|
|
|
|
Analyses,
Analysis
Les analyses de
Strategic-Road.com
The analysis
by Strategic-Road.com
|
Analysis 11/07/07 - Etats-Unis : Nouvelle veillée d’armes au
Congrès - par Jean-Philippe Miginiac
Le président
Bush en est resté muet et la Maison Blanche a refusé de commenter un
sondage réalisé par l’institut ARG selon lequel 45% des Américains
sont aujourd’hui prêts à soutenir la Chambre des représentants en cas
de procédure de destitution contre leur président (46% y sont encore
opposés). Si l' " impeachement " concernait le
Vice-Président Dick Cheney ce sont 54% des Américains qui soutiendraient
l’action de la Chambre des représentants, seuls 40% s'y opposeraient.
La côte de popularité de George W. Bush a, dans le même temps, atteint
son plus bas historique avec, selon un sondage CBS News, seulement 27 %
des américains approuvant la façon dont il remplit ses fonctions de
Président. La côte de popularité de Dick Cheney a, elle aussi, atteint
son plus bas historique avec, selon le même sondage CBS News, seulement
28 % des américains approuvant la façon dont il remplit ses fonctions de
Vice-Président.
La côte de popularité de George W. Bush était tombée sous le cap
critique des 50% après sa réélection de Novembre 2004 et n’a cessé,
depuis, de s’effondrer, lui valant, selon le Washington Post, le record
du " plus long rejet par le public américain "
dans toute l’histoire moderne des Etats-Unis.
|
Les
temps sont décidément durs pour Georges W. Bush qui vient de
perdre ses pouvoirs spéciaux de négociation commerciale. Ces
pouvoirs, dits de " fast-track ",
avaient été votés par le précédent Congrès pour une période
de cinq ans et lui permettaient de négocier directement des
accords commerciaux, sans possibilité d’amendement par le
Congrès. Ils viennent d’expirer et la Chambre des
Représentants, aujourd’hui majoritairement Démocrate, a
refusé de les renouveler, remettant même en cause les accords en
cours de négociation avec la Corée du Sud et la Colombie.
Le malaise est aussi ancré au sein du parti
républicain partagé entre devoir de soutien au Président
et crainte de futur désastre électoral ! 37 des 49 Sénateurs
Républicains viennent de choisir de lâcher Bush et d’enterrer
par leur vote le projet présidentiel de réforme de l’immigration,
projet pourtant annoncé comme la plus importante des priorités
de politique intérieure de George W. Bush au cours de son second
mandat, et aussi la plus facile à réaliser ! Qu’en sera
t-il des trois autres priorités de politique intérieure
annoncées, réforme du système de sécurité sociale, baisse des
impôts et loi pour décourager les procédures en justice et les
" class actions " ?
George W. Bush semble d’ailleurs ne plus vouloir combattre que
sur le dossier irakien où les pressions s’accentuent pour
exiger un retrait des troupes US et où il résiste encore pied à
pied et tente d’éviter la panique et la division des
Républicains. Quelques chiffres, tirés du même sondage CBS News
ou d’un sondage de Newsweek magazine mesurent l’évolution
de l’opinion publique : Seuls 23% des américains approuvent
aujourd’hui la manière dont George W. Bush conduit la guerre en
Irak tandis que 70%, incluant un tiers des sondés s’identifiant
eux-mêmes comme Républicains, la désapprouve et 77% disent que
la guerre évolue mal (30%) ou très mal (47%). Un nouveau record,
40% des américains disent aujourd’hui que les troupes
américaines doivent être retirées d’Irak et 26% disent que
les effectifs doivent en être diminués. Un sondage CNN donnait
déjà à très peu près les mêmes résultats quelques jours
auparavant.
Au Congrès, des Républicains de poids, jusqu’ici loyaux,
lâchent aujourd’hui ouvertement George W. Bush. C’est le cas
du Sénateur Richard Lugar, le Républicain le plus haut placé
dans la hiérarchie du Foreign Relations Committee dont il
est l’ancien Président, immédiatement suivi par George
Voinovich, Sénateur Républicain de l’Ohio (qui avait déjà
fait dérailler la nomination de l’ultra-néocon John Bolton
comme Ambassadeur à l’ONU) et John Warner, Sénateur de
Virginie, ancien Président du Senate Armed Services Committee.
Dans un discours remarqué, Richard Lugar a clairement indiqué
que George W. Bush a tout au plus 75 jours, soit au plus tard
mi-Septembre, pour faire marche arrière et entamer un retrait d’Irak,
au risque d’une véritable fronde du Congrès. Richard Lugar a,
depuis, confirmé, demandant un retrait des forces US d’Irak
" dans les prochains mois ". John
Warner a salué les déclarations de Richard Lugar, déclarant qu’il
s’attendait à ce qu’un certain nombre de Sénateurs
Républicains soutiennent ses positions au cours de l’examen du
budget de la défense pour l'exercice 2008-2009.
Au cours des dernières semaines, également, le Sénateur
Républicain du Nouveau Mexique, Pete Dominici, a ouvertement
rompu avec George W. Bush sur la guerre en Irak :
" J’appelle à une nouvelle stratégie qui amène
nos troupes en dehors des opérations de combat et sur le chemin
du retour à la maison " et la Sénatrice
républicaine Olympia Snowe a expliqué qu'elle ne pouvait plus
attendre, " Nous avons donné une marge de manœuvre
au président, mais il faut maintenant changer de direction… Franchement,
le président doit reconnaître la réalité ".
La Maison Blanche a eu beau arguer que le législateur ne pouvait
faire pression à un changement de la politique américaine avant
que le Commandant en chef des forces américaines, le Général
David Petraeus, et l’Ambassadeur en Irak, Ryan Crocker, ne
rendent, mi-Septembre, un rapport d’évaluation sur l’efficacité
de la nouvelle stratégie, le " surge ",
décidée en Février par George W. Bush, le Sénat a commencé,
lundi 9 juillet, l'examen du budget de la défense pour l'exercice
2008-2009 en manifestant une volonté de plus en plus bi-partisane
d’accentuer les pressions au retrait (Fin mai, les démocrates
avaient abandonné leurs efforts, faute de posséder les 60 voix
nécessaires pour contrer le veto de M. Bush).
Le chef de file de la majorité, le démocrate Harry Reid, a ainsi
indiqué qu'il entendait se servir des débats pour faire pression
sur la Maison Blanche et tenter d'obtenir un vote favorable à un
calendrier de retrait. Parmi les amendements déjà déposés ou
en projet, celui du Sénateur Démocrate de Virginie, Jim Webb,
qui propose d'imposer un temps de repos minimum avant que les
soldats ne puissent repartir vers l'Irak. Le sénateur Jack Reed
suggère de son côté un " redéploiement graduel "
dans les 120 jours et le Républicain John Warner a fait
annoncer par son bureau qu’il déposerait un amendement
détaillé obligeant à un changement de stratégie en Irak et que
le Sénat entendrait " nombre de déclarations
[dans le même sens] venant de ses collègues Républicains ".
Autre amendement en vue, celui du Sénateur démocrate du
Colorado, Ken Salazar, qui souhaite inscrire dans la loi les
recommandations de l’Iraq Study Group, publiées en
décembre 2006 et largement ignorées par le président Bush.
Richard Lugar et les Sénateurs Républicains qui le suivent sont
d’ailleurs exactement sur la même ligne, rejetant l’option d’un
retrait total, affirmant qu’un retrait " tactique "
associé à une focalisation diplomatique sur les problèmes
régionaux, incluant un effort crédible pour résoudre le conflit
israélo-arabe, était une nécessité urgente et alertant avec
insistance sur les risques de la stratégie actuelle du
" surge ": " une telle
direction présente des risques extrêmes pour la Sécurité
Nationale… Elle augmenterait considérablement les risques d’un
piètre retrait d’Irak, voire peut-être du Moyen Orient, ce qui
porterait préjudice aux intérêts US pendant des décennies ".
Au sein même de l’administration Bush, le Secrétaire à la
Défense, Robert Gates, professe lui aussi de plus en plus
ouvertement un retrait progressif des troupes de combat, en accord
avec les recommandations faîtes en Décembre 2006 par l’Iraq
Study Group dont il faisait lui-même partie avant sa
nomination comme Secrétaire à la Défense en Novembre,
anticipant ainsi un rapport très pessimiste du Général David
Petraeus sur les résultats de la stratégie présidentielle.
Le projet d’amendement de Ken Salazar fait donc d’ores et
déjà les cauchemars des partisans du " surge "
qui craignent qu’il ne recueille les 60 votes nécessaires à
contrer tout veto de George W. Bush et ne fasse des
recommandations de l’Iraq Study Group la politique
officielle des Etats-Unis ! Le Conseiller à la Sécurité,
Stephen Hadley, passe aujourd’hui le plus clair de son temps à
tenter désespérément d’éviter la désertion des sceptiques
et les néocons viennent de se mobiliser en force dans un forum de
l’American Enterprise Institute, ou avec Bill Kristol
dans l’hebdomadaire Weekly Standard, pour supplier le
Président de ne pas céder " aux conseils de
certains membres de son entourage " et être
tenté de " passer un compromis avec les opposants à
la guerre ", accusant Richard Lugar et ceux qui
voulaient le suivre d’être " des
Républicains d’avant le 9/11 " ou des
" pseudo-penseurs " !
George W. Bush les a entendus, rejetant le 10 Juillet les appels
des Sénateurs républicains opposés à la stratégie en
cours : " Le niveau des effectifs sera décidé
par nos commandants sur le terrain et non par des personnalités
politiques à Washington ", a-t-il prévenu, peu
disposé à déposer les armes.
Jean-Philippe Miginiac is the CEO and
managing editor at Strategic-Road.com.
1.482 mots
Si vous souhaitez acquérir un droit de reproduction de cet
article, merci de contacter
Strategic-Road.com - If you would like to reprint this
article, thank you to contact
Strategic-Road.com.
Copyright © 1997-2005 Strategic-Road.com - Tous droits réservés,
All rights reserved - http://www.strategic-road.com +33 (0)4 76 31
01 86
|
Contactez-nous
si vous désirez acquérir une licence vous
autorisant à effectuer une copie de cette page sur votre DD ou
Intranet
|
|
+Outils,
Services...
Nos
sélections de logiciels
(veille, recherche,
analyse, sécurité)
Parmi
les
logiciels sélectionnés par Strategic-Road.com :
Anonymous
Surfing
|
|
Anonymous
Surfing améliore votre vie privée en masquant votre
adresse IP à tous les sites Web que vous visitez :
avec Anonymous Surfing, Internet Explorer utilise l'un
des milliers de serveurs anonymes disponibles partout
dans le monde au lieu de se connecter directement au
site web que vous visitez. Vous pouvez ainsi naviguer
en toute sécurité et incognito !
Anonymous Surfing gère tous les aspects de votre
navigation anonyme : il va télécharger
automatiquement une liste de serveurs proxy anonymes
de la base de données centrale Anonyme Server, puis
choisit le serveur le plus rapide de votre connexion.
Anonymous Surfing optimise en permanence la vitesse de
votre connexion pour une navigation idéale (vous
pouvez remplacer son choix à tout moment). Anonyme
Surfing peut aussi varier ses choix en continu et aléatoirement
entre les serveurs anonymes de sorte que le même site
Web que vous visitez et revisitez ne puisse jamais
déceler qui vous êtes vraiment !
La base de données Omniquad Anonyme Server est régulièrement
mise à jour des listes des serveurs anonymes les plus
surs et les plus rapides. Vous pouvez choisir d'apparaître
à n'importe quel site web comme un visiteur provenant
de pratiquement n'importe où dans le monde...
Essayer
/ Acheter
|
|
|
|