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- Les citoyens craignent Big Brother ou little brothers, les
sociétés qui collectent les données pour
" profiler " et contrôler les consommateurs,
tandis que la vie privée devient un enjeu crucial
- Les acteurs économiques découvrent la nocivité d’une rumeur
électronique ou médiatique, de l’intelligence économique dite
" offensive ", d’une attaque contre leur image de
marque, d’un virus informatique, …
- Les militaires parlent Guerre de l’information et Révolution
dans les Affaires Militaires, sur fond d’armes numériques, de
projets futuristes ou de révélations sur la gestion de l’opinion
pendant les conflits.
- Les politiques légifèrent sur la société de l’information ;
ils découvrent des notions comme infodominance ou soft
power ; ils craignent la menace du cyberterrorisme
ou la contestation globale via Internet.
- Les intellectuels se déchirent : technophiles contre technophobes,
partisans du monde en réseau voué au partage de l’intelligence contre
annonciateurs d’une déshumanisation virtuelle.
Or, en France au moins, ces phénomènes ne sont ni systématiquement
décrits, ni pensés dans leur ensemble. D’où la nécessité d’une
infostratégie
Infostratégie, un néologisme pour un nouveau champ d’étude :
entre manipulations mass-médiatiques et dangers des nouvelles
technologies, entre géostratégie, économie hypercompétitive et luttes
sur les réseaux numériques,
là où des formes inédites de conflit brouillent les distinctions entre
politique économique et privé, voire entre violence et communication.
L’infostratégie, étude du conflit informationnel, est aux confins de
trois territoires où l’information, des bits électroniques aux images,
produit un dommage (réel ou symbolique) ou une domination :
- Des stratégies
géopolitiques ou militaires visant en temps de guerre à surveiller,
paralyser ou dissuader un adversaire, en temps de paix à contrôler
ses perceptions et initiatives, dans tous les cas à diriger l’opinion.
On les nomme : infodominance, psyops, cyberconflits,
désinformation et influence, militarisation du
cyberespace, guerre du sens, etc..
- Des dérives de
l’économie de l’immatériel , le passage à des formes d’agression
par, pour ou contre l’information. On dit alors : management
de la perception, guerre économique ou infoguerre, conflits
asymétriques...
- Des formes
de lutte liées aux Nouvelles Technologies de l’Information
et de la Communication, qu’elles aient des motivations militantes,
ludiques, délictueuses… Là aussi des mots nouveaux pour des faits
nouveaux : hacking informatique, " hacktivisme "
politisé et contestation en réseaux, rumeurs
électroniques, mouvements pour la cryptologie et contre
" Big Brother ", etc.
Fonder un observatoire européen
Il
rassemblera des compétences, collectera des données et confrontera les
idées, pour détecter, étudier, et anticiper les conflits
infostratégiques, à travers deux secteurs :
- I - Un centre de recherche.
- veille, collecte
et vérification de données sur les conflits infostratégiques,
documentation, tendances et corrélations, mais aussi analyse des
doctrines, idéologies, imaginaires ou tendances culturelles en
arrière-plan.
- formation d’un
réseau d’experts (membres de l’observatoire et consultants) de
tous les domaines scientifiques (nouvelles technologies, économie,
sciences de l’information et de la communication, polémologie,
médiologie..) ou professionnels
- confrontation
des théories, clarification du vocabulaire et des concepts,
élaboration de méthodes d’analyse critique, de synthèse et de
prospective
- analyse des
situations critiques, outils de compréhension
- diffusion des
connaissances nouvelles, participation aux congrès internationaux,
encouragement à l’enseignement universitaire et à la formation
professionnelle
- relations avec
les autorités (plus d’une vingtaine d’organisme pour la France
seule), les milieux économiques et universitaires, les organisations
professionnelles...
- action publique
pour populariser ces thèmes et sensibiliser aux réalités
infostratégiques
Le
tout est rendu visible par : un centre de documentation, des
publications en ligne et sur papier, des colloques et rencontres de
recherche, des interventions médiatiques. L’objectif : le centre
devient un partenaire obligatoire et écouté des acteurs.
- II - Un bureau d’étude regroupant les activités de conseil et
formation.
Elles
visent à mettre à la disposition des acteurs politiques et économiques
le capital d’expertise ainsi accumulé. Ces activités justifient
rentabilisent les travaux du centre d’études proprement dit sous deux
formes principales :
-
Veille et formation spécifique.
Création d’outils de veille spécialisée à la demande d’entreprises.
L’information devrait concerner non seulement l’état de la
technologie, les réalités économiques concurrentielles, la détection
des dangers et faiblesses etc mais aussi les acteurs susceptibles d’intervenir
dans ces conflits (par exemple connaissance des organisations ou leaders d’opinion,
de leurs motivations, de leur discours, etc..) et analyse du milieu ( de
la législation aux mouvements culturels ou de sensibilité qui
conditionneront les conflits). La formation, devrait aller depuis la
sensibilisation à l’infostratégie jusqu’à la formation de
spécialistes de haut niveau.
- Conseil :
Fournir à la demande les connaissances, l’expérience et les
compétences pour la politique d’une institution ou entreprise. Par
politique d’infostratégie, il faut comprendre non seulement les mesures
techniques de sécurité ou conseil en organisation et communication de
crise, mais aussi l’élaboration d’une véritable stratégie
prospective.
En conclusion, l’observatoire aurait vocation à faire lien
- Horizontalement
entre les secteurs qui traitent les problèmes d’infostratégie
- Verticalement
entre une théorie générale encore à élaborer et des crises,
dangers ou besoins concrets.
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