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Professeur
certifié de Technologie, formateur TICE à l’IUFM de l’Académie de
Montpellier, Article paru sous le titre « La "désinformatique" à l’heure du Réseau des réseaux numériques »dans le recueil de textes réunis et présentés par Marcel Bénichou, « La désinformation, pour une approche historique » Colloque de Montpellier 18-20 novembre 1999, UMR 5609 du CNRS-ESID Université Paul Valéry, ISBN 2-84269-418-x, 120 FRF.
Inventions nouvelles et craintes de toujours "Internet ne crée pas un paradis, Internet ne crée pas un enfer, mais Internet ouvre des champs de bataille, il faut en être conscient, il faut en comprendre la nature et il faut être prêt à mener ces batailles."
Internet, tout le monde en parle. Le sujet ne laisse pas indifférent. "Rares sont ceux qui ont pu échapper au matraquage médiatique sur le réseau des réseaux". La Cour d’Assises de Paris est allée jusqu'à organiser, en ligne, un procès virtuel très médiatisé. Souvent mal informés par une masse croissante d’informations, avons-nous la nécessaire "diététique informationnelle " chère à Joël de Rosnay ? Le Réseau mondial encensé par les uns, honni par les autres, éveille des réactions issues de la méconnaissance générale que l’on a d’Internet et de ses origines. Intuitivement nous prenons conscience, qu’avec l’éruption des nouvelles technologies de la communication, nous sommes en train de vivre une révolution comparable à celle de Gutenberg, et comme pour l’arrivée de toute invention nouvelle les craintes et les suspicions viscérales de toujours nous tenaillent. Parmi celles-ci, la haine de la machine, du métier de Jacquard qui " vole " le travail ou bien la peur, le fantasme du Léviathan, ce monstre froid qu’est l’Etat technocratique omniprésent et dominateur, la peur de Big-brother qui surveille, sait et contrôle tout et la crainte d’être manipulé par de fausses informations propagées à dessein ou non, par l’intermédiaire d’outils que l’on ne comprends pas. En 1975, au moment ou l’Internet venait à la vie, il était décliné dans les écrits de Science Fiction d’Isaac Asimov avec "Multivac".
L’Internet, cette nouvelle frontière, ce que d’aucuns pensent être l’Eldorado, comme toutes les Terrae incognitae a rapidement produit des fantasmes, des stéréotypes et des mythes souvent sombres.
Si les démystification et démythification d’Internet passent par sa banalisation, elles ne doivent pas conduire à l’opposé à une stéréotypie du réseau mondial. En effet la notion de stéréotype se trouve en contradiction avec l’évolution culturelle explosive de l’Internet et de ses changements rapides qui repoussent sans cesse les propres limites du Réseau créant à leur tour un cortège de nouveaux mythes. Une grande majorité de documents se trouvent exposés sur l’Internet. La masse énorme de documents que l’on peut trouver sur le Réseau des réseaux pose aussi un problème d’évaluation et de confiance :
Si la problématique relativement nouvelle de l’utilisation des documents numériques disponibles sur l’Internet se pose avec acuité pour un sujet issu de la cyberculture, elle se pose aussi pour toute l’information qui en provient.
" L’information et la désinformation à propos des événements qui surviennent sont vraiment brutes sur le Net. C’est le problème. On ne sait que penser de chaque information, comment mesurer sa crédibilité… Mais on se sait pas non plus mesurer la crédibilité des informations de la nuit dans le journal du matin. "
L’Internet est un des théâtres de la guerre de l’information. S’y affrontent l’information et la désinformation. Il s’agit de mesurer le rapport de force entre les protagonistes, compter les coups et éventuellement faire la part des choses. " Les journaux sont les chemins de fer du mensonge " Cette déclaration de 1852 n’a fait que précéder dans les esprits celle qui compare l’Internet d’aujourd’hui avec des "Autoroutes de la désinformation ". D’autres auteurs jouent la surenchère. Pour Guisnel, l’Internet est un "parfait outil de désinformation ". Destouche titre "La désinformation comme arme " sur l’Internet . Encore plus fort, Volkoff fait référence aux mythes antiques et voit dans l’Internet "l’Olympe, le Walhalla, les Champs Elysées " de la désinformation. Que pouvons nous dire ? Que cela soit volontaire où non, on constate que les informations issues du Net pêchent quelquefois par : - manque d’objectivité dans la propagande et la publicité; - défaut de présentation des différents aspects ou points de vue, - défaut de pluralisme et la censure. Une fois observés quelques exemples de diffusion de l'information et de désinformation via Internet, on pourra alors se poser les questions suivantes : en quoi faut-il et faudra-t-il sur ce terrain d’action considérer l'Internet comme une nouveauté ? Internet est-il vraiment un acteur nouveau de la désinformation ? Si oui : Qu'est ce qui le sépare, le différencie de ce que nous avons déjà connu ? Est-ce que l’Internet est en train de devenir un puissant moyen de désinformation ? Est-ce que la désinformation propagée sur l’Internet est différente de celle propagée sur les autres médias ? Si c’est le cas : Comment en mesurer les effets et les conséquences ? que faire pour la combattre ? quelles sont les mesures à prendre ?
La Désinformation de l’imprimerie à l’Internet: une étude diachronique A l’époque des grandes découvertes il y a déjà cinq cent ans les " nouvelles technologies " de l’imprimerie furent utilisées pour propager informations et désinformations avec des résultats comparables à ceux constatés avec l’Internet actuels. Waldseemüller l’imprimeur lorrain publia à Saint-Dié en 1507, un petit volume de cent trois pages intitulé Cosmographiae introductio contenant une description de la "quatrième partie " du globe, la Terre que selon lui Amerigo Vespucci avait découverte, qu’il dénomma Amerige . Malheureusement pour Christophe Colomb, son livre connut un grand succès et fut publié à plus de mille exemplaires. Lorsque mieux informé l’imprimeur changea d’avis et décida qu’après tout Vespucci n’était pas le véritable découvreur du nouveau monde il était trop tard. La presse imprimée pouvait diffuser rapidement les connaissances mais déjà elle ne pouvait rattraper les erreurs. Waldseemüller ne put que constater la portée irréversible de cette nouvelle technologie. " Ainsi, la presse à imprimée, vieille d’un demi-siècle seulement, révélait une capacité sans précédent à propager l’information…et désinformation. " Et les conséquences de la rapidité de diffusion de l’information sur la paternité des découvertes peuvent être comparées dans leurs effets à celles constatées sur le Net et notamment à propos de ses origines. Des auteurs remontent à la guerre froide et attribuent la création de l’Internet à la volonté des militaires américains de créer un robuste réseau de communication destiné à survivre à une attaque thermonucléaire généralisée. Cette "malfaçon " datant de sa naissance est-il un lourd "péché originel"? D’autres, à l’opposé, qualifient les récits précédents "de légende tenace et sulfureuse…". Ils insistent uniquement sur la volonté des informaticiens et des scientifiques travaillant pour des projets subventionnés par le Pentagone, de créer un réseau de communication informatique et de recherche nommé ARPANET. Les individus créateurs de l’Internet, les personnes ayant été à son origine ont été exposés aux flashs des médias et de l’actualité. Des années après une naissance passée presque inaperçue, ont-ils su aborder ensemble et avec sérénité le poids croissant d’une paternité glorieuse ? Certains de ces "pères " ne chercheraient-ils pas à être seuls bénéficiaires aux yeux de l’opinion d’un travail collectif ? Heureusement certains d’entre eux essayent de rétablir les faits. D’après Paul Baran l’un de ses pères putatifs: " There are too many versions of "history" floating around, written by popular press writers facing a short publication deadline. Such articles tend to be based too heavily upon individuals imperfect and highly selective memories… Attributing its origin to any single individual or single source of funding I believe grossly oversimplifies what the Internet is all about. " " Il y a trop de versions de "l’histoire " écrites par des journalistes de la presse populaire tenus à rendre leurs papiers en des délais très courts, de tels articles ont tendance à être lourdement basés sur des mémoires individuelles très sélectives et imparfaites…Attribuer son origine à un seul individu ou une seule source de financement simplifie grossièrement tout ce qu’est l’Internet. " En 1540, toujours à l’époque des grandes découvertes la Très brève relation de la destruction des Indes écrite par Bartolomé de las Casas, celui qui sera nommé en 1543 Évêque du Chiapas, dénoncera les crimes commis par ses compatriotes les Espagnols dans les Antilles, au Yucatan, au Mexique, au Venezuela dans une énumération fastidieuse de tortures, meurtres, massacres et pillages dont furent victimes les "indiens". Le livre ne sera édité qu’en 1552-1553 et il déclencha aussitôt une tempête contre l’Espagne. Il connaîtra une très grande diffusion et sera traduit en Français, en anglais et en flamand accompagné des gravures devenues fameuses de Théodore de Bry. Ce " succès " illustré d’images mettant en scène, avec un luxe de détails, massacres et tortures de populations " indiennes " par des espagnols ainsi démonisés, servira à tous les adversaires de l’Espagne d’arme de contre-propagande. Il sera l’un des éléments qui serviront à bâtir la " légende noire " de la colonisation hispanique utilisés par les adversaires l’Espagne.
« Démonisations » sur le Net " Internet est une arme parmi d’autres dans la panoplie de la guerre de l’information, mais il a une très grande souplesse : il s’apparente à la guérilla "
Parmi les cas réputés qui sont étudiés se trouve celui de la "cyberguerilla" lancée sur le Net en 1995 par les Zapatistes. Presque cinq cent après l’intrusion à la « Mad Max » des Conquistadors, les massacres d’indiens des Chiapas publiés sur le Web servent d’outil de propagande et de diffusion d’une information, importante à vérifier, utilisée pour mobiliser la population anglo-saxonne Nord américaine contre le gouvernement du Mexique. D’après les sites Zapatistes, l’armée mexicaine " massacrait " les populations indigènes favorables au mouvement. L’exploitation médiatique du massacre d’Acteal a été immédiate sur les sites Zapatistes. Ils proposaient des liens vers la presse qui avait traité de ce massacre. De nombreux sites sur l’Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional (E.Z.L.N.) comme celui des Zapatistes dans le Cyberespace ou celui intitulé "Ya basta !" informaient les sympathisants. Sur le site de l’EZLN, la liste des noms des 45 tués accompagne la condamnation du gouvernement mexicain qui selon les fidèles du sous-commandant Marcos est responsable puisque "71 militaires lourdement armés, des troupes…ont attaqué le village d’Actéal ". Or il n’y avait au moment de la rédaction de cette accusation, aucune preuve réelle de cette attaque par les troupes gouvernementales. Cette campagne de désinformation a mobilisé l’opinion publique américaine qui a harcelé de mises en garde le gouvernement mexicain qui ne savait plus quelles actions entreprendre contre les guérilleros. Le nombre d’internautes mobilisés pendant plusieurs mois par le massacre d’Actéal contre le gouvernement mexicain fut très important. Les résultats de cette cyberguerre furent probants pour l’EZLN même si face à l’ampleur de la désinformation employée par le Sous-commandant Marcos ou ses sympathisants ceux-ci ont perdu de leur crédibilité auprès de l’opinion publique internationale. De même, comme le souligne Chantale Quesney, le conflit entre Serbes et Kosovars albanophones a vu une utilisation accrue d’Internet par les belligérants. Les sites essayent de renforcer l’identité de la collectivité et la " singularisation par la filiation au passé. Le statut de victime, aux yeux de la communauté internationale, autoriserait toutes les revendications et ferait oublier bien des méfaits. Les sites des deux bords insistent sur l’événement fondateur qui souligne l’antériorité des droits historiques. Le phénomène que Chantale Quesney appelle la "victimisation" constitue aussi une méthode de sensibilisation de l'opinion internationale destinée à promouvoir les "actions politiques propres à défendre la cause". L’ennemi est là aussi démonisé. Cette "stigmatisation" le repousse de façon irrémédiable vers le genre " non-humain ". Cette mise à l’index, est une justification qui vient bien à propos. Elle laisse la porte ouverte à la répression, à la vengeance. " En cernant …les contours de l'adversaire par la stigmatisation, l'ennemi s'offre en repoussoir afin de fortifier le sentiment d'homogénéité et de solidarité du peuple." Les sites Internet qui militent sur de tels terrains joignent des photos d’atrocités soit disant commises par cet ennemi qui ne mériterait pas le nom d’homme, des visages d’enfants ou de vieillards en pleurs, aux récits historiques souvent très bien faits mais qui pêchent par manque d’impartialité. Il difficile pour un public non prévenu de ne pas s’émouvoir ou même de ne pas prendre parti. Des exemples de techniques de désinformation employées sur l’Internet " l’info guerre est presque à la portée de tout le monde et les technologies utilisées sont développées en toute liberté sur les marchés commerciaux. "
Internet peut-il influencer l’opinion ? Il n’y a pas une semaine sans qu’une campagne d’opinion ne soit lancée sur le réseau contre un gouvernement, une entreprise ou une institution. L’Internet est un puissant levier dans les mains des lobbies, les mouvements politiques, terroristes ou autres pour mener ces campagnes. Les pays ou les entreprises montrées du doigt se sentent tenus de réagir immédiatement. Lors de l’affaire du Commandant Gourmelon, début 1998, nous nous rappelons avoir vu dans de nombreux forums des messages expédiés par un certain John Smith. Il racontait cette affaire d’espionnage en soulignant le soi-disant coté pro-serbe et anti-musulman de l’officier français, exploitant le potentiel sentiment anti-français des lecteurs. Ces types d’intervenants exploitent l’actualité en la commentant. Après avoir lancé leur «pavé dans la mare » ils ne s’attardent pas sur les réponses et continuent imperturbables à «mettre le feu ». Il peut s'agir d'individus qui prennent un malin plaisir à provoquer de verbeuses querelles et des «flambées». En général s'ils appartiennent à cette catégorie ils se lassent et émigrent vers d'autres lieux. D'autres, par contre, sont imperturbablement installés à demeure dans une catégorie de forums et ne font que distiller des informations partisanes. Ne seraient-ils pas payés pour faire prévaloir un point de vue ?
Guerre bactériologique ou intoxication ? " Virus rends-moi mes octets !"
L’un des premiers programmes informatiques qui eu pour rôle de s’infiltrer et de percer des défenses s’appelait " l’œuf de coucou". N’est-ce pas l’une des techniques de désinformation que les ruses du monde animal nous ont transmis ou suggéré ? La notion de "virus informatique" a été définie par le chercheur Fred Cohen en 1983 de la manière suivante : c’est un programme qui peut infecter d’autres programmes en les modifiant pour y introduire une version de lui-même. Ils peuvent être bénins, gênants ou destructeurs. Sur l’Internet des experts comme Rob Rosenberger dénoncent les mythes qui entourent les virus.
" C'est un univers qui repose en tout cas comme nul autre sur la désinformation ".
Il y aurait une communauté d'intérêts qui unirait de manière implicite les créateurs de virus et les commerçants des antidotes que sont les antivirus. La part de marché de la vente des antivirus constitue le plus gros pourcentage de l’ensemble du marché de la sécurité informatique. Quoi qu’il en soit, Internet colporte plus vite encore les rumeurs vraies ou fausses de dangers de contamination en exagérant souvent les effets prévisibles des rumeurs qui peuvent quelquefois se révéler vraies.
Les virus canular ou " Hoax " L’existence des virus entraîne la prolifération de fausses alertes, rédigées de manières très convaincantes, racontant les méfaits imaginaires de virus invincibles. Il ne se passe pratiquement plus une semaine sans que les boîtes aux lettres électroniques ne reçoivent des messages d’alertes aux virus. Pour une partie des destinataires c’est l’affolement. Mais ce n'est qu'un canular, un "hoax" comme disent les Américains. Le canular fait partie de la culture du Net. " Par définition, les antivirus comme on les appelle couramment se nourrissent de l’existence des virus et de la peur qu’ils engendrent chez les utilisateurs d’ordinateurs"
L’engouement des médias pour les informations sensationnelles et l’arrivée d’internautes inexpérimentés provoquent relativement facilement l’intoxication d’une partie l’opinion. Elle tend à renforcer, et non sans fondement, la perception d’un cyberespace comme une jungle incertaine et risquée.
Tromper ou être trompé par la modification des documents numériques Le domaine de l’informatique et de l’Internet facilite le trucage des documents. Il est d’une facilité déconcertante pour celui qui s’en donne la peine de modifier des données numériques et les publier sur l’Internet.
La falsification des courriers électroniques Divers exemples nous ont été donnés dernièrement sur la possibilité de modifier à l’insu de l’auteur ou du récepteur le contenu de messages électroniques, la provenance de ses messages ainsi que de masquer l’origine réelle des messages. " L'affaire David H. a fait le tour du monde ". Cette affaire pourrait s'intituler: Comment griller son diplôme, son premier job et sa carrière en un émail. Le 12 mai dernier un élève de fin d'études à HEC, David H, se plaint à ses camarades dans un courrier électronique envoyé sur la liste de diffusion de l'intranet de cette grande école de commerce de ce qu'une entreprise n'a pas su s'arranger pour lui fixer un rendez-vous. Son courrier est un brin prétentieux : " ...toutes les boites qui s'imaginent que les HEC sont à la merci des recruteurs se mettent le doigt dans l'œil. " Une fille de première année lui répond en lui disant d'être un peu plus modeste. Elle reçoit, en guise de réponse depuis le compte de messagerie de David, une volée d'insultes grossières. David prétend que ce n'est pas lui qui a envoyé les insultes et que quelqu'un a piraté son compte. Toutefois celle-ci diffuse en un seul envoi, le premier message, sa réponse et les insultes, à des anciens élèves et à des cabinets de recrutement. Par un effet boule de neige l'affaire fait le tour du monde. Des sites hypertextuels interactifs sont créés où tout un chacun peut l'insulter, donner son avis, commenter, ragoter, désinformer, etc. Des anciens d'HEC dans le monde entier reçoivent jusqu'à vingt fois dans leurs boites aux lettres électroniques la copie des messages et transmettent d’un simple click de souris avec leurs commentaires à d'autres... La toute puissance de l'outil Internet apparaît au grand jour. On lui conseille par exemple "un futur employeur et un poste en Sibérie orientale ou en Mongolie ". La directrice de HEC aurait déclaré "son attitude n'est pas correcte, on ne met pas en cause publiquement une entreprise !". Il reçoit un blâme du conseil de discipline et ses débuts de carrière semblent compromis. Est-ce que ces quelques mots maladroits, cette bêtise et l'arrogance transmis "par paquets " sur Internet sont bien tous de lui ? Si oui, ne paye-t-il pas un peu trop cher ce qui ne fut qu’une gaminerie ? Est-ce un simple poisson d'avril ou bien un acte de malveillance qu’a subi Pierre Col, Directeur de la Mercatique et de la Communication de la société Jet Multimédia ? Le 1er avril 1999 un communiqué en son nom était diffusé sur le Net annonçant le lancement de services gratuits d’accès à Internet. Le lendemain Pierre Col démentit ce message et déclara : " Ce message a été forgé par un individu qui a usurpé mon identité et effectué un détournement des communications. Cet événement doit amener tous les acteurs de ce secteur à réfléchir sur les utilisations d’Internet en tant qu’outil de diffusion d’informations, particulièrement en ce qui concerne l’information financière" Un autre acte de «tromperie à la messagerie» dont fait état le magazine VSD a pour cadre l’affaire du naufrage de l’Erika et la société TotalFina. « Il y a deux semaines, des entreprises travaillant avec la compagnie, dont des banques, et certains journalistes ont reçu des courriers compromettants pour la firme : de supposés échanges entre plusieurs de ses hauts dirigeants. Or ces échanges sont faux. Dans ces e-mails ces cadres de TotalFina discuteraient des moyens de contrer les pétitions appelant au boycott de leur société qui circulent sur le Net… Reste que son canular fait des dégâts impressionnants : ses faux textes continuent à circuler sur Internet, et l’image de la société pétrolière en prend un coup. » Ces exemples récents montrent combien l’émail truqué peut devenir une arme de la désinformation aux conséquences imprévisibles voire désastreuses pour la victime. Le trucage des images sur le Web La falsification ou le trucage de documents par l’utilisation de techniques nouvelles sont dans le domaine numérique d’une facilité d’exécution doublées d’un résultat presque parfait. Les techniques de collage et de retouche sont aussi vieilles que la photographie. Mais les performances et la puissance combinées de l’Internet et des logiciels graphiques donnent une dimension nouvelle à ce phénomène. Le Likoud, le parti de l’ancien premier ministre israélien Netanyahou a protesté contre la présence sur le site du parti travailliste d’une photo truquée montrant Mme Netanyahou nue. Autre exemple nous venant du monde de la communication politique est celui donné par la famille royale britannique lors du dernier mariage princier: Andrew ne souriait pas sur la photo de famille on pourrait même dire qu’il affichait une triste mine. Ce problème a été résolu par une rectification numérique affichant l’unité dans la joie familiale. Durant les bombardements de l’Otan le gouvernement de Milosevic aurait utilisé un tableau du 19eme siècle représentant un enfant qui pleure sur le tombeau de sa mère pour démontrer et illustrer les malheurs de la population civile serbe des alentours de Pristina, martyrisée par les Albanais. La supercherie a d’ailleurs été découverte et dénoncée par des habitants de Belgrade, amateurs d’art. Depuis les bombardements de l’Otan, qualifié "d’agresseur" et assimilé aux Nazis de la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux sites serbes exposent le logo de l’Otan qui se transforme en la croix gammée.
La diffusion d’informations fausses et fallacieuses " Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose !"
La conviction de Philippe Oberson qui étudie au sein de la Délégation Générale de l’Armement les menaces de déstabilisation via le réseau des réseaux est que : " A un haut niveau gouvernemental concurrent de la France, Internet serait un instrument utilisé de manière organisée et concertée pour déstabiliser les secteurs de pointe de notre économie dont notamment les entreprises de l’armement. " Une technique utilisée consiste à monter des sites sur le Web présentant les produits auxquels on veut nuire. Ces présentations sont irréprochables, professionnelles, très bien faites et remplies de détails techniques authentiques. Seuls quelques-uns sont faux mais rédhibitoires comme par exemple la portée en miles des avions longs courriers. Ces sites servent à mettre valeur le produit face au concurrent en réalisant une publicité comparative tout à fait mensongère. De même des forums de discussion virent fleurir des messages de soit disant commandant de bord d’Air bus, lors du crash d’un A320 au mont Sainte-Odile : «… l’A320 est dangereux nous le savons tous ». La réaction de l’Aérospatiale aurait été immédiate : « Tout en se faisant passer pour des américains, nous avons relancé certains débats sur les forums électroniques ». Deux ans plus tard la guerre de l’information a été relancée sur le Réseau lorsqu’un ATR d’Aérospatiale s’est écrasé aux Etats Unis. La réaction de cette dernière entreprise aurait été trop lente. L’Amérique aurait interdit de séjour l’avion européen. Même si une entreprise n’appartient pas à un secteur jugé stratégique ou vital pour notre gouvernement, la moindre rumeur peut avoir pour celle cotée en Bourse des conséquences très graves si cette rumeur est habilement exploitée ou déformée sur le réseau par un concurrent. L’Internet peut amplifier à tout moment l’environnement de pression de l’entreprise. " Celle-ci est devenue un sujet de commentaires appartenant au public. La moindre malfaçon dans un produit dénoncée par une association consumériste peut devenir une affaire d’état et mettre en péril le chiffre d’affaires de l’entreprise en question "
Un malaise interne dans l’entreprise diffusé sur le Net peut valoir à celle-ci une mauvaise réputation détournant les cadres susceptibles d’être recrutés. A la mi-septembre 1998, une agence de relation publique américaine spécialisée dans la communication de crise aurait été mandatée par la société Phillips Millenium, autre société américaine, pour porter atteinte à la société Belvédère, sa concurrente française. Après une série d’articles parus dans la presse par l’intermédiaire d’un dossier de presse diffusé auprès des journalistes, un site, de cinquante-deux pages complémentaires, distillant le doute sur la santé financière du concurrent est publié sur le Net. Le cours de l’action de Belvédère aurait perdu 36% en quinze jours. Les recours contre de tels procédés existent mais restent encore à être mis au point. La société financière Itex Corp de Portland Oregon a porté plainte contre une centaine d’internautes anonymes du service Internet Yahoo finance qu’elle accuse d’avoir affiché de fausses informations sur le site dans le seul but de faire baisser l’action. Des entreprises sont confrontées à une apparition sur le Net de sites consuméristes ou contre sites parodiques et dénonciateurs. Microsoft et son créateur Bill Gates sont une des cibles favorites des auteurs de ces contre sites. D’après Olivier Nagel créateur du site Anti-RATP comportant un formulaire sous la forme d’une pétition à expédier au transporteur parisien qui gère le Métro:
" les grandes entreprises comme la RATP se mettent sur l’Internet pour se donner une image moderne, communicante et sympathique, mais ils ne changent rien à leurs pratiques "
Pour les entreprises, il peut donc s’avérer dangereux de vouloir "être branché " et de produire des sites "par trop virtuels " qui ne correspondent pas à l’image ou à la perception qu’en ont les consommateurs. L’exposition médiatique accrue par la répercussion mondiale et instantanée d’un problème local, sans que n’existent de limites géographiques, par l’intermédiaire de la caisse de résonance que constitue l’Internet est un nouveau phénomène à prendre en considération.
Des faux piratages dans un but publicitaire La chaîne américaine MTV a reconnu avoir monté de toutes pièces un piratage de son site par le soi-disant pirate britannique JF à des fins de promotion de l’un de ses nouveaux animateurs de MTV Online. Voici donc un dangereux effet de boomerang pour l’entreprise qui essaye d’utiliser le Net à des fins mensongères.
Les contre sites comparatifs Amnesty International met en garde contre un site consacré à la Tunisie dont le nom prête à confusion par rapport au vrai site officiel de l’organisation des droits de l’homme . Il s’agirait en fait d’un site assez complaisant recensant les réalisations du gouvernement de ce pays dans le domaine des droits de l’homme. Il est possible en jouant sur la similitude, l’ambiguïté de la dénomination des pointeurs de ressource , des appellations de noms de domaines de donner des fausses informations destinées à contrer celles affichées dans le site visé. Provocation et désinformation Certains forums de discussions sont le lieu de polémiques enflammées dans lesquelles tous les arguments sont employés, des moins valables aux provocations du plus mauvais goût. Durant la guerre du Kosovo nous nous rappelons avoir vu dans la conférence virtuelle thématique fréquentée par des ressortissants des différents pays de l’ancienne Yougoslavie un Croate diffusant sur le serveur de nouvelles, à titre de provocation, le portrait d’Ante Pavelic avec comme légende jointe :" l’homme qui a fait du bien aux Serbes" ou des images de propagande anti-serbe similaires aux affiches haineuses de la propagande nazie. C’est aussi ce type de provocations racistes que l’on peut trouver sur des sites néonazis comme celui de Charlemagne Hammer Skins ou de White Aryan Resistance qui diffuse un dessin représentant l’armée américaine massacrant des mexicains, dont une femme enceinte, en train de franchir la frontière et sous titré par le slogan : " Notre solution à l’émigration des non-blancs "
Internet, moyen de lutte contre la désinformation ? "Sans le mensonge la vérité périrait de désespoir et d’ennui "
Valider un document avec une signature numérique Un document peut-être authentifié par son auteur et par conséquent le lecteur par l’intermédiaire d’une signature numérique. On peut être sûr que le document est bien écrit par la personne signataire et, c’est le plus important, qu’il n’a pas été modifié. Certains logiciels de cryptographie permettent cet usage. Il ne s’agit pas de crypter le document en entier car il faut qu’il soit lisible mais de créer une signature infalsifiable qui authentifie l’intégralité du texte. Une signature atteste que l’on est bien l’auteur d’un document et par conséquent empêche de nier ou répudier ce document. Le logiciel Pretty Good Privacy (PGP) réputé incassable jusqu’à un certain point apporte une solution au problème de la validité de la signature électronique.
Rétablir la vérité avec l’Internet ? Internet peut-il servir à vérifier l’information ? Tom Koch, un journaliste canadien indépendant, apprend par le New York Times, la mort d’un enfant de six ans des suites d’une opération de chirurgie dentaire sous anesthésie. Les sources médicales consultées par la justice parlent d’un risque de "un pour mille " et le juge classe l’affaire comme "accident ". Déjà en train d’enquêter sur un cas similaire, Tom Koch décide de mener sur Internet sa propre enquête. En ligne, il consulte les banques de données, les archives des quotidiens nord-américains et demande leur avis, dans les forums de discussion adéquats, à des journalistes spécialisés. Il apprend rapidement que le type d’anesthésie qui a été utilisé provoque chez les personnes âgées et chez les enfants des problèmes respiratoires si la surveillance est insuffisante. Il apprend aussi que le risque est bien plus grand que "un pour mille " et qu’il y a de nombreux cas qui ont été recensés. Ses articles et les questions qu’il pose, preuves à l’appui, obligent le juge à réviser le procès.
Vérifier l’Imprimé avec l’Internet Sur Internet il commence à être de notoriété publique que l’on trouve tout et la réfutation de tout et même son contraire. Mais à l’inverse, nous attendions-nous à trouver des phrases dans une édition d’un ouvrage imprimé et dans l’édition suivante du même ouvrage l’inversion totale du sens de ces phrases par l’adjonction de négations ? Nous intéressant à l’histoire de l’Internet nous avons lu avec attention la traduction française du livre de Hafner et Lyon intitulé Where the wizards stay up late. Une enquête que nous avons menée sur Réseau a révélé et mis à jour des différences entre les éditions successives de cette ouvrage sans que l’auteur n’en soit informé. Ces éditions censés être identiques ne l’étaient pas. Etaient-ce de simples erreurs typographiques corrigées dans une édition ultérieure ou de la manipulation ? En soulignant des différences de narration de faits historiques, ainsi que la désinformation qui aurait pu en découler, l’Internet est apparu comme un nouvel outil de vérification de l’information. Nous savions déjà qu’afin d’établir la vérité historique, il convenait de se diriger vers les sources originales. Ce qui est nouveau c’est la remise en compte du statut de l’ouvrage imprimé comme base de référence de travail fiable. L’Internet apparaît comme l’outil de communication planétaire qui permet de vérifier la vérité historique des faits relatés et imprimés et de les confronter rapidement aux témoignages des acteurs de cette histoire. Cette méthode de travail peut être utilisée aussi dans d’autres domaines que celui du Cyberespace.
Les sites qui luttent contre les rumeurs Des sites comme celui de "Computer Virus Myths" s’efforcent de lutter contre les rumeurs de faux virus. Après analyse de spécialistes, une vingtaine de ces alertes aux virus se sont montrées faire référence à des virus inexistants. Des sites analysent des légendes et les rumeurs qui circulent sur le Net et notamment le site Mining Co qui a entrepris de les recenser et de les analyser. Ce travail est accompli par David Emery le responsable de la section "Légendes Urbaines et Folklore". D’après celui-ci, plus une histoire est effroyable plus elle a la vie dure. Celles mettant en cause des célébrités serraient parfois pilotées par des groupes de pression malveillants. Ainsi cette liste, des trente-quatre ex-amis de Bill Clinton qui seraient tous morts dans des circonstances mystérieuses, dont David Emery aurait prouvé qu’elle était un acte délibéré de diffamation politique.
Des sites qui luttent contre la falsification numérique Des millions de faux nus de célébrités, actrices, top models et chanteuses circulent sur le Net affichés dans des sites spécialisés. Un informaticien retraité du nom d’Edward Lake a entrepris en créant un site d’expertise photographique : The Fake Detective , de démasquer ces supercheries et les faussaires pour restaurer la réputation des victimes qui font de plus en plus appel à lui. Pour prouver ce qu’il avance, il affiche dans son site la photo originale à coté de celle truquée en démontrant les techniques utilisées. En exposant dans le détail, avec cent soixante-quatorze "enquêtes résolues ", les techniques des faussaires, il met en garde le public contre ce type de travail.
Internet pour communiquer positivement en temps de crise La première utilisation d’Internet par une entreprise désireuse de contrer une situation d’urgence de manière positive date de 1996. En Californie, Odwalla fabricant de jus de fruits fut accusé d’avoir provoqué la mort d’un enfant par la présence d’une bactérie mortelle dans l’un de ses jus. L’entreprise retira de la vente les bouteilles incriminées et monta en urgence un site sur la toile contenant des informations, analyses médicales et avis d’experts. La presse plébiscita cette démarche qui fut qualifiée de transparente et présente toujours actuellement cette campagne d’information positive à titre d’exemple de réaction.
Comment le gouvernement américain utilise le Net pour donner sa version des faits Les destructions terroristes d’ambassades américaines en Afrique Orientale a donné lieu aux représailles que l’on connaît. Sur le Net aussi la Maison Blanche n’est pas restée inactive. Elle présenta des photos des victimes et des morts en sous titrant : " Ceci ne s’appelle pas de la politique ni de la religion, cela s’appelle un meurtre !". Moins acceptable par le public français, en une version moderne des Westerns le FBI affiche les visages des criminels ou terroristes qu’il recherche.
L’information censurée et l’Internet Les quotidiens censurés se réfugient de plus en plus sur la Toile. La censure dans un "village planétaire " devient difficile voire impossible. Les régimes dictatoriaux ne peuvent plus exercer un contrôle efficace des informations publiées par leurs oppositions. L'information peut facilement rentrer et sortir du pays via le Net malgré toutes les tentatives de filtrage. D’après l’organisation Reporters Sans Frontières, le quotidien hongrois Kurir appartenant à l’opposition, interdit de parution le 7 octobre par le ministère de la culture de son pays, publie désormais ses pages sur un site hypertexte. La censure dans un "village planétaire " devient difficile voire impossible. Un autre exemple de permanence au travers du Net de la presse d’opposition nous vient de la Serbie. Reporter Sans Frontière a accueilli sur son site les éditions numériques des trois quotidiens serbes indépendants Dnevni Telegraf (Télégraphe du jour), Danas (Aujourd’hui), et Nasa Borba (notre combat) interdits par le pouvoir de Milosevic. C’est ce que l’on a pu constater durant la campagne de bombardement de l’Otan sur la Yougoslavie. Les communications étaient difficiles, le courrier postal n’arrivait pas ou très lentement. A l’inverse, le Net est devenu un lieu où les familles pouvaient communiquer et échanger quotidiennement malgré les tentatives dénoncées par chacune des parties d’imposer un contrôle des communications sur l’adversaire.
Certains ont une admiration béate et irraisonnée de l’Internet, d’autres en cultivent la peur basée sur la "cyberlégende noire". A mi-chemin entre ces positions extrêmes, il convient de faire la part des choses, prendre le meilleur, rejeter le pire, se préparer aux "batailles d’Internet" Une grande partie du vocabulaire de la sécurité informatique et de l’Internet fait référence au vocabulaire guerrier et l’utilisation de ce vocabulaire est le reflet d’une réalité indéniable : la cyberguerre existe, les faits le prouvent. Mais n’est-ce pas sur le front de l’information que les affrontements sont les plus violents ? Avons-nous affaire au "CNN du pauvre" comme certains le prétendent ? L’arme de la désinformation sur le Net est une arme à double tranchant. Nous pensons qu’il est plus judicieux d’employer les mêmes techniques et moyens pour présenter et communiquer la vérité et les faits, avec le plus de transparence possible. Les techniques utilisées ainsi que les utilisations de l’Internet ne font qu'évoluer à un rythme croissant. Les médias, l’informatique, la télévision, la téléphonie, la finance et les communications qui étaient jusque là totalement tributaires de systèmes différents semblent se diriger vers la fusion dans un Réseau Numérique Global. L'informatique: La science du traitement automatisé de l'information, voit croître régulièrement ses capacités et ses champs de traitement avec des moyens inflationnistes aux résultats chaque jour plus spectaculaires et mais aussi indécelables. L'ensemble de ces médias, qui étaient déjà de formidables moyens de diffusion de l'information et par conséquent de la désinformation, se dirigent vers une globalisation numérique . N'allons-nous pas assister, du fait de l'inflation des possibilités technologiques de l'informatique, à un effet de synergie entre la "Bombe à neurone ", les "Chemins de fer du mensonge " et les "Autoroutes de la désinformation" qui en multipliera les conséquences extrêmes en fonction des usages bons ou mauvais que l’on fera de ces nouveaux moyens ? Allons nous assister à l’explosion de la science du traitement automatisé de la désinformation c'est à dire à l'utilisation de la "désinformatique" sur le Réseau des réseaux numériques ?
L’Internet, cet hybride merveilleux de la « symbiose homme machine » est un outil fabuleux dont l’utilisation dépend de ce que l’homme, capable du meilleur comme du pire, en fera. Cet Homme, est à la fois Janus et Thésée. Ses productions numériques seront-elles à son image ? Comme toujours face aux nouveautés qui perturbent ses certitudes et sa vision du monde, l'homme balance entre deux positions contradictoires :
Est-il juste de faire une "Chronique de l’horreur numérique annoncée" ? Si oui, face à ce danger, quelle est l’attitude la moins dangereuse entre "rien de neuf sous le Soleil" et www.le.meilleur.des.mondes.net? ?
Annexes : Image AntiNato Image : Product of Serbia Image : le Sous Commandant Marcos en Zapatiste du Cyberespace
1 - Si l’Informatique est la science du traitement automatisé de l'information, peut-on appeler " Désinformatique " la science du traitement automatisé de la désinformation ?
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