieu pour l’alliance privilégiée avec les
britanniques).
L’auteur du mémo, Sally McNamara, est analyste spécialiste des
Affaires européennes au sein du Margaret Thatcher Center for
Freedom, lui même intégré dans la Heritage Foundation à
Washington, et dont le Directeur est Nile Gardiner, un ancien
conseiller de Margaret Thatcher. Dans une précédente étude de
Décembre 2006 (4), Sally McNamara expliquait déjà, avec luxe de
détails et de recommandations au Gouvernement US, les
conséquences très néfastes, pour la puissance américaine, d’une
relance de la Constitution européenne " dont une
grande partie est appliquée malgré le rejet de 2005 ",
par exemple l’Agence de Défense Européenne " qui
continue à décrire ses objectifs et son rôle dans les termes
exacts de la Constitution rejetée… ce qui ne peut que
considérablement exacerber les inclinations anti-américaines de
la politique d’approvisionnement actuelle ".
Et Sally McNamara d’identifier la principale menace pour les
Etats-Unis : " La résurrection de la
Constitution européenne pose une grave menace pour les intérêts
américains de sécurité en Europe. Au cœur du document est le
concept d’une ‘personnalité légale’ formelle pour l’Union
européenne, lui permettant de ‘parler d’une seule voix’ sur
la scène internationale à la place des Etats membres
individuels. La Constitution créerait un puissant Ministre des
Affaires étrangères européen et un système dans lequel les
Etats-Unis seraient forcés de négocier avec un pouvoir européen
unique au lieu de former des coalitions ad hoc avec des Etats
souverains et ses alliés traditionnels. Dans une Union
européenne où l’hostilité envers le pouvoir et les intérêts
américains domine, ceci représente un danger clair et actuel
pour la construction d’alliances américaines en Europe ".
La première des recommandations faite par Sally McNamara au
Gouvernement des Etats-Unis est de " reconnaître la
menace que le projet de Constitution européenne pose aux
intérêts stratégiques, diplomatiques, judiciaire et militaires
des Etats-Unis " et, notamment, " d’encourager
l’expansion et la visée globale de l’OTAN et de s’opposer
à la militarisation de l’Union européenne qui dupliquerait et
minerait les structures de l’OTAN ".
Sur le fond il existe, en effet, une nette divergence entre
Washington et Paris sur le problème de l’expansion et de la
transformation de l’OTAN, en relation avec la sécurité
européenne, expansion et transformation qui ont constitué les
thèmes essentiels du sommet de Riga (Lettonie) en Novembre
dernier. Certains dirigeants et experts américains, surtout
néo-conservateurs, souhaitent la fin du confinement de l’OTAN
sur le théâtre purement européen au profit d’une agence de
sécurité à vocation " globale " et
réclament, en conséquence, un élargissement de l’OTAN à des
membres non européens, tels l’Australie, le Japon ou l’Inde.
Cette conception d’une " Agence globale "
est liée à la volonté américaine actuelle de promotion
" forcée " de la démocratie dans le monde,
en liaison le plus souvent avec la lutte contre le terrorisme, et
certains y voient même un " concert des
démocraties " engagé dans une " guerre des
civilisations ", l’Alliance ayant vocation à
remplacer l’ONU pour légitimer les interventions extérieures
de ses membres.
Paris et plusieurs autres Etats européens estiment au contraire
que l’OTAN n’a pas vocation à tout faire, et certainement pas
de remplacer à terme l’ONU, s’inquiètent du risque de voir l’OTAN
impliquée dans des conflits étrangers aux préoccupations
européennes et souhaitent un meilleur partage des tâches avec l’Union
Européenne qu’ils veulent voir engagée dans un développement
d’une défense propre commune distincte et partenaire de l’OTAN.
Mais surtout, la France redoute qu’une " Alliance des
démocraties " sous direction américaine ne renforce,
partout dans le monde le sentiment que l’Occident est engagé
dans une " croisade " et cherche à imposer
par les armes sa civilisation au reste du monde. La France, avec
Jacques Chirac, estime qu’il est donc essentiel que l’OTAN se
borne à des objectifs plus modestes sans pour autant être
hostile à la conclusion ou au renforcement de partenariats
ponctuels avec des pays non membres de l’Alliance. L’OTAN doit
cependant demeurer une organisation euro-atlantique et la
légitimité internationale ne peut appartenir qu’à l’ONU et
à elle seule (5).
Jacques Chirac a eu l’occasion de marteler cette position
française au plus fort des combats de la guerre entre Israël et
Hezbollah, l’été 2006, en s’opposant vigoureusement aux
propositions de John Bolton, Ambassadeur des Etats-Unis auprès de
l’ONU (l’Ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU avait
déclaré qu’il était aussi membre
" secret " de sa propre équipe (6) ), qui
souhaitait voir placée une force d’interposition
(essentiellement française) sous l’étendard et le contrôle de
l’OTAN. Jacques Chirac a rappelé cette position au sommet de
Riga (7).
L’attaque portée contre Ségolène Royal est donc sans doute
légitime dans l’optique d’une vision américaine actuelle
très différente de celle portée par la candidate, vision qui,
elle, parait se confondre avec celle de la France. L’énigme
vient par contre du sort beaucoup plus clément réservé à
Nicolas Sarkozy qui partage pourtant, semble t-il et au moins
depuis son intronisation le 14 Janvier dernier comme candidat de l’UMP
à la présidence française, une large identité de vue avec
Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy veut en effet lui aussi relancer
la Constitution européenne et le traité simplifié qu’il veut
voir voté rapidement par le Parlement français inclut un
Ministère des Affaires étrangères européen doté des
prérogatives prévues par le texte de la Constitution
européenne. Nicolas Sarkozy estime qu’il " n’y a
pas à choisir entre l’Europe de la défense et l’OTAN "
et marque ses distances avec la vision américaine en affirmant
que l’Alliance atlantique " n’a pas vocation à
se transformer en une organisation concurrente de l’ONU ",
Ségolène Royal appelant quant à elle à " refuser
une OTAN qui jouerait au gendarme du monde et se substituerait à
l’ONU ". Tous deux appellent aussi à accélérer
la construction de l’Europe de la Défense, Ségolène Royal
affirmant que " la clé de tout, c’est d’avancer
plus vite et plus fort " tandis que pour Nicolas
Sarkozy, " la défense peut être à la fois la
condition et le levier de la relance de l’Europe politique "
(8).
Sally McNamara avait déjà elle même répondu, au moins en
partie, à notre interrogation en esquissant, peu après le voyage
de Nicolas Sarkozy à Washington en Septembre 2006 (9), un vibrant
hommage au futur candidat " pro-américain "
porteur d’une nouvelle politique étrangère française
" indépendante de la ligne gaulliste traditionnelle ",
relevant que " c’est un secret de polichinelle que
Sarkozy avait critiqué l’opposition de Chirac à la guerre en
Irak en 2003 ", que " la position de
Sarkozy sur la guerre israélo-libanaise représentait une autre
rupture avec la politique étrangère française "
et que " les Etats-Unis pourraient avoir [en cas
de victoire de Sarkozy] un partenaire plus amical en Europe et
au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU ". Sur l’Europe
cependant Sally McNamara relevait " qu’une
administration Sarkozy ne changerait probablement pas
significativement la politique française envers Bruxelles "
et qu’au final " les Etats-Unis ne devaient pas
espérer une vague de changements immédiats de la politique
étrangère française si Sarkozy arrivait au pouvoir. Il aurait
à faire face à l’opposition de puissants intérêts acquis au
sein de l’establishment politique français qui résisterait à
des changements fondamentaux dans l’approche de Paris vis à vis
de Washington ".
L’American Enterprise Institute avait lui aussi salué le
pro-américanisme de Nicolas Sarkozy qui, en Septembre 2006 à
Washington " a adopté la rhétorique des Etats-Unis
d’une manière inimaginable pour un gaulliste convaincu (10) "
et notait que " la France pourrait bien être déjà
à la pointe d’une transformation majeure et positive, au moins
pour ce qui concerne la politique étrangère ".
Nile Gardiner, le " patron " de Sally McNamara
au Margaret Thatcher Center for Freedom, croit lui aussi en
Nicolas Sarkozy et affirme que " l'ascendant de
Sarkozy est considéré comme très positif par Washington (11) ".
Il estime lui aussi que l’Union européenne " défie
de plus en plus l’hégémonie US (12) " et qu’
" une politique étrangère et de sécurité
européenne commune n’est pas dans l’intérêt US (13) ".
Il donne d’ailleurs volontiers pour exemple que si une telle
politique européenne commune avait existé en 2003, elle aurait
interdit au Royaume-Uni, à la Pologne, à l’Italie et à l’Espagne
d’aider les Etats-Unis en Irak, et que si elle devait exister
demain, les britanniques ne pourraient plus se tenir aux côtés
des Etats-Unis " qui devraient faire leurs prochaines
guerres importantes tous seuls, sans allié militaire important ".
Il plaide donc sans relâche à Washington pour que l’Administration
américaine s’attache à tout prix à préserver l’Alliance
atlantique et ses " relations spéciales "
avec le Royaume-Uni, et à soutenir une intégration européenne
dans laquelle chaque Etat individuel aurait la plus grande
liberté quant à son niveau d’intégration (14).
Nile Gardiner est lui-même très engagé dans cette idée d’expansion
de l’OTAN à qui il voudrait voir confier un rôle
" mondial " de défense des démocraties et de
lutte contre le terrorisme islamiste (15). Après les attentats de
Madrid, il avait déjà demandé à ce que l’OTAN prenne le
commandement des troupes coalisées en Irak (16) (avec
intervention obligée des armées européennes non encore
engagées). Il a vigoureusement défendu le maintien de son grand
ami néo-conservateur John Bolton, porteur des mêmes idées,
comme Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’ONU (17) (il a d’ailleurs
mené avec John Bolton un combat permanent de sape de Koffi Annan
et de projet de réforme de l’ONU au profit des seuls intérêts
américains (18) ). Il défend également avec force, et parmi les
premiers, l’idée d’une adhésion d’Israël à l’OTAN
(19).
L’idée de faire d’Israël un véritable
" membre " de l’OTAN a été avancée pour
la première fois en Octobre 2004 par le Général américain
Joseph Ralston, appelé dans l’alliance pour nouer des liens
entre OTAN et Etats du Moyen Orient. Le débat pris corps en
Février 2005 quand deux éminents supporters de l’OTAN, Ronald
Asmus (20), Directeur du Transatlantic Center (21) et du German
Marshall Fund of the United States (22), et Bruce Jackson, ancien
patron du U.S. Committee to Expand NATO (23) (dans lequel ont
siégé Paul Wolfowith, Richard Perle et Stephan Hadley), tous
deux ténors du lobbying atlantiste, publièrent un article dans
Policy Review qui appelait explicitement à accorder à Israël un
plein statut de " membre " de l’Alliance
Atlantique (24). Depuis 2005 un cœur croissant de voix
enthousiastes (surtout américaines et néo-conservatrices)
soutiennent cette initiative (25), rejoints par le très
néo-conservateur européen Jose Maria Aznar (26), ex-premier
ministre espagnol, et plus récemment par d’autres rares
dirigeants européens (27).
La majorité des 26 membres de l’OTAN, et en premier lieu la
France, est opposée à ce que Israël devienne membre à part
entière de l’Alliance Atlantique, n’imaginant pas un seul
instant que leurs armées puissent être juridiquement obligées d’intervenir
" automatiquement " en cas de guerre entre
Israël et l’un quelconque de ses voisins. En Israël, même,
nombre de leaders hésitent, habitués à ce que Israël ne compte
que sur lui-même et sur les Etats-Unis, et ont du mal à imaginer
faire confiance, pour leur sécurité, à certains pays européens
" pro-arabes ". Quand ils adhèrent à l’idée
de voir Israël devenir membre à part entière de l’OTAN, sa
sécurité renforcée par les forces européennes, ils voudraient
bien ne pas être eux-mêmes obligés d’intervenir pour
défendre un pays européen attaqué de l’extérieur.
" Je ne suis pas contre " a déclaré
Oded Eran, Ambassadeur israélien à Bruxelles, " mais
je pense que l’OTAN n’est pas encore prête pour que Israël
en devienne membre. Je préfère une voie progressive (28) ".
En Israël un homme, Uzi Arad, porte le débat. Ancien dirigeant
du Mossad, ancien conseiller aux Affaires étrangères du leader
néo-conservateur Benjamin Netanyahu lorsqu’il était Premier
ministre, il dirige aujourd’hui l’Institute for Policy and
Strategy, IDC Herzliya, et a créé en son sein le Atlantic Forum
of Israel. Il est très proche de Ronald Asmus et, pour lui,
" la seule chose qui serait pire qu’un Israël
devenant membre de l’OTAN pourrait être un Israël ne devenant
pas membre de l’OTAN (29)". En fait Uzi Arad
voudrait bien qu’Israël profite des deux dernières années de
la présidence Bush pour signer un véritable pacte de défense
avec les Etats-Unis, et qu’en même temps Israël adopte un
véritable pacte multilatéral avec l’Alliance Atlantique
(30) !
Uzi Arad connaît bien Nicolas Sarkozy. Il a été le premier à
lui offrir une véritable audience internationale en l’invitant
à prendre la parole (31), le 16 Décembre 2004, à la 5ième
Conférence Herzliya (32), Conférence où justement les
représentants de l’OTAN appelèrent Israël à renforcer ses
relations avec l’alliance (33). Les " Herzliya
Conferences on The Balance of Israel’s National Security
(34) " sont devenu le sommet annuel où se réunissent
dirigeants israéliens et dirigeants internationaux pour y
discuter des problèmes de la sécurité d’Israël. Uzi Arad a
aussi organisé à Herzliya, juste avant le sommet de Riga, une
conférence sur " les transformations de l’OTAN, le
dialogue méditerranéen et les relations entre l’OTAN et
Israël ". Essentiel intervenant, aux côtés
notamment du Ministre Israélien des Affaires étrangères, Ronald
Asmus a commencé son intervention en remerciant l’organisateur
de la conférence et en rappelant qu’il était présent au tout
premier dîner au cours duquel Uzi Arad avait évoqué, le
premier, l’idée qu’Israël pourrait rejoindre l’OTAN.
Ronald Asmus a ensuite rappelé comment les évènements du 11
Septembre avaient fait démarrer le débat " l’OTAN
doit-il se réinventer lui-même encore une fois ".
Ronald Asmus a ensuite martelé que la réponse devait être
" oui " et que face aux conséquences, " Israël
devait en être… Ce fut une erreur que l’OTAN ne soit pas
engagé dans l’UNIFIL [forces de l’ONU au Liban]... L’OTAN
fonctionne uniquement quand l’Amérique dirige les européens
dans le droit chemin. Ceci doit nécessiter pour nous de prendre
les décisions fondamentales pour faire cette transformation…
Pourquoi cela n’arrive t-il pas ? Un, L’OTAN fonctionne
uniquement quand l’Amérique dirige les européens dans le droit
chemin. Cela n’est pas arrivé au cours des dernières années.
Deux, la France est aujourd’hui opposée à tout ce que j’ai
mentionné. Mais nous allons avoir des élections et le nouveau
Président pourrait avoir une position différente, surtout si
Sarkozy devient le Président… (35) ".
Aujourd’hui 28 Février 2007, Conférence de presse de Nicolas
Sarkozy sur le thème de la politique étrangère de la France. L’énigme
perdure : " l’action de Jacques Chirac a été
à bien des aspects exemplaire… J’approuve l’action menée
depuis 12 ans par le Président de la République… les Français
savent aussi qu’ils doivent beaucoup à la lucidité de Jacques
Chirac de ne pas les avoir entraînés dans une entreprise
incertaine, celle d’une guerre en Irak qui était une erreur
historique… ". Nicolas Sarkozy s'est réaffirmé
favorable à un nouveau " traité simplifié "
pour l'Union européenne, afin que " les institutions
européennes ... se remettent à fonctionner ". Pour
lui, ce nouveau traité devrait être caractérisé par la
définition d'une présidence stable du Conseil européen, la
présence d'un ministre européen des Affaires étrangères,
l'extension du domaine de la majorité qualifiée, l'extension des
domaines d'intervention du Parlement européen... " Le
temps presse si on ne veut pas que l'avenir de la construction
européenne ne soit pas définitivement compromis ",
a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a par ailleurs estimé que
l'Alliance atlantique et l'Europe de la défense devaient être
" complémentaires ", sans être
" substituables" et que " le
renforcement de la défense européenne doit donc être pour nous
une absolue priorité… ". " L'OTAN
n'a pas vocation à mes yeux à devenir une organisation
concurrente de l'ONU ", a-t-il précisé.
Les " nouvelles " idées du candidat vont donc
totalement à l’encontre de ce qu’imaginent Sally McNamara,
Nile Gardiner, Uzi Arad, Ronald Asmus… et tous ses amis !
Ceux-ci devraient donc s’inquiéter, comme beaucoup en France
mais sans doute pas pour les mêmes raisons, des
" ruptures " que Nicolas Sarkozy semble avoir
infligé récemment à ses propres idées. Ils devraient surtout
rompre, eux mêmes, avec leurs visions doctrinaires et se rappeler
que le ou l’un des plus atlantiste des dirigeants européens
actuels, Angela Merkel, est très déterminée, comme Ségolène
Royal et, semble t-il, Nicolas Sarkozy, à relancer la
Constitution et l’intégration politique européenne. Ils
devraient se rappeler aussi qu’historiquement Washington a
toujours appuyé l’intégration politique européenne et qu’au
lendemain de l’échec du référendum du 29 Mai 2005 en France,
Condoleezza Rice se disait elle même très préoccupée que l’Europe
politique puisse échouer.
Inutile par conséquent d’aller plus loin dans l’analyse !
Il faut renvoyer d’urgence les Think Tanks néo-conservateurs à
leurs chères études !
Notes & références
1
- Ségolène
la Socialiste?, Par Jurgen Reinhoudt, American Entreprise
Institute 22/02/2007
2
- Ségolène
Royal and the Future of Franco–American Relations, by Sally
McNamara, Heritage Foundation WebMemo #1368, February 23, 2007
3
- Segolene
urges Britain to choose between European and America, The
Daily Telegraph, November 20, 2006
4
- The
EU Constitution: Will Europe Force a Way Forward?, by Sally
McNamara, Heritage Foundation Backgrounder #1991 , December
14, 2006
5
- Voir par exemple : L’OTAN
et l’avenir de la sécurité européenne, Quentin Perret,
Fondation Robert Schuman 04 décembre 2006
6
- " But Ambassador Dan Gillerman, addressing a New York
meeting of B'nai B'rith International, a Jewish humanitarian
organization, heaped praise on U.S. Ambassador John Bolton,
jokingly describing him at one point as a secret member of
Israel's own team at the United Nations ", voir Strategic-Road.com,
Repères & Sources Semaine du 29 Mai au 04 Juin 2006
7
- Conférence
de presse de M. Jacques Chirac, Président de la République, à
l'issue du sommet de l'OTAN, Riga - Lettonie, mercredi 29
novembre 2006
8
- Sur
la Défense, Royal et Sarkozy partagent une large identité de
vues, AFP vendredi 26 janvier 2007
9
- Regime
Change in Paris: How Nicolas Sarkozy Could Reinvigorate
U.S.-French Relations, by Sally McNamara, Heritage Foundation
WebMemo #1241, October 31, 2006
10
- A
Post-Gaullist, Pro-American France?, By Gary J. Schmitt, Reuel
Marc GerechtAmerican Enterprise Institute Monday, December 11,
2006
11
- USA-GB-France:
des dirigeants en fin de mandat face à un monde en crise,
Stephen COLLINSON, Cyberpresse 20 nov 2006
12
- Could
EU's global sway be rising as U.S. clout ebbs?, Associated
Press January 16, 2007
13
- The
Bush Administration Should Not Back the European Constitution,
by Nile Gardiner, Ph.D., and John Hulsman, Ph.D. , Heritage
Foundation WebMemo #668, February 16, 2005
14
- A
Conservative Vision for U.S. Policy Toward Europe, by John C.
Hulsman, Ph.D., and Nile Gardiner, Ph.D., Heritage Foundation
Backgrounder #1803, October 4, 2004
15
- The
NATO Riga Summit: Time for Backbone in the Alliance, by Nile
Gardiner, Ph.D. , Heritage Foundation WebMemo #1261, November 27,
2006
16
- An
Historic Moment for NATO, by Nile Gardiner, Ph.D., and John
Hulsman, Ph.D., Heritage Foundation WebMemo #465 April 1, 2004
Voir
aussi : After
Madrid: Preserving the Alliance Against Terrorism, by Nile
Gardiner, Ph.D., and John Hulsman, Ph.D., Heritage Foundation
Backgrounder #1743 April 9, 2004
17
- John
Bolton: An Effective Force for U.S. Interests at the United
Nations, by Nile Gardiner, Ph.D. and Brett D. Schaefer ,
Heritage Foundation WebMemo #1258, November 17, 2006
Voir
aussi : John
Bolton: A Powerful Voice for America at the United Nations, by
Nile Gardiner, Ph.D. and Brett D. Schaefer , Heritage Foundation
WebMemo #1179, July 26, 2006
18
- The
Decline and Fall of the United Nations: Why the U.N. Has Failed
and How It Can Be Reformed, by Nile Gardiner, Ph.D, Heritage
Foundation Lecture #991, October 13, 2006
Voir
aussi : Kofi
Annan's Legacy of Failure, by Nile Gardiner, Ph.D, Heritage
Foundation WebMemo #1283, December 11, 2006
19
- Confounding
the Mullahs of Iran: It's Time for Israel to Join NATO
by John Hulsman, Ph.D., and Nile Gardiner, Ph.D., Heritage
Foundation WebMemo #966, January 24, 2006
Voir
aussi : The
NATO Riga Summit, by Nile Gardiner, Ph.D., Heritage Foundation
WebMemo #1261 November 27, 2006
20
- Contain
Iran: Admit Israel to NATO, By Ronald D. Asmus, Washington
Post February 21, 2006
21
- Transatlantic
Center
22
- German
Marshall Fund of the United States
23
- U.S.
Committee to Expand NATO profile
24
- Does
Israel Belong In the EU and NATO?, Ronald D. Asmus and Bruce
P. Jackson, Policy Review March 2005
25
- Israel
in NATO? A second look, Richard Rupp, The National Interest
Nov 1, 2006
26
- Analysis:
Reform or die, Aznar warns NATO, UPI - Gareth Harding - 30
November 2005
Voir
aussi : Europe's
Response to the Threat of Global Terror, by Jose Maria Aznar,
Jerusalem Center for Public Affairs, 27 April 2006.
27
- European
leaders suggest Israel join NATO, UPI, January 24, 2007
28
- NATO,
Israel Draw Closer - Mideast Tumult Forces Rethinking Of
Alliances, but Hurdles Loom, By Frederick Kempe, WSJ February
14, 2006
29
- ibid
30
- Israel
en route to defense pact?, Ynet.news 10.25.06
31
- Nicolas
Sarkozy, Président de l’UMP, Discours à la Conférence 2004 d’Herzliya
le 16 décembre 2004
32
- The
5th Herzliya Conference – 2004
33
- Is
Israel headed for NATO?, Uzi Arad, Ynet news 02/01/06
34
- http://www.herzliyaconference.org/Eng/
35
- Les
transformations de l’OTAN, le dialogue méditerranéen et les
relations entre l’OTAN et Israël, Conference co-organized
by: NATO Public Diplomacy Division, Atlantic Forum of Israel,
Institute for Policy and Strategy, IDC Herzliya, Daniel Hotel,
Herzliya, October 23-24, 2006
3.372 mots et 35 références
Jean-Philippe Miginiac is the CEO and
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