|
|
|
|
Analyses,
Analysis
Les analyses de
Strategic-Road.com
The analysis
by Strategic-Road.com
|
Analysis
20/06/07 -
Emprunt
saoudien à l’actualité française
- par Jean-Philippe Miginiac
" M.
Chirac, pourquoi ? " . En première lecture, on pourrait croire à un
article humoristique écrit au premier degré dans le journal saoudien Al-Madina
du 20 mai 2007 (source
MEMRI). L’auteur, Jamil Farsi, fait semblant de ne pas comprendre comment
le président français a pu quitter le pouvoir sans résistance, comme cela
aurait été le cas dans les dictatures arabes.
"
Nous avons été choqués de vous voir à la télévision mercredi [9
mai 2007] quitter l’Elysée et passer à Sarkozy la présidence de l’Etat…
Comment lui avez-vous permis d’entrer à l’Elysée à votre place ?
Comment pouvez-vous quitter la nation en cette période historique ?
Vous n'êtes resté qu’une seule décennie au palais de l’Elysée -
qu’est-ce qu’une seule décennie par rapport à l’âge des peuples
? Où est la stabilité ? Pourquoi privez-vous la nation française du
privilège de la stabilité ? Et [en outre] vous quittez l’Elysée sur
vos deux jambes, sans canne, jouissant de santé et de sagesse. Comment
pouvez-vous respecter [le verdict] des urnes ? " " Pourquoi n’avez-vous
pas annulé les résultats des élections ?… "
|
Sous
couvert d’humour, la plume est pourtant acerbe et laisse
émerger une critique virulente des pratiques démocratiques du
monde arabe, et plus particulièrement de l’Arabie Saoudite.
" …O
Chirac, vous auriez dû nous consulter dès le début ; le monde
arabe aurait pu vous envoyer une équipe pour arranger les
élections afin que la victoire vous soit acquise, et ce bien
que vous ne vous soyez pas présenté aux élections… "
"
…Voyez, Chirac: la constitution française vous autorise à
déclarer l’état d’urgence en cas de menace contre la
nation française, et y aurait-il une menace plus grande que
celle-ci ? C’est pourquoi vous auriez dû manifester des
réserves face à la personne de Sarkozy ; nous pouvons vous
envoyer du monde arabe des docteurs en droit constitutionnel
pour vous trouver une solution juridique…"
" …Nous avons souffert d’entendre à la
télévision que vous avez quitté [le pouvoir] sans domicile
[fixe], à part un appartement offert par vos amis. L’Assemblée
nationale qui se réunit aurait pu faire de l’Elysée un
domicile permanent pour vous et choisir un autre palais pour le
nouveau président. Pour chaque président un palais, et pour la
nation les huttes. " " Et puis, comment avez-vous pu
partir sans domicile ? Franchement, pourquoi n'avez-vous pas
ouvert un portefeuille d’investissements - comme cela se fait
dans notre monde arabe [chez les dirigeants] - dont la valeur
grimpe lorsque le marché s’effondre… "
Jamil
Farsi n’est d’ailleurs pas humoriste, ni même journaliste, c’est
un homme d’affaire saoudien. C’est aussi un intellectuel et un
réformiste engagé et derrière son emprunt à l’actualité
française émergent ses
engagements.
En 2002 il était l’un des intellectuels saoudiens signataires
du manifeste : " How
We Can Coexist " écrit en réponse à l’appel
" What
We're Fighting For " publié par l’ Institute for
American Values et signé par soixante intellectuels américains,
dont Samuel Huntington (père de la théorie du choc des
civilisations), Michael Novak, Francis Fukuyama, Jean B. Elsthain,
Michael Walzer, Mary Ann Glendon, Daniel Patrick Moynihan et
Robert Putnam.
" What We're Fighting For " affirmait, après le
11 Septembre, la nécessité d’un renouvellement des critères d’évaluation
de la décision d’emploi de la force sur la base de ceux de la
Doctrine de Guerre Juste, afin d’apporter un confort moral à la
" guerre contre la terreur " lancée par l’administration
Bush.
" How We Can Coexist " appelait à une
coexistence pacifique avec l’Ouest et à une volonté de
dialogue entre civilisations, tout en affirmant les spécificités
saoudiennes et islamiques de ses signataires.
En 2003, Jamil Farsi était l’un des signataires d’une lettre,
" Vision
for the Present and the Future of the Homeland ",
adressée au Roi Abdullah, lettre par laquelle un groupe d’
" intellectuels
Islamo-liberaux réformistes ", Sunnites
et Chiites, demandaient au Roi et à une douzaine de membres
importants de la famille royale le rejet de l’extrémisme et l’instauration
de réformes constitutionnelles, économiques, sociales et
politiques dans le royaume.
Le journal saoudien Al-Madina a quant à lui déjà été soumis
à la répression du royaume contre la liberté de la presse. Le
18 mars 2002, le ministre de l’Intérieur, Prince Nayef,
ordonnait de limoger son rédacteur en chef, Mohamed Al-Mokhtar Al
Fal. Les autorités lui reprochaient d’avoir publié un poème d’Abdel
Mohsen Mossalam très critique à l’égard de la justice
islamique et de certains juges, accusés de corruption. Le 10
juillet 2002, le directeur d’Al-Madina, Ahmed Mohamed Mahmoud,
était à son tour obligé de démissionner pour "violations
répétées du code de la presse". Il était tenu pour
responsable de la publication d’écrits jugés offensants pour
les autorités, tel un article sur la démolition d’un
bidonville à Djedda. Selon ses collègues, les autorités lui
reprochaient également d’avoir autorisé l’ancien rédacteur
en chef, limogé en mars, Mohamed Al-Mokhtar Al Fal, à écrire un
article par semaine dans le journal. Le rédacteur en chef,
Mohamed Hosni Mahjoub, était quant à lui rétrogradé au poste
de rédacteur en chef adjoint. Fin juillet 2003, le Grand Mufti
interdisait à l’auteur réformiste, Abdul Aziz Al Qasim, d’exprimer
ses vues dans Al-Madina. Cette interdiction s’inscrivait dans
une large campagne d’intimidation des médias saoudiens engagée
après l’attentat du 12 mai à Riyad. Si la presse
paragouvernementale se félicitait, timidement, des quelques
réformes politiques annoncées par les autorités, celles-ci et l’establishment
religieux ultra conservateur n’avaient de cesse de réduire au
silence les voix contestatrices qui jugent ces réformes trop
restreintes et leur adoption trop lente. D’après Ali Al-Ahmad,
un dissident saoudien basé à Washington, une centaine de
journalistes, écrivains et intellectuels réformateurs auraient
été censurés ou interdits d’écrire dans les journaux du
royaume entre juillet et novembre 2003.
L’Arabie saoudite reste encore aujourd’hui l’un des pays les
plus répressifs au monde en matière de liberté
de la presse et les autorités saoudiennes exercent un
contrôle sans faille sur l’information. A une censure
rigoureuse s’ajoute une autocensure massive. Les journalistes
entreprenants paient cher la moindre critique du régime et de ses
hauts dignitaires.
Jean-Philippe Miginiac 20/06/07
Jean-Philippe Miginiac is the CEO and
managing editor at Strategic-Road.com.
1000 mots
Si vous souhaitez acquérir un droit de reproduction de cet
article, merci de contacter
Strategic-Road.com - If you would like to reprint this
article, thank you to contact
Strategic-Road.com.
Copyright © 1997-2005 Strategic-Road.com - Tous droits réservés,
All rights reserved - http://www.strategic-road.com +33 (0)4 76 31
01 86
|
Contactez-nous
si vous désirez acquérir une licence vous
autorisant à effectuer une copie de cette page sur votre DD ou
Intranet
|
|
+Outils,
Services...
Nos
sélections de logiciels
(veille, recherche,
analyse, sécurité)
Parmi
les
logiciels sélectionnés par Strategic-Road.com :
Anonymous
Surfing
|
|
Anonymous
Surfing améliore votre vie privée en masquant votre
adresse IP à tous les sites Web que vous visitez :
avec Anonymous Surfing, Internet Explorer utilise l'un
des milliers de serveurs anonymes disponibles partout
dans le monde au lieu de se connecter directement au
site web que vous visitez. Vous pouvez ainsi naviguer
en toute sécurité et incognito !
Anonymous Surfing gère tous les aspects de votre
navigation anonyme : il va télécharger
automatiquement une liste de serveurs proxy anonymes
de la base de données centrale Anonyme Server, puis
choisit le serveur le plus rapide de votre connexion.
Anonymous Surfing optimise en permanence la vitesse de
votre connexion pour une navigation idéale (vous
pouvez remplacer son choix à tout moment). Anonyme
Surfing peut aussi varier ses choix en continu et aléatoirement
entre les serveurs anonymes de sorte que le même site
Web que vous visitez et revisitez ne puisse jamais
déceler qui vous êtes vraiment !
La base de données Omniquad Anonyme Server est régulièrement
mise à jour des listes des serveurs anonymes les plus
surs et les plus rapides. Vous pouvez choisir d'apparaître
à n'importe quel site web comme un visiteur provenant
de pratiquement n'importe où dans le monde...
Essayer
/ Acheter
|
|
|
|