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Désinformation. De l’idéologique au numérique

par François-Bernard Huyghe,
médiologue, enseigne au Celsa ainsi qu’à l’École de Guerre Économique
 
2001 (A paraître dans un futur numéro de Panoramiques)

Le mensonge est aussi vieux que le langage. Pour le philosophe Popper, animaux menteurs (donc capables de parler de ce qui n’existe pas), nous sommes, de ce fait, devenus animaux supérieurs. Le mensonge fait l’homme.

La calomnie, la diffamation, la médisance, la rumeur sont le lot de toute communauté.

La ruse, les stratagèmes, l’intoxication sont aussi anciens que les conflits. Ils sont, depuis vingt-cinq siècles au moins, répertoriés par des auteurs chinois, grecs, indiens... Dès qu’il y a des bibliothèques, il y a des manuels de guerre et des recettes pour tromper l’adversaire.

La propagande remonte au minimum à Pisistrate, ou du moins l’art de persuader les foules et répandre les illusions. Quand des hommes se sont rassemblés dans des cités et dès que le pouvoir a dépendu de l’opinion, les plus malins ont découvert bien avant Hobbes que " gouverner, c’est faire-croire ". Et quand les plus malins en question étaient grecs, et connaissaient la rhétorique et la sophistique, ils ont pensé et dénoncé le pouvoir qu’exercent mots, images, spectacles et illusions en terme que nous ressassons depuis.

 

Alors, pourquoi faut-il attendre les années 1950 pour qu’apparaisse, d’abord en U.R.S.S., puis en Occident, le mot désinformation ? Et que l’on a pense cette violence de l’information de façon spécifique ?

 

Illusions, vecteurs et récepteurs

 

La réponse la plus évidente est : à cause de la guerre froide. Un monde divisé en deux camps, des spécialistes de l’action secrète et de l’offensive idéologique s’attaquant à une opinion internationale instable, un camp au moins, celui du socialisme, disposant de relais complaisants dans l’autre, l’information transformant le monde en village global (et chacun sait que dans tout village les faux bruits se répandent vite...) : c’étaient sans doute là les conditions nécessaires pour qu’apparût sinon la chose, du moins la conscience de la chose et le mot.

Soyons plus précis : depuis au moins deux siècles, se pratiquent des opérations concertées, dissimulant leur source, pour imputer les pires forfaits à un homme (que l’on songe aux libelles contre Louis XVI) ou à un groupe (voir les " Protocoles des sages de Sion "). L’entre deux guerres a été marqué par l’hallucination des masses à l’échelle industrielle. Mais c’est seulement après 1945 que se multiplient les falsifications et mises en scène quasi scientifiques, souvent œuvre du K.G.B. destinées à " incapaciter " : elles visent à accréditer la résurgence du militarisme ou du nazisme en RFA, à empoisonner les rapports de l’Otan et ses alliés par de fausses lettres de dirigeants américains, à rendre la CIA responsable de l’apparition du SIDA, etc... Tardivement, on théorise, en même temps que la surinformation ou la mésinformation imputées aux médias, la désinformation. Elle est souvent conçue comme manifestation d’un communisme intrinsèquement pervers. La désinformation comme complot ? Ce n’est certainement pas aussi simple.

Même aux larrons du K.G.B., il faut une occasion. La désinformation ne résulte pas seulement de la volonté de ses initiateurs. Pour qu’elle prospère, il faut qu’elle rencontre des instruments adéquats et un milieu réceptif.

En termes plus savants, la désinformation, comme tout phénomène de communication, suppose du stratégique, plus du symbolique, plus du technique.

 

- Stratégique : pour faire ravage avec un message, pour employer la négativité des mots et des images afin de diviser ses ennemis, révolter leurs partisans ou affaiblir leur moral, il faut une conscience, une organisation et des méthodes. Il faut un dessein de vaincre non seulement par l’information pertinente (celle que recueillent les espions par exemple) mais aussi par l’information efficiente (celle qui est d’autant plus redoutable qu’elle trouve des récepteurs, des repreneurs ou des propagateurs,). Des méthodes, des organisations, des volontés... mais aussi des incertitudes : agir sur le cerveau humain est - Dieu merci -la plus aléatoire des sciences. La désinformation est une pragamatique, qui agit sur les gens, non une technique, qui agit sur les choses.

 

- Symbolique : le contenu de la désinformation doit correspondre à des attentes, des catégories ou des valeurs de la cible. Nul n’est désinformé s’il n’est prédisposé à croire, car, a contrario, ledit cerveau humain est doté d’une incroyable capacité de résistance à l’évidence. La rumeur, qui est souvent mais pas nécessairement le relais de la désinformation, porte sur l’argent, le sexe, la maladie et nos autres fantasmes ; de même, la désinformation confirme souvent ce que le " croyant " est prêt à admettre : une explication des affaires du monde par des complots sulfureux ou par la perversité du Système. La désinformation longtemps associée à la propagande qui vise à faire partager des convictions positives ou des visions du monde : elle est la compagne obscure et inavouable d’une foi commune et rassurante qui se propage ouvertement.

 

- Technique : les médias ne sont pas que des multiplicateurs potentiels de la désinformation. Ils en font la mise en forme et la mise en scène. C’est une chose de réfuter un opuscule distribué sous le manteau, c’en est une autre de répondre à l’image de prisonniers derrière des barbelés. À l’ère du télex, on a le temps de combattre un dépêche d’agence par un contre communiqué, on ne résiste pas à l’émotion mondiale live des images de quelque Timisoara comme si vous y étiez. Un démenti tombe trop tard quand l’hystérie de l’actualité a remplacé un drame ou une indignation par une autre.

 

L’empire du faux

 

Raison de plus pour affronter l’ambiguïté des mots. Celui de désinformation a fini par désigner toute forme de bobard journalistique, trucage, déformation ou simplement interprétation tendancieuse, à tel point que la désinformation devient l’information dont nous doutons comme l’idéologie l’idée que nous refusons. Il faut une définition qui nous permette d’éviter le Charybde paranoïaque (voir partout des complots contre la vérité et des manipulations invisibles) ou le Sylla laxiste (qualifier de désinformation tout déformation ou interprétation de la réalité) ?

Nous proposons celle-ci : " La désinformation consiste à propager délibérément des informations fausses pour influencer une opinion et affaiblir un adversaire. "

- "Propager" sous-entend un caractère public. Plus que le simple bouche-à-oreille ou l'usage de messages privés, il faut avoir recours à des médias et à des vecteurs.

- "Délibérément" demande au moins chez l’acteur la connaissance de sa finalité, même si les "repreneurs" et propagateurs de l’information peuvent être inconscients.

- "Des informations" ce qui requiert qu’il s’agisse de relations de faits, de descriptions de la réalité, non de simples jugements moraux ou opinions. La désinformation a pour base la description d'événements fictifs.

- "Fausses" implique des affirmations contraires à la réalité ou recadrées de façon à en altérer l’interprétation. Il ne saurait s’agir de simple rhétorique, d’exagération, etc. qui ne constituent pas un processus de falsification. Ni même de constructions ou explications de la réalité à l’aide de stéréotypes ou catégories idéologiques, car, en ce cas, qu’est-ce qui ne serait pas de la désinformation ?

Le mensonge dans la désinformation porte sur la réalité qu’il décrit, sur la personne ou l’appartenance de qui la rapporte et sur le but de son énonciation qui est de provoquer un dommage. Cela en fait une sorte de mensonge au cube. Et un jeu à trois : initiateur, public, victime. Il fait souvent appel de véritables mises en scène ou la construction d’apparences de réalité. Cela marque la frontière entre la falsification et la simple illusion. Les politiques de "deux poids deux mesures" dans la présentation des faits ou les procédés de ceux qui n'appliquent pas les mêmes critères d'indignation en fonction d'un régime ne constituent pas de la désinformation.

- "Pour influencer une opinion" veut dire que l’on cherche à imposer une croyance ou des attitudes à un public plutôt qu’une décision à un responsable, même si les deux peuvent se combiner. Ce public peut être l’opinion adverse, des alliés, des neutres ou l’opinion internationale en général ; on peut viser le grand public ou des cercles plus restreints. La désinformation se distingue de l’intoxication qui est la fourniture délibérée d’éléments de décision erronée à l’adversaire. La première n'est possible que là où existe un espace public, lieu de débat et pluralité d’opinion et de connaissances. Elle n’a de sens que là où sont en concurrence diverses sources de savoir et diverses interprétations. Big Brother ne désinforme pas, il contrôle le présent, le passé et le futur, il contrôle jusqu’à la langue même. Dans un système totalitaire, il y a la vérité officielle et la rumeur clandestine. Le dictateur dicte ce qui doit être su et cru, et pour y résister on ne peut recourir qu'à une propagation clandestine de contre information. La désinformation n’est donc possible que là où il y a connaissance imparfaite de la réalité, non-fiction absolue,, là où règne au moins un pluralisme apparent

- "Et affaiblir un adversaire" : la désinformation est un instrument utilisé dans un conflit. Elle diminue les capacités offensives de l’Autre, soit en divisant l’autre camp, soit en l’inhibant (moralement, par désorganisation, etc...). Ce procédé vise à un dommage. En cela, la désinformation, toujours négative ou agressive, diffère de la publicité commerciale, de l’endoctrinement, etc. dont la finalité est d'obtenir l’adhésion. C’est pourquoi elle recourt si facilement à l’imputation d’actes ou d’intentions inavouables à l’adversaire, à la perversion de son image.

Plus simplement encore la désinformation accroît la confusion et le désordre. Elle devient alors le contraire de l’information au sens étymologique : in-formation, mise en forme de connaissances. Le délire idéologique, la faculté d’auto-illusion, la clôture informationnelle, l’hallucination interprétative, et tant d’autres formes de déni de la réalité dont il existe de multiples exemples ne constituent pas de la désinformation, pour autant qu'elles ne sont pas dirigées contre un adversaire.

Partant de cette hypothèse, nous pouvons reformuler notre question : que devient la désinformation de l’après-guerre froide, celle de la présente configuration stratégique, symbolique et technique ? Qu’est-ce que désinformer à l’heure d’Internet, des réseaux, de la nouvelle économie, de la société dite de l’information, du nouvel ordre mondial et autres formules par lesquelles nous tentons de comprendre les bouleversements du temps ?

Or nous assistons au triomphe des 5 M :

Marché (pour ne pas dire marchandisation générale),

Mondialisation (interdépendance planétaire des hommes, des richesses et des savoirs),

Modernité (comme impératif idéologique sans réplique s’imposant à tous),

Média (et même hypermédia : la fameuses nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’idéal du " tout savoir, tout exprimer ")

Morale (sous la forme du politiquement correct, du droit d’ingérence, de la judiciarisation de tous les rapports sociaux, de la diffusion d’une sensibilité hostile à toute forme de discrimination ou d’autoritarisme, etc...).

Malgré tout cela, nous savons que la présence de centaines de caméras libres sur le théâtre des opérations ne garantit pas que nous soyons moins trompés qu’au temps de la guerre de Crimée ou qu’Internet, censé être le paradis de l’expression non censurée et de " toutes les informations enfin disponibles " est souvent le royaume du faux triomphant et de l’insignifiance dominante. Est-ce seulement la faute de quelques salopards que n’aurait pas touché la grâce de la transparence démocratique et branchée ?

 

Désinformation dans la société de l’information

 

Pour faire formule, disons que les cinq M changent les trois F, à savoir les facilités, les fragilités et les finalités de la désinformation.

 

La facilité de la désinformation s’accroît.

- Sa production est plus facile. La fabrication de faux, y compris de fausses images numériques parfaites, est à la portée de tous les logiciels. Leur introduction sur Internet, parfois de façon anonyme et plus vite que les grand médias, est accessible à tout un chacun. Plus besoin d’imprimerie ou de bureaux, plus besoin de soumettre sa prose à un directeur de publication pénalement responsable...

- Sa propagation est plus facile : les réseaux échappent à toutes les frontières ou à toutes les tentatives de censure. Les communautés d’internautes sont prêtes à reprendre et amplifier toute nouvelle sensationnelle que n’auraient pas donné les médias " officiels ", a priori suspects. Quand les publicitaires découvrent la puissance du " marketing viral " pour répandre l’image positive de leurs produits, on imagine ce qu’il en est de rumeurs négatives et autres " hoaxes " et " légendes urbaines " : elles prolifèrent par milliers.

- Sa réception est plus facile. La conjonction de facteurs psychologique (la tendance à croire tout ce qui vient du net), de facteurs temps (l’information se propage incroyablement vite, plus vite que toute tentative de vérification ou de démenti) et du facteur quantitatif (l’énorme masse de l’information disponible, le nombre de sites ou de médias classiques qui se recopient mutuellement..) fait obstacle à l’exercice de l’esprit critique.

 

Les fragilités s’aggravent.

- Fragilité dans l’espace : plus de frontières ni de censure pour arrêter les rumeurs. Plus personne ne contrôle la diffusion d’une information sur son territoire.

- Fragilité dans le temps, ou plutôt fragilité du temps : la vitesse de propagation est telle que toute réaction est tardive. D’autre part faire perdre du temps à la victime devient une fin en soi (par exemple par une paralysie de son action due à ce qu’il est convenu d’appeler un " déni d’accès ").

- La fragilité est psychologique et médiatique. Les institutions sont de plus en plus sensibles aux affolements de l’opinion nationale ou internationale, amplifiés par les sondages et impulsés par des médias moralisateurs ; les entreprises sont de plus en plus dépendantes de leur image, de leur réputation d’être éthiquement, socialement, écologiquement corrects. La Bourse se panique pour une rumeur électronique. L’air du temps nous rend réceptifs à toutes les révélations sur des épidémies, des manipulations Big Brotheriennes, des catastrophes, des dangers de la technique, des secrets d’État. La mentalité " x-files " ( la vérité est ailleurs..., on nous cache tout, on ne nous dit rien...) croît en proportion de nos technologies de l’information et de nos proclamations de transparence.

- Autre facteur qui aggrave la fragilité : la désinformation stricto sensu rejopint une nouvelle panoplie : de moyens de lutte par les mots, les images et les bits électroniques, dans une gradation des peines qui comprennent aussi le virus informatique, l’altération de données, le déni d’accès (qui consiste à sursaturer un système informatique), la prise de commande à distance sur des réseaux, etc.. À la désinformation qui agit sur la croyance des victimes, c’est-à-dire sur leur interprétation du réel, s’ajoute une autre quasi désinformation rentable pour ses auteurs : celle qui agit sur le fonctionnement des organisations et des systèmes.

 

Les finalités changent. Il y a de plus en plus de raisons de recourir à la désinformation et autres panoplies de ce qu’il est désormais convenu de nommer " infoguerre ". Les stratèges du Pentagone rêvent de cyberconflits, de paralysie des infrastructures informationnelles de l’adversaire, de " psyops " consistant à " sidérer " la population d’un pays ennemi par la diffusion de fausses images ou de rumeurs électroniques... Mais il craignent que l’hyperpuissance américaine ne soit à la merci de sabotages et d’attaques informationnelles d’autant plus redoutables que leurs auteurs seraient anonymes et hors de portée.

Le monde de l’économie, surtout de la nouvelle économie, réalise que les faux sites, les opérations de dénigrement par forums Internet, pseudo associations, et pseudo scandales interposés, influence et pressions, sont rentrés dans la panoplie de l’économie dite hypercompétitive.

La rentabilité d’une opération de désinformation est indéniable, qu’elle vise à faire perdre à victime sa réputation ou tout simplement un temps de paralysie, devenu crucial dans une économie " zéro délai " en flux tendus. Il y a enfin, un nombre croissant de raisons pour jouer au jeu de la désinformation et de nouveaux acteurs dont on ne sait trop s’ils sont au service de gouvernements ou d’entreprises, criminels ou militants, à la recherche d’expériences gratifiantes (avoir répandu le plus gros canular, réussir un exploit technologique...) ou à la poursuite de buts politiques (punir un gouvernement ou une société).

Sur fond de thèmes porteurs, sécurité du consommateur, droits de l'homme, protection de la Nature, dénonciation du système de surveillance des citoyens, la e-rumeur et la e-manipulation se mettent au service de desseins privés. Cette désinformation-là est moins facile encore à prouver que sa forme classique, instiller du faux dans le système des mass media. Ici, ni le caractère délibéré du processus, ni les finalités politiques, économiques ou autres de ses auteurs ne sont manifestes.

Pourtant, face à des rumeurs, comme celles qui annonçaient que les noirs américains se verraient retirer leur droit de vote en 2007 que la Cnil autoriserait des contrôles au domicile des particuliers, face à quelques massacres imaginaires, face aux révélations sur les malheurs d'Aérospatiale, l'action de Total, sur les causes de divers crashs d'avions ou les effets de certains médicaments, etc., difficile pourtant de croire aux purs effets du hasard.

 

Une guerre grise

 

Au final, quelques paradoxes. La désinformation semble moins idéologique ou moins politique, mais en même temps elle devient une arme privée (ou contre une cible privée). Elle se généralise avec les conflits tous azimuts : groupes (militants ou " tribus " informatiques) contre groupes, groupes contre entreprises, entreprises contre entreprises, groupes contre États, etc.. Nousdécouvrons les zones grises, ces domaines de la stratégie où s’efface la distinction entre ce qui est politique et économique, criminel et idéologique, national et international, privé et public, militaire et civil, guerre et paix, etc... La désinformation elle-même se fait " grise " mal identifiée, mal attribuée, mal combattue... Il est devenu infantile de vouloir l’éradique par un bureau de la vérité, où des intellectuels lucides révéleraient aux foules ébahies les tromperies dont elles sont victimes.

 

Le lecteur qui a suivi jusqu’ici notre démonstration ou équation (S.S.T. + 5 M. = 3 F.) est en droit de se demander s’il reste autre chose à faire qu’à désespérer ou à poser au résistant solitaire. Il reste certainement beaucoup à inventer : des outils techniques de protection et des outils intellectuels d’accréditation, des instruments d’observation et des méthodes stratégiques... La distance critique, plus la modestie de l’esprit qui n’hésite pas à aller vers ces choses triviales que les données techniques de la propagation, les mentalités des acteurs et leurs intérêts... Renoncer à un diable unique (la méchante idéologie ou le Système pervers) pour inventer une polémologie de l’information. Difficile ? Après tout, il fut un temps où des millions de gens de bonne foi croyaient qu’on avait vu voler des sorcières sur des balais....

 

Biographie : François-Bernard Huyghe, écrivain, est docteur d’État en sciences politques et habilité à diriger des recherches en sciences de l’information et de la communication. Il enseigne la sociologie des médias au Celsa (Paris IV) et à l’École de Guerre Économique. Il a notamment écrit " L’ennemi à l’ère numérique " (P.U.F. 2001) et dirigé le numéro 52 de Panoramiques " L’information c’est la guerre " ; il anime l’Observatoire Européen d’Infostratégie (infostrategique@paris.com)



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