A propos
  Legal
  Add site
  Contact
  Secret (help)

 Votre
 utilisation
 de ce site
 constitue votre
 acceptation
 de ses
 Conditions
 d'utilisation


 Copyright ©
 1997-2008
 Tous droits
 réservés,
 All rights
 reserved

 Certifié IDDN

     iddnpt_ani.gif (1077 octets)


 
Sites liés
  jpmiginiac.com
 
Risque-Pays.info
 GuideVoyage.info




















 Le réseau
 des sites
 amis

 Del Nogier
 2si-medical
 CCI



Essential open sources, essential informations
Geopolitical, Economic, Security & Technology Affairs

                        Conditions d'utilisation

 AccueilGéopolitique / Analysis / Mise à jour 25/04/08

Partagez, Recommandez, ou Ajoutez cette page à vos favoris
del.icio.us | Digg | reddit | Google | Yahoo! | Facebook

Analyses, Analysis

Les analyses de Strategic-Road.com
The analysis by Strategic-Road.com

Analysis 25/04/08 - Africom : Mode d'emploi du nouveau cheval de Troie - par Jean-Claude Bessez



Résumé : La politique africaine des Etats-Unis d’Amérique comporte deux volets : la lutte contre le terrorisme (redéfini comme " l’extrémisme islamique ") et la sécurisation des ressources stratégiques (hydrocarbures, matières premières) au travers d’une panoplie de programmes humanitaires, économiques et sécuritaires mis en œuvre par l’AFRICOM.

De plus en plus médiatisé et voyant, l’activisme de Washington inquiète. D’autant plus que de nouveaux acteurs majeurs lui ont, discrètement d’abord puis de plus en plus ouvertement, damé le pion depuis longtemps.


 

" L’Afrique, Impératif Stratégique Mondial pour l’Amérique "

 

C’est en ces termes que le Général James JONES résume les raisons de l’intérêt croissant que les Etats-Unis portent à l’ensemble du continent africain (1).

Il importe, précise-t-il, de reconnaître au plus tôt que :

Les questions de sécurité africaines pèseront de plus en plus sur la sécurité du territoire américain.

 

Le continent africain connaît une instabilité politique endémique, déclare Jones, laquelle est aggravée par les problèmes sociaux, économiques et sécuritaires eux-mêmes générés par de multiples facteurs : fort taux de natalité, questions agricoles et problèmes environnementaux, déplacements massifs de population et pandémies…Tous ces facteurs servent de fourrier au terrorisme et à l’insécurité.

Après avoir rappelé que la lutte contre le terrorisme est la raison d’être première de l’AFRICOM suite aux évènements du 9/11, et la genèse controversée du nouveau Commandement, et présenté le mandat qui lui fut donné, l’on abordera les activités de l’AFRICOM dans le cadre de la TSCTI et de l’APS et sa chaîne hiérarchique.

Enfin, l’on verra que la création de ce nouveau Commandement représente autant un défi pour les Américains qu’une ligne de fracture pour les nations du continent. Facteur aggravant, de nouveaux acteurs ont précédé le renouveau du tête à tête avec les Européens désormais à la traîne de leur allié américain : l’Aigle américain se trouve dorénavant en concurrence directe avec le très entreprenant Dragon chinois, suivi de loin par le précautionneux Tigre indien.

 

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

 

Après avoir réagi à diverses crises humanitaires et à des situations politiques dangereuses (Somalie, Liberia, Sierra Leone, Soudan), les Etats-Unis ont décidé d’adopter des mesures préventives ainsi qu’une politique proactive tant en Afrique du Nord qu’en Afrique Occidentale et dans la Corne de l’Afrique, toutes contrées pouvant servir de sanctuaires de prédilection aux criminels et terroristes refluant d’Afghanistan et du Moyen-Orient (2).

Déjà en 2004 les experts américains soutenaient que l’Afrique, avec ses " zones grises ", était en train de se transformer en base arrière du terrorisme. Dans le cadre de l’Initiative Pan Sahel (devenue depuis Programme de Lutte contre le Terrorisme au Pan Sahel ou TSCTI, avec un budget de $ 500 millions sur cinq ans), Washington fournit entraînement et équipement à des pays initialement au nombre de quatre (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger), puis étendit ce dispositif aux trois pays du Maghreb, encourageant la collaboration entre eux tous comme dans l’Exercice FLINTLOCK 2005 (3).

Au-delà du Sahel, les Etats-Unis se sont rapprochés des plus importants producteurs de pétrole de l’Afrique Occidentale et du Golfe de Guinée, à savoir les deux géants que sont le Nigeria, l’Angola, et aussi Sao Tome et Principe (STP).

Après la date charnière de 9/11, Washington accorda une importance stratégique à la Corne de l’Afrique (HOA) située à l’extrémité occidentale de " l’arc d’instabilité " recélant les ressources stratégiques pour lesquelles les Etats-Unis sont en compétition avec les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) (4).

La création du sixième (5) et nouveau Commandement Unifié Combattant entièrement dédié à l’Afrique (moins l’Egypte), l’AFRICOM (AFRICA COMMAND) est donc indissociablement liée à la " longue guerre " contre le terrorisme mondial, la Global War Against Terror (GWAT), susceptible de durer une génération, voire davantage, si ce n’est indéfiniment selon John McCain, candidat à la Maison Blanche. Et le Général Jones d’expliquer :

En nous efforçant de contribuer à endiguer la détérioration de la situation de ce continent qui ne cesse de prendre de l’importance, nous diminuons le potentiel que présente l’Afrique pour devenir le prochain front dans la guerre contre le terrorisme.

 

L’Afrique est devenue une priorité dans la GWAT (6). L’Afrique sera " le prochain champ de bataille dans la Guerre contre le terrorisme " (7).

L’Amérique entend faire régner l’ordre dans les " zones grises ", ces " zones qui échappent plus ou moins au contrôle de l’Etat " (undergoverned spaces) (8).

Vu de Washington, le Sahel et la Corne de l’Afrique sont ce " nouveau champ de bataille " où les mesures de lutte contre le terrorisme (CT) mises en œuvre à l’initiative de Washington dès 2000 (9) ont conduit à une évolution de la situation, en clair à un affaiblissement de la menace salafiste (10).

Ce nouveau " champ de bataille ", estiment les experts américains, constitue un vivier pour les prêcheurs islamistes extrémistes et les (nouveaux) groupes terroristes (GSPC, AQIM, Black Taliban in Nigeria, Tablighi Jamaat en Afrique Occidentale…), implantés notamment dans les pays producteurs de pétrole (11)(12).

Certains spécialistes américains estiment que 25 % des " combattants étrangers " (foreign fighters) enrôlés par al-Qaeda pour combattre les forces américaines en Irak viennent d’Afrique où, éventuellement, ils retournent pour conduire le jihad. S’appuyant sur le témoignage de J. Peter Pham devant la Chambre des Représentants, Commission des Affaires Etrangères, Sous-Commission pour l’Afrique et la Santé mondiale, Isaac Kfir (de Herzlyia, Israel) cite Abu Azzam al-Ansari :

Il n’y a aucun doute qu’al-Qaeda et les saints guerriers jugent à sa juste valeur l’importance des régions africaines pour entreprendre des campagnes militaires contre les Croisés. Nombreux sont ceux qui pressentent que ce continent n’a pas encore trouvé son rôle propre qui lui est dû et que les prochaines étapes du conflit feront de l’Afrique son champ de bataille…l’Afrique est un sol fertile pour promouvoir le jihad et la cause jihadiste (13).

 

Unicité de Commandement

Pour la première fois, un Grand Commandement unique est créé par les Américains afin de coordonner les différents déploiements militaires et actions civiles américains sur le continent africain.

Le programme militaire américain trouve(ra) dans l’AFRICOM sa focale géographique. Trois des cinq Grands Commandements Combattants Unifiés actuels comportaient des aires qui se recoupaient en Afrique : cette division artificielle s’articulait tant géographiquement que fonctionnellement : ainsi une partie de l’Afrique relevait de l’EUCOM (QG à Stuttgart, Allemagne), une autre du CENTCOM (QG à Tampa, Floride) et la dernière du PACOM (QG à Hawaï). Chaque Commandement s’occupait donc, pour ainsi dire à temps partiel, d’une certaine zone plus ou moins grande de l’Afrique.

La création d’un Commandement spécifique géographiquement délimité et recentré correspond donc bien une nécessaire et indispensable rationalisation puisque la totalité du continent africain (hormis l’Egypte) passe sous la responsabilité de l’AFRICOM et ce, à temps complet. Et Ryan Henry, sous-secrétaire principal à la politique de défense de résumer :

Nous prenons en charge la zone de responsabilité du continent africain et la confions à un seul chef, lequel ne s’occupera que des questions africaines 24 heures par jour, 7 jours par semaine (14).

 

GENESE DE L’AFRICOM

 

Après avoir été annoncé en février 2007 par le Président Bush, le nouveau Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) fut officiellement lancé le 1er octobre de la même année. Objectif : rendre le Commandement pleinement opérationnel (Full Operational Capability ou FOC) au plus tard le 1er Octobre 2008.

En mettant sur pied un sixième Commandement dont l’appellation désigne clairement la zone géographique ciblée, les Etats-Unis officialisent, si besoin était, l’accroissement de leur présence au large et sur le territoire même de " l’Afrique utile " (15), et même au-delà.

Ce qui fait encore débat, c’est l’étendue géographique et la permanence de cette présence accrue (16).

Pour ses partisans, l’AFRICOM représente une occasion tant pour l’Afrique que pour les Etats-Unis de resserrer les liens déjà existants de coopération en matière de sécurité. La définition des " menaces " portant atteinte à la sécurité de ces pays demeure aussi imprécise que commode.

L’AFRICOM est également conçu comme un terrain d’expérimentation devant permettre une meilleure intégration des actions civilo-militaires en vue de traiter les causes sous-jacentes et à long terme de l’insécurité invoquée plus haut. Washington prend acte de l’incapacité de l’Union Africaine à confier à ses " casques verts " des opérations de maintien de la paix, voire d’imposition de la paix dans des zones en crise ou en proie à des conflits ouverts (sauf aux Comores !).

D’aucuns se demandent si le carnet de route de l’AFRICOM ne pêche pas par excès d’ambition : en effet, s’interrogent-ils, les questions censées être traitées par l’AFRICOM ne relèvent-elles pas plutôt du Conseil de Sécurité des Nations Unies ? Dans quelle mesure l’AFRICOM n’empiète-t-il pas sur le domaine d’action de l’ONU ? Va-t-il coopérer avec d’autres membres de la " communauté internationale " (Chine, France, Union Européenne…) ou, au contraire, faire cavalier seul et peut-être entrer en concurrence avec eux ?

A défaut de réussir la professionnalisation de leur outil militaire, les Etats africains vont-ils pouvoir / devoir continuer à recourir aux services onéreux, et pas forcément désintéressés, des Sociétés Militaires Privées (SMP)(17)?

Quoi qu’il en soit, l’AFRICOM a aussi ses détracteurs. Et c’est ici qu’apparaît l’autre préoccupation, ou plus exactement la vraie raison d’être de ce nouveau Commandement géographique : les enjeux économiques, et plus particulièrement énergétiques.

Le Pentagone ne risque-t-il pas de prendre le pas sur le Département d’Etat ? Les priorités à court terme de la Guerre Mondiale contre le Terrorisme ne vont-elles pas compromettre les investissements et intérêts à long terme des Etats-Unis dans le domaine de la sécurité énergétique ? Les actions entreprises par l’AFRICOM ne vont-elles pas aiguiser une compétition de type neo-coloniale entre les Etats-Unis et la Chine ? Nonobstant les conséquences négatives probables à moyen et long terme pour la région…

 

LE MANDAT D’AFRICOM

 

Le mandat initial

A vrai dire, le mandat initialement donné à l’AFRICOM comportait des insuffisances, voire des failles. On déplorait, par exemple, le manque de planification systématique ab initio par le Département de la Défense (DoD) qui s’était abstenu d’organiser des consultations préalables. Mal définie, la mission impartie ne pouvait que manquer de clarté. Les acteurs extérieurs n’avaient, eux non plus, pas été conviés pour être entendus.

Qui plus est, l’annonce faite par le Président Bush en février 2007 semblait entretenir une confusion entre les objectifs civils et les fins militaires. Impression renforcée par des explications ultérieures incomplètes. Les domaines de responsabilité dévolus aux ONGs n’étaient pas bien délimités. Ces dernières redoutaient donc que les militaires n’empiètent sur leurs activités " traditionnelles " où elles avaient fait leurs preuves…

Le projet d’AFRICOM se heurtait à une opposition croissante tant parmi les gouvernements et ténors africains que de la part de la classe politique à Washington, particulièrement au Département d’Etat et au Département de l’Aide Internationale (USAID), qui redoutaient d’être marginalisés, si ce n’est ignorés.

En avril 2007, Ryan Henry, avait rencontré des dirigeants du Nigeria, d’Afrique du Sud, d’Ethiopie, du Ghana et du Sénégal à qui il avait expliqué les buts généraux poursuivis par l’AFRICOM.

Le 21 juin 2007, une délégation américaine qui comprenait des représentants du DoD, du Département d’Etat et de l’USAID conclut un deuxième tour de consultations avec des hauts fonctionnaires de la Défense et des Affaires Etrangères de plusieurs pays africains (Algérie, Maroc, Libye, Egypte, Djibouti et Union Africaine). A cette nouvelle occasion, Ryan Henry répéta que :

l’AFRICOM n’ambitionnait pas de diriger les efforts visant à assurer la sécurité du continent, mais plutôt d’aider les pays et organisations africains en place à prendre la tête de ces opérations et à réussir (18).

Les représentants américains se rendirent également à Paris pour rencontrer des représentants du gouvernement français et des Attachés de Défense de pays africains.

Le Service de Recherche du Congrès américain (CRS) fit valoir que le législateur souhaitait obtenir des précisions et éclaircissements quant aux rôles des " contractors " (les SMPs) dans le nouveau Commandement, à la priorité qui serait donnée aux opérations de contre-terrorisme (CT) par ce Commandement, et recevoir l’assurance que les forces armées africaines formées et entraînées par les conseillers américains ne seraient utilisées ni à des fins de répression interne ni contre d’autres Etats (19).

Le nouveau Commandement devrait être pleinement opérationnel (Full Operational Capability ou FOC) le 1er Août 2008. Un certain nombre de questions soulevées dès le départ étant restées sans réponse, le projet initial semblait mal " ficelé ", d’où une fâcheuse impression générale d’improvisation hâtive.

 

Le mandat actuel

L’AFRICOM reçut, par conséquent, un mandat moins ambitieux qui ne donna satisfaction ni à ses partisans ni à ses détracteurs.

Le site internet du nouveau Commandement décrit ainsi le nouveau rôle qui lui est attribué (20):

L’Afrique revêt une importance stratégique et économique. Nous nous attachons à donner à nos partenaires africains les capacités nécessaires à :

       

  • Réduire les conflits

     

  • Améliorer la sécurité

     

  • Vaincre les terroristes

     

  • Appuyer les réponses aux crises

     

Selon les termes de la Quadriennal Defense Review (QDR) de février 2006, l’objectif premier de l’AFRICOM est d’

empêcher les problèmes de dégénérer en crises et les crises de dégénérer en catastrophes.

Et ce faisant d’empêcher le basculement des " zones grises " dans la catégorie des " Etats faillis " (failed states).

La mission impartie à l’AFRICOM s’inscrit dans le cadre général suivant (Draft Mission statement) : d’une part l’AFRICOM doit appuyer et faire avancer les initiatives américaines déjà en cours de réalisation afin d’aider les pays africains, l’Union Africaine et les communautés de la région (on notera au passage que ce terme de " communautés " n’est ni défini ni illustré) ; d’autre part le DoD est placé à la poignée de l’éventail pour prendre en charge les questions de sécurité (pour chaque pays africain ainsi que pour les organisations régionales) et, également, s’occuper des questions relatives à la sécurité (prospérité économique, développement, éducation, santé, démocratie…).

 

LES ACTIVITES DE L’AFRICOM

 

Le spectre des activités où l’AFRICOM se trouve impliqué n’est ni nouveau ni unique.

Le programme ACRI (African Crisis Response Initiative) devenu ACOTA (African Contingency Operations and Training Assistance) a impliqué la formation de quelque 43.000 militaires appartenant à 19 pays (dont le Nigeria, le Ghana, le Sénégal, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Bénin et le Kenya), pays qui fournissent la quasi-totalité des " gardiens de la paix ".

En effet, nombreux sont les programmes déjà initiés par les Etats-Unis : le programme de formation et d’entraînement militaire international (IMET), l’entraînement aux échanges interalliés et interarmées (JCET), l’initiative d’opération de paix mondiale (GPOI), sans compter les opérations visant à assurer la sécurité maritime régionale (21), à mener la lutte anti-terroriste dans le Sahel, l’Afrique Orientale, plus particulièrement la Corne de l’Afrique (le Camp LEMONIER établi par les Marines à Djibouti en mai 2003 sert de base opérationnelle à 1.800 personnels), sans oublier le soutien aux opérations de maintien de la paix menées par l’Union Africaine ni la coopération entre militaires (mil-mil) dans le domaine du renseignement, de la santé et de la lutte contre le SIDA.

Il n’est pas anodin de remarquer que ces programmes couvrent tous les pays du continent, à l’exception de l’Eritrée, de la Libye, du Soudan et du Zimbabwe.

L’AFRICOM a pour mission de conduire des campagnes d’actions militaires directes ciblées dans la Corne de l’Afrique (22).

L’AFRICOM devra améliorer le renseignement au service du combat (actionable intelligence) et les opérations de commandement et de contrôle (C2).

Toutefois, l’AFRICOM gardera un profil bas : seuls seront établis des bases (appelées lily pads ou bare bones facilities) fonctionnant avec du personnel non opérationnel initialement limité à cinq cents militaires et civils tout au plus.

Le concept de sea-basing, c’est-à-dire de déploiement à partir de la mer convient parfaitement à cette présence (footprint) réduite sur terre (23). Il permet de sécuriser l’environnement maritime menacé par la pêche illégale, le trafic de stupéfiants, le trafic d’êtres humains, la contrebande de pétrole et les atteintes à l’environnement.

L’AFRICOM a fait savoir qu’il ne s’immiscerait point dans les problèmes de sécurité du delta du Niger où le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger (MEND) combat le gouvernement de Lagos en effectuant des opérations dans le delta et contre les installations offshore des " majors " pétrolières.

La Base de Partenariat Africaine (APS) enverra ses équipes (Expeditionary Partnership Teams ou EPT) au Sénégal (Dakar, 07 novembre 2007), au Liberia, au Ghana, au Cameroun, au Gabon, en Angola et à Sao Tome et Principe (STP). Au cours de son déploiement l’APS appuiera aussi une vingtaine de projets d’assistance humanitaire se déroulant dans huit pays (24).

 

 LE CONCEPT DE SEA BASING DANS L’AFRICAN PARTNERSHIP BASE (APS)

 

La nouvelle doctrine stratégique la US Navy dévoilée le 17 octobre 2007 lors de l’International Seapower Symposium au Naval War College de Newport, intitulée " Une Stratégie de Co-opération pour la Puissance Navale du 21è Siècle " (A Co-operative Strategy for 21st Century Seapower) met effectivement l’accent sur le resserrement des liens entre les marines de divers pays appelées à assurer la sécurité maritime à une époque de mondialisation croissante.

Dans ce document la US Navy souligne l’importance du nouveau Commandement pour l’Afrique et

reconnaît l’importance croissante et la nécessité d’une augmentation des activité de temps de paix en Afrique et dans l’Hémisphère Occidental (25).

Fin 2007, la US Navy déploya une Task Force navale amphibie dans le cadre d’une initiative des Forces Navales US en Europe offrant ainsi une formation maritime embarquée aux personnels de nations d’Afrique Occidentale et Centrale partenaires de l’APS. Cette base mobile offre le triple avantage de la sécurité pendant l’entraînement, de l’absence d’implantation sur le sol africain et donc de minimiser la présence visible des Américains.

La composition de cette escadre répond parfaitement tant à la conception du cadre civilo-militaire de l’AFRICOM qu’à la nouvelle doctrine navale américaine qui met en œuvre conjointement les trois " Armées de Mer " regroupant désormais la Marine (US Navy), les Gardes Côtes (US Coast Guard) et les Marines (USMC).

Lors du dernier exercice en Mars 2008 au large du Liberia dans le Golfe de Guinée, le Commandement du Transport Maritime Stratégique Militaire (Military Sealift Command ou MSC) dépêcha quatre bâtiments formant une Escadre Maritime de Navires de Prépositionnement (MPSRON) :

  • Deux bâtiments de transport de type T-AK, le MV 2nd Lt. John P. BOBO Class (T-AK 3008) et le USNS Lance Cpl. Roy M. WHEAT Class (T-AK 3016), avec chacun un équipage de quelque cinquante personnels ;

  • Un bâtiment de transbordement, le rapide catamaran dernier cri le High Speed Vessel-2 (HSV-2) SWIFT (quarante sept marins d’équipage, cabines pour cent sept personnels et, éventuellement quatre vingt sept autres) ;

  • Un bâtiment amphibie le USS FORT MCHENRY (LSD 43), avec quelque neuf cents personnels à bord.

 

Le Commandant de l’Escadre (MPSRON), le CV Clay SAUNDERS, très enthousiaste à l’idée de participer à l’APS se félicita de :

l’occasion qui nous est donnée de valider notre concept de base en mer (seabasing) et de mettre en œuvre nos capacités de transbordement (ship-to-shore) et, dans le même temps, d’appuyer une opération d’aide humanitaire, qui ne soit pas un exercice, qui fasse la preuve des larges capacités de notre force pré-positionnée (26).

 

 

 

UN COMMANDEMENT MILITAIRE
AUX ORDRES DES CIVILS

 

En révisant à la baisse ses prétentions pour l’AFRICOM, le DoD entend donner des gages au Département d’Etat et au Département de l’Aide Internationale. Afin de lever les soupçons et d’apaiser les tensions avec ces deux ministères, le DoD a innové en créant une chaîne hiérarchique hybride : certes, un Général quatre étoiles (William E. ‘Kip’ WARD) sera à la tête de l’AFRICOM, mais, et c’est là la première nouveauté : il sera assisté de deux adjoints de rang égal, chacun occupant une fonction différente, le premier étant le Vice Amiral Robert T. MOELLER chargé des opérations, et le second un haut fonctionnaire, un diplomate du Foreign Service chargé de l’assistance et du développement (Mrs Mary Carlin YATES, Ambassadeur) (27).

Personne d’expérience, cette dernière est fin connaisseur de l’Afrique et est parfaitement au fait des procédures en vigueur au Département d’Etat et au Département de l’Aide Internationale. C’est à ce diplomate qu’incombera la tâche de mieux intégrer l’assistance en matière de défense et les programmes d’assistance purement civils. A elle également reviendra la charge d’améliorer les relations entre l’AFRICOM et les ambassades américaines mises à contribution pour la réalisation des programmes prévus.

Cela explique, et il s’agit là de la seconde nouveauté, et non la moindre, puisqu’elle est sans précédent, que les activités du Pentagone seront désormais subordonnées au Département d’Etat et au Département pour l’Aide Internationale.

Le DoD est mis aux ordres pour exécuter la partition que lui ont écrite les deux autres ministères. Ce sont les civils qui tiennent les rênes, et non les militaires (28).

Après une année de fonctionnement, l’AFRICOM dresse son premier bilan : un équilibre prudent a été réalisé entre les activités militaires et les tâches civiles ; le lien entre les programmes d’assistance militaire et les priorités de sécurité africaine a été renforcé.

La subordination des activités militaires de l’AFRICOM aux objectifs fixés par les civils a été réalisée tant concrètement que symboliquement.

Restera à assurer la pérennité de cette coopération entre civils et militaires. La sécurité apportée par les militaires doit permettre développement et prospérité. La guerre contre le terrorisme et autres opérations de police musclée entreprises dans le court terme ne doivent pas compromettre les objectifs à long terme fixés par les civils.

Enfin, en raison de la subordination sans précédent historique des militaires aux civils, ces derniers attendent des premiers qu’ils satisfassent à une obligation de résultat.

 

L’AFRICOM ET LES AFRICAINS

 

Si, dans un premier temps, Washington ne semble pas mécontent du bilan qui vient d’être dressé, qu’en pensent les intéressés eux-mêmes, les Africains ?

 

Le Bon Samaritain

Les Etats-Unis ne ménagent pas leurs efforts pour justifier leur présence dans le Golfe de Guinée (29) ou dans la Corne de l’Afrique : ils se sont attribués la mission de prévenir les conflits, promouvoir la stabilité régionale et protéger les intérêts de leurs " amis africains " lesquels ont d’ailleurs sollicité leur aide, comme en témoigne le Contre-Amiral Phil Greene, commandant la CJTF-HOA :

Nous nous attachons à développer des partenariats et à forger des relations avec nos amis africains.

Nous sommes là parce qu’ils le veulent et nous nous employons à les aider à résoudre les défis africains. En fin de compte, il s’agit d’aider les Africains à résoudre des problèmes africains, et nous participons à leurs efforts et à leur aptitude et à leur capacité à y parvenir (30).

Interrogé par la Commission de la Défense du Sénat américain en septembre 2007, le Général Ward avait pris grand soin de souligner que l’AFRICOM limiterait son rôle à la protection des frontières, à assurer la sécurité maritime, à opérer des actions de lutte anti-terroriste (CT), à conduire des opérations de maintien de la paix (OMP) et garantir la sécurité régionale ; il avait écarté toute possibilité d’impliquer les Etats-Unis dans la protection des ressources d’hydrocarbures, la lutte contre les extrémistes islamiques ou l’endiguement de l’activisme chinois sur le continent africain.

En préconisant une utilisation " soft " de la puissance américaine (s’appuyant sur le Three D Agenda, à savoir les "  trois piliers " que sont la défense, la diplomatie, et le développement,), et en réduisant au maximum la présence américaine visible sur le continent noir, l’AFRICOM entend projeter une image attirante et rassurante pour les Africains.

L’APS constitue le volet africain du concept de Global Fleet Station (GFS) de la US Navy, destiné à sensibiliser les Africains aux problèmes de sécurité maritime et à trouver des moyens nouveaux de faire face aux défis rencontrés par les pays africains en mer, ou plus exactement dans leurs zones côtières et portuaires (domaine d’expertise de la US Coast Guard, surtout depuis 9/11).

Tous problèmes auxquels les pays africains sont confrontés, mais qu’ils sont actuellement incapables de résoudre par leurs propres moyens (31).

En embarquant à bord du USS Fort McHenry des représentants de la France, de l’Allemagne, du Portugal, du Danemark, de l’Espagne et du Royaume Uni, les Etats-Unis comptent tirer le meilleur parti des relations étroites que ces pays européens entretiennent avec divers pays africains.

Les alliés européens de Washington sont donc partie prenante, à leur échelle certes, de la nouvelle politique africaine dévolue à l’AFRICOM.

 

Loger l’AFRICOM

Soucieux de se rapprocher de sa " base clients ", l’AFRICOM envisage de déménager de Stuttgart, où se situe son PC provisoire,… à condition de trouver une terre d’accueil pour son bureau régional sur le territoire africain.

La présence permanente de troupes américaines, voire l’établissement d’un véritable QG, sur le continent africain est loin d’être unanimement souhaitée. Les vertueuses intentions avancées par Washington sont accueillies avec scepticisme, et même défiance. La théorie du complot resurgit. Et ce d’autant plus que la formulation nébuleuse de la mission stratégique de l’AFRICOM ne peut qu’alimenter craintes et suspicions.

Le choix d’un emplacement pour établir le QG de l’AFRICOM relève de critères sur lesquels le DoD et le Département d’Etat se sont mis d’accord.

Dès 2004, le Général Wald, commandant alors l’EUCOM, qui englobait donc la majeure partie du territoire africain dans sa zone de responsabilité, faisait clairement savoir que si les Etats-Unis apporteraient volontiers leur aide à des Etats comme l’Afrique du Sud (durement touchée par le SIDA/virus HIV), ils n’envisageaient en aucune manière d’installer une base permanente à Alger.

Cette position demeure inchangée en 2008, comme l’a répété lors d’une visioconférence, l’Ambassadrice Mary Carlin Yates, Adjointe au Chef de l’AFRICOM, en charge des activités civiles : s’il est une certitude, c’est que la création de l’AFRICOM :

fait de la région Afrique une priorité

souligna-t-elle, tout en concédant du bout des lèvres que :

le continent est important pour la sécurité énergétique des Etats-Unis,

préoccupation officiellement secondaire par rapport à la lutte contre le terrorisme (32). Par ailleurs, indiqua Madame Yates, les Etats-Unis savent pouvoir tirer profit de la longue et précieuse expérience française en terre d’Afrique (33).

En effet, précisa la diplomate, certains pays africains souhaitent ouvertement collaborer avec l’AFRICOM afin de professionnaliser leurs forces armées. Mais, ajouta-t-elle par souci d’apaisement, l’AFRICOM n’a aucunement vocation à se substituer aux Africains :

Les pays africains sont capables d’assurer leur sécurité. Nous sommes là pour les aider à maintenir la stabilité et garantir le développement. Notre engagement est durable.

Les Africains se méfient de plus en plus de l’Occident en général, et des Etats-Unis en particulier (34), d’où leurs réactions allant d’une prudente réticente à une hostilité ouverte envers l’AFRICOM.

 

Les Etats favorables à l’AFRICOM

Dans l’état actuel des choses, seul le Liberia d’Ellen Johnston Sirleaf (35) s’est déclaré officiellement prêt à accueillir l’AFRICOM qui, par ailleurs, mènera des discussions avec le Ghana, l’Ethiopie et Djibouti en vue d’installer soit un bureau soit une unité.

 

Réticence envers l’AFRICOM

Bien qu’il soit le plus ferme allié de Washington dans la Guerre Mondiale contre le Terrorisme (36), le Maroc demeure en retrait.

 

Les Etats défavorables, voire hostiles à l’AFRICOM

La Libye du Colonel Khaddafi a demandé aux trois Etats du Maghreb de repousser les demandes de Washington à cet égard, craignant que la présence de troupes américaines ne serve plutôt d’aimant que de repoussoir aux terroristes. Faisant du passé table rase, et fort de son nouvel entregent en Europe, le Colonel/Président s’est refait une virginité politique…

Suivant une logique qui lui est propre, Tripoli relâcha le 09 avril 2008 quatre vingt dix prisonniers présumés proches de membres appartenant à al-Qaeda

Effectivement, dont acte au Guide libyen : l’on ne peut que constater que le résultat obtenu par la TSCTI depuis 2004 semble être l’inverse de celui recherché : le Chad, le Niger et le Mali ont tous trois connu une nette recrudescence des insurrections.

Au Kenya, la presse dénonce avec virulence une " militarisation " de l’aide et du développement en l’Afrique :

L’Afrique regardera tous ses efforts de développement à travers le prisme du Pentagone. C’est une situation vraiment dangereuse. Nous n’avons nul besoin d’une militarisation de l’Afrique, nous n’avons nul besoin d’adopter une approche sécuritaire en matière d’aide et de développement en Afrique (37).

Et pourtant, malgré les attentats contre son ambassade (et celle de Tanzanie) en 1998, et jusqu’aux récentes violences inter-tribales début 2008, Washington voyait en Nairobi une implantation idéale.

Le 23 octobre 2007, le Chef d’Etat-Major des Armées (CEMA) du Nigeria, le Général Owoye Azazi considérait que l’AFRICOM et la présence militaire américaine dans le Golfe de Guinée ne menaçait nullement son pays (38). Ce qui n’empêcha point le Conseil National d’Etat réuni le 19 novembre 2007 à Abuja d’étaler son désaccord avec ses propres chefs militaires et de se déclarer hostile à l’installation de l’AFRICOM sur le sol nigerian (39).

Le 29 Août 2007, s’exprimant au nom de la SADC (Southern African Development Community) réunie à Dar-es-Salaam, le Ministre de la Défense Sud-Africain, Mosivoa Lekota, déclara que la Communauté inter-étatique de la SADC avait adopté une position commune, à savoir avait émis une recommandation de n’accueillir ni l’AFRICOM ni des troupes américaines en raison des effets négatifs sur la solidarité africaine et sur la sécurité du continent qu’une telle présence occasionnerait.

Le Président de la Zambie, Levy Mwanasawa, partage ce point de vue, affirmant qu’aucun des quatorze Etats membres de la SADC ne voulait voir une base américaine sur son territoire (40).

D’après le Ministre Lekota, la majorité des régions d’Afrique s’est alignée sur cette décision qui a été communiquée à l’administration de l’Union Africaine (UA) sise à Addis Abeba (Ethiopie) (41).

Dans la région de la Corne, des pays tels que la Somalie, l’Eritrée, et le Soudan soupçonnent Washington de préparer à partir de bases à terre (Djibouti, Ethiopie, Kenya ou autres " pieds à terre " (les lily pads) occasionnels ou prépositionnés) des opérations combinant frappes aériennes et actions des forces spéciales contre des " terroristes " repérés dans cette région (42). De la théorie les Américains du CJTF-HOA sont passés à la pratique en encadrant, renseignant et appuyant leur vieil allié, les forces armées éthiopiennes volant au secours du gouvernement de Mogadiscio en 2006/2007 contre les " Tribunaux Islamiques " (Union of Islamic Courts ou UIC) auxquels appartiendraient des affidés d’al-Qaeda liés aux attentats de 1998 et 2002 (43).

 

Militarisation de l’AFRICOM

Helmut Heitman, envoyé spécial de Jane’s Defence Weekly en Afrique du Sud, discerne nettement la volonté américaine de contrecarrer en Afrique à la fois l’influence croissante de la Chine et l’influence potentielle de l’Inde (44).

Jane’s Defence Weekly ne fait pas mystère que lors de sa présentation de l’AFRICOM au Royal United Services Institute (RUSI) de Londres, le 18 Février 2008, le Général Ward fut tout sauf convaincant quant à la non militarisation du continent.

Il est vrai, renchérit le Dr David Francis, Directeur de l’Africa Center for Peace and Conflict Studies de l’Université de Bradford, que l’histoire récente des interventions américaines en Afrique ne plaide pas en faveur de cette thèse.

Theresa Whelan, Assistante Adjointe au Secrétaire de la Défense en charge des Affaires Africaines, s’évertua à nier toute militarisation de la politique africaine de Washington à travers l’AFRICOM :

Les faits et les chiffres démontrent que les questions et les programmes traitant de commerce, santé, développement et gouvernance, et non pas les programmes militaires, dominent le paysage de la politique américaine envers l’Afrique aujourd’hui et qu’il continuera à en être ainsi à l’avenir. La création d’un Commandement pour l’Afrique par le DoD ne changera en aucune manière cet axe de la politique américaine (45).

En fait, précisa-t-elle, rassurante, l’AFRICOM ne vise qu’à :

compléter l’Union Africaine, et non à entrer en concurrence avec elle (46).

Toutefois, pour le Center for Strategic and International Studies (CSIS), il n’est pas souhaitable de présenter l’AFRICOM comme un Commandement " préventif ", car :

Il est hautement probable que l’AFRICOM, un jour à venir, sera utilisé comme un véritable Commandement Combattant (COCOM) pour répondre à des menaces ou réagir à des désastres sur le continent (47).

L’AFRICOM doit, par conséquent, d’ores et déjà se préparer à assumer un rôle opérationnel, recommande le CSIS.

Selon un récent rapport du Centre de Recherche du Congrès (CRS), le Pentagone sait pouvoir compter sur l’accès, le cas échéant, à un certain nombre de bases aériennes africaines, à des ports et à des installations rudimentaires (les Bare Bones Facilities) où du matériel pré-positionné est prêt à l’emploi, matériel dont l’entretien est assuré par les armées du pays concerné (Gabon, Kenya, Mali, Maroc, Namibie, STP, Sénégal, Tunisie, Ouganda et Zambie) (48).

 

Le dessous des cartes

Theresa Whelan, reconnut sans difficulté que les Etats-Unis, comme d’autres pays d’ailleurs, étaient évidemment intéressés par les hydrocarbures africains. Néanmoins, tient-elle à préciser, la raison première de la création de l’AFRICOM n’est pas de permettre à Washington de faire main basse sur les hydrocarbures africains. Bien au contraire, la mission de l’AFRICOM est d’aider les Etats africains à protéger leurs ressources naturelles (le pétrole, entre autres). D’où l’importance de la contribution américaine à la sécurité maritime des côtes africaines et à la protection des parcs naturels, comme ce fut le cas dans les années 1980 et 1990, le rappela-t-elle.

Les intentions réelles, c’est-à-dire non avouées, (hidden agenda) des Etats-Unis, insinue-t-on, sont loin d’être pures : derrière l’aide au développement se cache la prédation des ressources naturelles du continent (pétrole, bois, cobalt, uranium…). L’aide généreuse de Washington est-elle aussi désintéressée qu’elle le prétend ?, demande-t-on.

Au regard du passé colonial de l’Europe, bon nombre de dirigeants africains doutent de la prétendue convergence des intérêts de l’Afrique et de ceux des Etats-Unis.

Quel sont les véritables desseins à long terme de Washington en Afrique ?

Selon le Dr Francis, ceux en faveur de l’AFRICOM y voient un moyen d’assurer leur survie et la protection de leur régime, ceux qui y sont hostiles craignent, par contre, d’être victimes d’un changement de régime au travers d’une intervention militaire. Les uns comme les autres, conclut-il, voient dans l’AFRICOM l’instrument privilégié de la protection des ressources tant convoitées par les Etats-Unis.

L’Afrique a tous les atouts en main,

se réjouissait le magazine Africa Today. Certes, constatait Thilo Thielke, journaliste à Der Spiegel :

les deux grandes puissances, américaine et chinoise, ne se sont jamais autant intéressées à l’Afrique et leur intérêt ne fera que croître fortement car la bataille pour les richesses du continent a commencé depuis longtemps (49).

L’AFRICOM dévoile son jeu : au fur et à mesure que se précisent les démarches du nouveau Commandement pour trouver une implantation pour son QG en Afrique, les Africains perçoivent de plus en plus clairement la double raison d’être de ce nouvel organisme : la prise de contrôle des ressources en hydrocarbures et la lutte contre l’influence chinoise en Afrique (50).

L’une des craintes exprimées par les Africains est que l’AFRICOM connaisse une dérive de sa mission initiale (mission creep) et glisse vers un mode beaucoup plus interventionniste dans les affaires africaines.

 

L’AIGLE, LE DRAGON ET LE TIGRE

 

L’Administration Bush a toujours fait du contrôle des ressources, surtout de l’Or Noir, une priorité stratégique. En 2001, le Vice-Président Dick Cheney recommandait dans sa Politique Nationale de l’Energie de :

faire de la sécurité énergétique une priorité de notre politique commerciale et étrangère.

En 2002, la Maison Blanche énonçait la " doctrine West Point " selon laquelle les Etats-Unis ne pouvaient tolérer aucun rival potentiel dans les sphères économique, politique ou militaire.

La convergence de ces deux politiques fait donc du contrôle du " carburant de la guerre ", c’est-à-dire des ressources énergétiques et matières premières stratégiques, un enjeu planétaire qui ne peut, à terme, que déboucher sur une confrontation avec ses concurrents, à commencer par la Chine (51).

 

L’obsession de l’Or Noir

Seules des importations massives de pétrole africain permettront à l’Amérique d’étancher sa soif croissante en hydrocarbures, notamment en raison de son intention de diminuer de réduire de 25 % ses importations en provenance d’Arabie Séoudite d’ici 2025.

Lors de son périple en Afrique en février 2008, le Président Bush, panachant messianisme et pragmatisme, se fit bon apôtre, apportant aide et espoir :

L’Amérique voit l’Afrique à la fois en fonction de ses idéaux et de ses intérêts…

L’Afrique est aussi de plus en plus vitale pour nos intérêts stratégiques. Nous avons vu que les conditions de vie à l’autre bout du monde peuvent avoir un impact direct sur notre propre sécurité.

Nous savons que si l’Afrique devait continuer à emprunter le vieux sentier du déclin, elle serait davantage susceptible de produire des Etats faillis, encourager les idéologies extrémistes, et relancer la violence entre les Etats.

Nous savons aussi que si l’Afrique connaît davantage de liberté, et de prospérité et de justice, ses peuples choisiront une meilleure voie.

Les gens qui vivent dans des sociétés fondées sur la justice et la liberté sont plus enclins à rejeter la fausse promesse offerte par l’idéologie extrémiste. Les citoyens qui entrevoient un avenir où ils ont des chances sont davantage susceptibles de bâtir des économies pleines d’espérance dont tous profitent. Des pays qui remplacent la maladie et le désespoir par la guérison et l’espoir aideront l’Afrique à faire plus que seulement survivre – cela aidera l’Afrique à réussir.

La nouvelle époque est enracinée dans une puissante vérité : la ressource la plus riche de l’Afrique n’est pas son pétrole, ce n’est pas ses diamants, c’est le talent et la créativité de son peuple.

C’est pourquoi nous concluons des partenariats avec des dirigeants africains pour donner à leur peuple les moyens d’émanciper leur pays et d’écrire un nouveau chapitre de leur Histoire (52).

 

Du non-alignement de Bandoeng au réalignement sur Pékin

L’aide occidentale étant de plus en plus dépendante des réformes économiques et des progrès en matière de droits de l’homme, l’Afrique a trouvé plus commode de saisir la main tendue de la Chine (53), intéressée certes, mais généreuse, et peu regardante sur la question sensible des droits de l’homme et, pour le moment, respectueuse de la souveraineté des pays africains (54).

Pékin n’éprouve aucun état d’âme à fréquenter des régimes mis au ban des Nations Unies tels que le Soudan ou le Zimbabwe. La non-ingérence dans les affaires intérieures est la pierre angulaire de ces relations ainsi que la non reconnaissance de Taiwan (55).

Désormais l’Afrique fournit 1/3 du pétrole importé par Pékin. La priorité absolue de Pékin est la sécurité de ses approvisionnements qui passe, en l’occurrence, par la stabilité des régimes en place, précise Eric Laurent spécialiste des questions de pétrole (56). A la différence des occidentaux, Pékin ne formule aucune exigence en matière de droits de l’homme, démocratie, bonne gouvernance et propose gratuitement des services et de la main d’œuvre, confirme-t-il.

Les nombreuses et régulières visites tant par le Président Hun Jintao que par son Premier Ministre Wen Jiabao et de nombreux autres hauts responsables chinois ont depuis longtemps porté leurs fruits puisque plus de 800.000 chinois travaillent déjà pour plus de 900 entreprises de toutes tailles en Zambie, au Congo, au Zimbabwe, Gabon, Cameroun, Mozambique, Liberia, Sénégal, Angola, Nigeria, Soudan, en Guinée Equatoriale, Cap Vert…

L’importance que la Chine accorde à l’Afrique se manifesta lors du Sommet Chine-Afrique qui se déroula à Pékin en 2006 et où se rendirent bien volontiers quarante six des cinquante trois pays du continent.

 

L’accès stratégique à l’Afrique

Au vu de ces données empiriques, il parait difficile de soutenir, comme le fait Richard Reeve dans Jane’s Intelligence Review, que :

L’explication selon laquelle les Etats-Unis chercheraient à contrecarrer l’influence grandissante de la Chine en Afrique manque de crédibilité…(sous prétexte que)…la Chine entretient des relations militaires directes avec des douzaines de pays africains depuis les années 1960 et ne cherche pas à développer ses propres bases hors d’Asie (57).

S’assurer d’un accès stratégique à des marchés et/ou théâtres d’opérations est un impératif absolu pour des nations qui commercent et importent l’essentiel de leurs ressources de l’étranger.

La présence massive de la Chine sur l’ensemble du continent africain a changé la donne stratégique en Afrique ; elle ne permet pas de sous-estimer, voire ignorer une entrave aux activités de Washington en Afrique.

La RAND avait déjà élaboré une Stratégie à Long Terme pour l’Asie du Sud-Est, le Pacifique, l’Amérique Latine et les Caraïbes (58). Le caractère expéditionnaire des forces armées américaines en est une preuve a fortiori.

D’où l’étude par la NATIONAL DEFENCE UNIVERSITY portant sur la menace que l’influence chinoise fait/ferait peser sur l’accès opérationnel aux ports d’Afrique pour les navires américains :

Il se peut que la capacité de projeter la puissance américaine, hormis dans le cas d’un scénario d’entrée par la force, à travers et par les ports maritimes commerciaux existants en Afrique lors d’une crise régionale soit gênée par l’influence grandissante, économique et politique, exercée par la République de Chine Populaire(59).

La Chine, constate l’auteur, logisticien de formation, a dépensé et continue de dépenser un temps et un argent considérable en vue de pouvoir accéder politiquement et économiquement à la majeure partie du continent, notamment aux pays ayant une bordure maritime permettant d’acheminer vers la mer les ressources exploitées dans les terres reculées rendues accessibles grâce aux infrastructures construites par les chinois.

Il n’est donc pas réaliste d’exclure la possibilité qu’en cas de crise les opérateurs des villes portuaires soient réticents à permettre à des navires battant pavillon américain d’avoir accès à ces ports si cela devait perturber le fonctionnement commercial habituel ou bien contrarier les objectifs politiques poursuivis par la Chine dans la région.

L’influence grandissante de la Chine est donc un sujet de préoccupation majeure pour les Américains qui, si elle n’était pas contrée, pourrait :

…conduire à des frictions, voire un conflit ouvert, entre Beijing et Washington.

Les Etats-Unis, par conséquent, ont besoin d’une stratégie d’ensemble cohérente qui coordonne ses instruments de pouvoir diplomatique, militaire et économique afin de contrer l’influence grandissante de la Chine en Afrique (60).

Mais, rappelle l’auteur, la confrontation n’est ni inévitable ni souhaitable. La National Security Strategy de 2006 envisage de plus pacifiques scénarios :

Les Etats-Unis salueront l’émergence d’une Chine qui soit pacifique et prospère et qui coopère avec nous afin d’aborder les défis communs et intérêts mutuels (61).

Une coopération forte sino-américaine serait bénéfique non seulement pour les deux pays, mais pour les Etats africains et leurs affaires, conclut-il. De son côté, le Council on Foreign Relations invite également Washington à un dialogue franc avec Pékin dont l’influence en Afrique n’est pas prête de diminuer (62).

 

L’Inde avance à pas feutrés

Les pays occidentaux se sont moins intéressés à l’Inde qu’à la Chine. Et pourtant, à l’instar de la Chine, l’Inde a conclu des marchés avec le Soudan et évité de critiquer Khartoum sur la question du Darfour.

Comme la Chine, la politique africaine de l’Inde est dictée par ses intérêts économiques. Le pétrole au Nigeria, l’or en Afrique du Sud, les minerais, métaux et uranium à l’île Maurice constituent d’importantes importations. La relation avec l’Afrique Occidentale semble prometteuse (63).

C’est la concurrence chinoise qui pousse New Delhi à approfondir ses relations avec l’Afrique et à y accroître sa présence. Actuellement, l’Inde a dix neuf missions dans les quelque quarante sept pays sub-Sahariens.

L’intense trafic maritime de la Chine à travers l’Océan indien, que l’Inde considère comme son arrière-pays, sa Mare Indicum, l’a amené à tisser des liens et conclure des accords de défense avec les pays riverains (Mozambique, Madagascar, Seychelles):

Aussi lointain soit-il, l’objectif de Delhi semble être de faire de l’Océan Indien une mare indicum. Certaine de sa puissance à venir, l’Inde semble prête à avancer sur cette voie à l’ombre du nouvel ami américain (64).

L’Inde n’a pas répondu favorablement aux avances de la France et de l’Allemagne qui cherchaient à se rapprocher de New Delhi pour faire pièce à la concurrence chinoise sur le continent africain (65).

Comme la Chine, l’Inde n’entend pas salir sa réputation en se compromettant avec d’anciennes puissances coloniales.

Ainsi, un nouveau " Grand Jeu " a débuté en Afrique…depuis longtemps, d’ailleurs. La Chine y a pris déjà plusieurs longueurs d’avance pendant que les Américains et leurs coalisés s’embourbaient et ruinaient aussi bien leurs finances que leur réputation dans des guerres impopulaires en Irak et en Afghanistan.

Le bras de fer entre le Vieux Monde et le Nouveau Monde d’une part et les grandes puissances émergentes du 21è siècle d’autre part est engagé (66).

Nouvel " homme malade " en cours de dépeçage par l’hégémon d’hier et d’aujourd’hui et les " royaumes combattants " (67) non européens, l’Afrique est au centre de toutes les convoitises (68).

Prise en étau entre l’Est et l’Ouest, l’Afrique trouvera-t-elle son compte dans cette course de vitesse?

 

 

NOTES

 

     

  1. defenselink.mil, March 08, 2006: EUCOM Leader calls Africa Global Strategic Imperative.

  2. Le Monde, Les Etats-Unis renforcent leur dispositif anti-terroriste dans plusieurs pays africains,05 mars 2004, p.4

  3. Jane’s Defence Weekly, US-led exercise in Mali emphasized cross-border threats, September 19, 2007

  4. WEINSTEIN Michael A., Washington’s Long War and its Strategy in the Horn of Africa, 09 November 2005, PINR.com
    http://www.pinr.com/report.php.ac=view_report&report_id=394


  5. Les cinq grands commandements US recouvrant la planète sont respectivement le US NORTHERN COMMAND (Amérique du Nord), US SOUTHERN COMMAND (Amérique du Sud), US EUCOM (Europe de l’Atlantique au Pacifique), US CENTCOM (Proche et Moyen Orient), US PACOM (Asie, Pacifique et Océan Indien).

  6. LT CMDER PETERSON Pat, USN, Into Africa – A new Frontier in the War on Terror, Proceedings, May 2006, p.32-36

  7. Lisa D. COOK, Africa : the Next Battleground in the Terror War, Hoover Digest 2004.
    http://www.hooverdigest.org/041/cook.html


  8. The Economist, Policing the undergoverned spaces, June 14, 2007, p.45-46

  9. Jane’s Intelligence Review, US steps up CT training in the Sahel, November 2004, p.30-31

  10. Jane’s Intelligence Review, Counter-terrorism successes force Algerian militants to evolve, June 2006, p.11-16

  11. Jane’s Defence Weekly, US looks for deeper African engagement, 6 July 2005, p.17

  12. Jane’s Defence Weekly, US woos North Africa as al-Qaeda infiltrates, 1 March 2006, p.23

  13. KFIR Isaac, The Challenge that is USAFRICOM, JFQ / issue 49, 2nd quarter 2008, p.110-113
    http://www.ndu.edu


    Le témoignage de J. Peter PHAM est intégralement disponible à l’URL :
    http://foreignaffairs.gov/110/pha080207.htm


    Le fils d’Abu Azzam al Ansari réside actuellement en Jordanie où il fut interviewé par Peter Taylor spécialiste du terrorisme pour un reportage de la BBC en 2006 intitulé " Is it time to talk to al-Qaeda ? "

  14. KRUZEL John J., Officials Discuss New U.S. Command with African Leaders, American Forces Press Service, Washington, June 21, 2007
    http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=46499


  15. Le Monde Diplomatique , cartographie : "l’Afrique utile"

  16. COOKE Jennifer G. & HICKS Kathleen, Global Forecast 2008: a New U.S. Command for Africa, p.39-41
    http://www.csis.org


  17. On lira avec intérêt l’ouvrage très documenté écrit par un spécialiste de la question : Philippe CHAPLEAU, Societes Militaires Privees – Enquête Sur Les Soldats Sans Armées, Coll. L’Art de la Guerre, Ed .du ROCHER

  18. ibid KRUZEL John J.

  19. Jane’s International Defence Review, US DoD holds regional talks over AFRICOM, August 2007, p.12

  20. http://www.africom/mil 07 February 2007

  21. USN Website, USS Fort McHenry assists stranded fishermen, 1/31/2008
    http://www.navy.mil story number: NNS080131-02


    Jane’s Navy International, Admiral Harry G Ulrich III, Commander US Naval Forces Europe, November 2006

  22. Jane’s Defence Weekly, Coalition Task Force boosts ops off Horn of Africa,19 March 08, p.20. Toutes les missions confiés au CJTF-HOA doivent passer par étapes sous le contrôle de l’AFRICOM.

    Jane’s Defence Weekly, Djibouti : US foothold in Africa, October 26, 2005. En 2006 le CJTF-

    HOA avait l’intention d’étendre ses activités à l’Ouganda et à la Tanzanie et proposait ses services à l’Eritrée.

  23. Jane’s Navy International, New US Africa Command adopts a benign stance for maximum appeal and support, Devember 2007, p.12-13

  24. US Navy, Africa Partnership Station Kicks Off, 10/30/2007
    http://www.navy.mil story number: NNS071030-04


  25. US Navy, A Co-operative Strategy for 21st Century Seapower, 17 October 2007. Cette nouvelle stratégie navale fait suite à celle intitulée SEA POWER 21 dont elle complète le caractère expéditionnaire destinée à s’affranchir du Host Nation Support (HNS) en mettant en œuvre les principes de Sea Basing, Sea Shield, Sea Strike et ForceNet.

  26. US Navy, Military Sealift Command Ships Prepare for Sea-Basing Exercise in Africa, 3/20/2008
    http://www.navy.mil story number: NNS080320-05


  27. Jane’s Defence Weekly, AFRICOM co-deputies take up positions, 7 November 2007

  28. Ce principe du primat de la politique étrangère donnant le cap sur la politique de défense est intangible chez les Britanniques depuis Tony Blair. " Le parti commande au fusil ", disait le Grand Timonier.

  29. Jane’s Navy International, USN deploys amph and cat to Gulf of Guinea in AFRICOM trial, November 2001, 2007

  30. USJFCOM, Combined Joint Task Force – Horn Of Africa Mission Rehearsal Exercise Prepares forces to help "Africans solve African problems", January 14, 2008
    http://www.jfcom.mil/newslink/storyarchive/2008/pa011408.htm


  31. South African Press Association, Africa needs Sea Power, 29/08/2005

  32. EL WATAN, article repris par http://www.geostrategie.com
    http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=84883


  33. ALL AFRICA, Mary Carlin Yates, responsable d’Africom : " les Etats-Unis et la France se complètent en Afrique ", 16 Janvier 2008

    Dans la série " un œil sur la planète " d’Antenne 2, Thierry Thuillier dressait déjà en 2005 un intéressant état des lieux avec son émission " Que fait la France en Afrique ? "

  34. GETTLEMAN Jeffrey, Anti-American Sentiment is sweeping across Africa, International Herald Tribune, December 24, 2006

  35. SIRLEAF Ellen Johnson, Africa: Africom can help governments willing to help themselves, June 25, 2007
    http://allafrica.com/stories/2007/706251196.html


  36. Le lecteur se réfèrera aux divers sites traitant des rendition flights organisés par la CIA pour mener, à des milliers de kilomètres et à l’abri des oreilles et regards indiscrets, des interrogatoires musclés sur des suspects kidnappés à l’étranger dans des Etats souverains. Outre de nombreux Etats (en Europe et sur le pourtour du Bassin Méditerranéen), le Maroc est nommément mis en cause dans une émission de Panorama consacré par la BBC à cette pratique.

  37. BBC News, the controversy over AFRICOM, 03 October 2007
    http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7026197.stm


  38. Jane’s Defence Weekly, AFRICOM is no threat, says Nigerian head, 31 October 2007, p.16

  39. Jane’s Defence Weekly, Nigerian government opposes presence of AFRICOM in West Africa, November 28, 2007

  40. BERRIGNAN Frida, the New Military Frontier: Africa, Foreign Policy in Focus, September 18, 2007 www.fpif.org

  41. ALL AFRICA, Comments on the US Africa Command by South African Ministers, 30 August 2007

  42. Jane’s Intelligence Review, Commanding presence, January 2008, p.31

  43. Jane’s Defence Weekly, Somalia at risk, January 17, 2007

    AL JAZEERA, Deadly clashes erupt in Somalia, 02 June 2006

  44. Jane’s Defence Weekly, US struggles to sell AFRICOM to the Africans, 27 February 2008, p.20

  45. WHEELAN Theresa, Why Africom?, Whitehall Report 4-07: "The African Military in the 21st century", Report of the 2007 Tswalu Dialogue, 3-6 May, Royal United Services Institute, p.67

  46. Ibid, p.66

  47. BELLAMY Mark, HICKS Kathleen, MORRISON Stephen, Strengthening AFRICOM’s case, Commentary,
    www.csis.org


  48. KITFIELD James, On African Ground, Air Force Magazine, February 2008, p.58-62

     

  49. THIELKE Thilo, Der verscherbelte Kontinent, p.98-101, dans SPIEGEL Special consacré à Globalisierung: die Neue Welt, Nr7 / 2005

  50. DALY John C. K., Questioning AFRICOM’s intentions, International Relations and Security Network (ISN), 02/07/07
    http://www.isn.ethz.ch/news/sw/details.cfm?ID=17811


  51. HALLINAN Conn, Into Africa, Economists for Peace and Security (EPS),vol.20 /issue 2, June 07
    www.epusa.org


  52. President Bush’s trip to Africa, February 2008 discours disponible in extenso à l’URL:
    www.whitehouse.gov/news/releases/2008/02/20080214.html


  53. LOMBARD Louise, Africa’s China Card, Foreign Policy, April 11, 2006 www.foreignpolicy.org

  54. Xinhua News Agency, Premier Wen’s African Tour ‘Fruitful’: FM, June 25, 2006
    www.china.org.cn


  55. On trouvera un résumé de la politique africaine de la Chine en six points sur le site de china.org.cn à l’URL suivante :
    http://www.china.org.cn/english/features/China-Africa/82055.htm


  56. LAURENT Eric, La Chine à l’assaut de l’Afrique, Bakchich N°74, 3 Avril 2008 - Ce Grand Reporter a écrit entre autres chez PLON: la Fin du Pétrole ; La Face cachée du 11 Septembre ; la Guerre des Bush ; le monde secret de Bush

  57. Jane’s Intelligence Review, Commanding presence, January 2008, p.31

  58. RAND Corp., Assuring Access in Key Strategic Regions – Toward a Long-Term Strategy, MG-112-A, 2004

  59. MAGENHEIM Gordon S., Chinese Influence on U.S. Operational Access to African Seaports, JFQ / issue 45, 2nd quarter 2007, p.22-27
    www.ndu.edu

  60. ROGERS Philippe D., Dragon with a Heart of Darkness – Countering Chinese Influence in Africa, JFQ / issue 47, 4th quarter 2007, p.22-27
    www.ndu.edu


  61. Ibid, p.27

  62. COUNCIL ON FOREIGN RELATIONS, More than Humanitarianism: a Strategic U.S. Approach toward Africa, Independent Task Force Report N° 56

  63. SINGH Sushant K., India and West Africa: a Burgeoning Relationship, Chatham House, Africa Programme / Asia Programme Briefing Paper AFP/ASP BP 07/01, April 2007

  64. VASSY Luis, l’Inde et l’Océan Indien, in L’Inde, grande puissance émergente, Questions Internationales, N°15, Octobre 2005, La Documentation Française

  65. VINES Alex et SIDIROPOULOS Elizabeth, India Calling, The World Today, Chatham House, April 2008, p.26-27

  66. MARCHAND Stéphane, Quand la Chine Veut Vaincre , FAYARD, 2007 – Ouvrage lumineux à lire absolument

  67. Le lecteur se reportera à la troisième partie intitulée " Les Royaumes Combattants " (p.276 et sq) de l’ouvrage écrit par SUSBIELLE Jean-François, Chine – Usa, la Guerre Programmée, First EDITIONS, 2007

  68. SPIEGEL Special, Kampf um Rohstoffe, Nr 5, 2006

STEINGART Gabor, Weltkrieg um Wohlstand, Piper Verlag, 2007




7.400 mots + notes


Si vous souhaitez acquérir un droit de reproduction de cet article, merci de contacter Strategic-Road.com - If you would like to reprint this article, thank you to contact Strategic-Road.com.

Copyright © 1997-2008 Strategic-Road.com - Tous droits réservés, All rights reserved - http://www.strategic-road.com +33 (0)4 76 31 01 86



 Contactez-nous si vous désirez acquérir une licence vous
 autorisant à effectuer une copie de cette page sur votre DD ou Intranet

 


+Outils, Services... 

Nos sélections de logiciels
(veille, recherche, analyse, sécurité)


Parmi les logiciels sélectionnés par Strategic-Road.com :

Cute Reminder Enterprise Edition

 

Cute Reminder - Cooperate with your colleagues, assign tasks, send messages, create notes and set up reminders quickly and easily with just one or two mouse clicks. Cute Reminder supports networking, personal schedules, recurring reminders, individually colorable skins, audio files in various formats (mp3, wma), quick search and easy arrangement of sticky notes on your desktop, linking files and Web pages to reminders, archiving of notes and reminders into history, printing and more. It automatically tracks related events within the archive, so you can see an individual history of any specific issue. The user-friendly interface of Cute Reminder provides comfort at your workplace whether in the office or at home.

Essayer / Acheter